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	<title>Mathieu Michel</title>
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	<description>Liberté. Innovation. Responsabilité.</description>
	<lastBuildDate>Fri, 07 Aug 2026 12:42:22 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Mathieu Michel</title>
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	<item>
		<title>Ukraine : une paix juste ne se décrète pas sans les Européens</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/ukraine-une-paix-juste-ne-se-decrete-pas-sans-les-europeens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 10:14:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Relations extérieures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plans de paix concurrents, pourparlers sans percée : pourquoi une paix durable en Ukraine suppose des garanties de sécurité et une Europe qui pèse à la table.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/ukraine-une-paix-juste-ne-se-decrete-pas-sans-les-europeens/">Ukraine : une paix juste ne se décrète pas sans les Européens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Les faits : des plans concurrents, aucune percée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par ce qui est établi, car c&rsquo;est la base de tout jugement honnête. Fin 2025, un plan de paix américain en 28 points, attribué à l&rsquo;administration Trump, a fuité dans la presse. Son contenu a suscité de vives réactions, en Ukraine comme en Europe, en raison de concessions perçues comme largement favorables à Moscou. La fuite elle-même a alimenté la controverse, chacun y lisant les intentions qu&rsquo;il redoutait ou espérait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse, la France, l&rsquo;Allemagne et le Royaume-Uni ont présenté leur propre contre-proposition, également structurée en 28 points, et considérée comme sensiblement moins pro-russe que le texte américain. Deux visions concurrentes de la paix se sont ainsi retrouvées sur la table, portées par des acteurs dont les intérêts ne se recouvrent pas entièrement. Ce n&rsquo;est pas un détail : la manière dont une paix est négociée détermine largement la paix qui en sortira.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan diplomatique, trois cycles de pourparlers se sont tenus fin janvier et en février 2026, aux Émirats arabes unis puis en Suisse. À ce stade, aucun n&rsquo;a produit de percée. Selon plusieurs analyses, dont celles du CSIS et de la House of Commons Library, deux points durs demeurent : le sort des territoires occupés et la nature des garanties de sécurité offertes à l&rsquo;Ukraine. Les États-Unis auraient par ailleurs fixé une échéance à l&rsquo;été.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux points durs ne sont pas de simples formalités techniques. Le sort des territoires touche à des principes fondamentaux du droit international, comme l&rsquo;inviolabilité des frontières. Les garanties de sécurité, elles, détermineront si l&rsquo;Ukraine sera réellement protégée demain, ou seulement en théorie. Ce sont les questions les plus difficiles, précisément parce qu&rsquo;elles engagent l&rsquo;avenir bien au-delà d&rsquo;un cessez-le-feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier élément mérite d&rsquo;être noté, car il pèse sur toute la suite : le calendrier. Une échéance fixée unilatéralement, comme celle évoquée pour l&rsquo;été, change la nature même d&rsquo;une négociation. Elle met sous pression la partie la plus pressée d&rsquo;aboutir, et peut la conduire à accepter ce qu&rsquo;elle refuserait sans contrainte de temps. Ce n&rsquo;est pas une opinion partisane : c&rsquo;est une donnée de la diplomatie que tout observateur peut constater. Le tempo d&rsquo;une négociation n&rsquo;est jamais neutre ; il fait partie du rapport de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà les faits, tels qu&rsquo;on peut raisonnablement les établir aujourd&rsquo;hui. Je m&rsquo;y tiens, car sur un conflit en cours, la première rigueur consiste à ne pas confondre ce que l&rsquo;on sait avec ce que l&rsquo;on souhaite. Le reste de ce texte relève de l&rsquo;analyse ou de l&rsquo;opinion, et je m&rsquo;efforcerai de le signaler à chaque fois.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perspective : ce que l&rsquo;histoire nous apprend des paix imposées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons un peu de hauteur. L&rsquo;histoire du XXe siècle est traversée par une leçon têtue : les paix imposées sans les intéressés, ou humiliantes pour l&rsquo;un des camps, préparent souvent les guerres suivantes. On songe au traité de Versailles de 1919, dont de nombreux historiens ont souligné plus tard qu&rsquo;il avait nourri les ressentiments plutôt qu&rsquo;apaisé les tensions, en accablant l&rsquo;Allemagne d&rsquo;un fardeau qu&rsquo;aucune société ne pouvait durablement porter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;inverse, les paix qui ont duré sont généralement celles qui ont offert des garanties crédibles et un avenir supportable à tous les protagonistes. La sécurité durable ne naît pas de la seule cessation des combats. Elle naît d&rsquo;un cadre dans lequel chacun trouve un intérêt à ne pas recommencer. Une paix n&rsquo;est solide que lorsqu&rsquo;elle est plus avantageuse que la reprise de la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici une précaution, car c&rsquo;est une analyse et non une démonstration : l&rsquo;analogie historique éclaire, elle ne prouve pas. Chaque conflit a sa singularité, et la guerre en Ukraine n&rsquo;est pas la Première Guerre mondiale. Les acteurs, les technologies, le contexte diffèrent. Je propose ces rappels comme des points de vigilance, non comme des verdicts. Se méfier des analogies trop commodes fait partie de la rigueur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Stefan Zweig, témoin lucide de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Europe, écrivait dans Le Monde d&rsquo;hier, publié en 1942, combien les peuples avaient été précipités vers le pire par l&rsquo;aveuglement et par l&rsquo;abandon de leur destin à d&rsquo;autres. Cette mémoire européenne devrait nous rendre modestes, mais pas passifs. Comprendre le passé, ce n&rsquo;est pas s&rsquo;y résigner : c&rsquo;est refuser d&rsquo;en rejouer les erreurs les plus évidentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre leçon mérite d&rsquo;être rappelée, avec la même prudence, car elle relève de l&rsquo;analyse et non du fait. Les frontières redessinées par la force, quand elles sont ratifiées sous la contrainte, portent souvent en elles une instabilité durable. Non parce que le droit serait spontanément plus fort que les canons, mais parce qu&rsquo;une injustice ressentie ne s&rsquo;éteint jamais tout à fait dans la mémoire des peuples. C&rsquo;est une lecture, discutable comme toute lecture. Elle éclaire pourtant pourquoi tant de conflits gelés finissent, un jour, par se réchauffer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse que j&rsquo;en tire est prudente. Un accord qui figerait un rapport de force défavorable à l&rsquo;Ukraine, sans garanties solides, aurait toutes les chances d&rsquo;être un accord précaire. C&rsquo;est une lecture, pas une certitude. Mais elle me paraît étayée par ce que nous savons de la manière dont les conflits gelés se rallument. Un cessez-le-feu mal garanti n&rsquo;éteint pas une guerre : il en programme la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : pour la paix contre pour la guerre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le débat public, une ligne de fracture s&rsquo;est imposée, et je la crois trompeuse. D&rsquo;un côté, les partisans de la paix, qui voudraient un accord au plus vite. De l&rsquo;autre, ceux qui seraient pour la guerre, accusés de vouloir prolonger les combats. Cette opposition est un piège intellectuel, et elle empoisonne la discussion en transformant un désaccord de méthode en procès d&rsquo;intention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car personne de raisonnable n&rsquo;est pour la guerre. La vraie question n&rsquo;est pas paix ou guerre, mais quelle paix. Une paix qui tienne, ou une paix qui craque à la première occasion. Vouloir des garanties de sécurité pour l&rsquo;Ukraine, ce n&rsquo;est pas être belliciste : c&rsquo;est vouloir que la paix dure au-delà du communiqué qui l&rsquo;annonce. Confondre la fermeté sur les conditions avec un goût pour la guerre est une erreur de raisonnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux être clair, et c&rsquo;est ici une opinion assumée, la mienne : je souhaite la fin des combats et la fin des souffrances du peuple ukrainien. Profondément. Aucun bureau, aucune chancellerie ne devrait perdre de vue le coût humain de chaque jour de guerre. Mais je ne crois pas qu&rsquo;une paix arrachée dans la précipitation, sous la pression d&rsquo;un calendrier fixé ailleurs, et sans les Européens, rende ce service à qui que ce soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le piège de ce faux débat, c&rsquo;est qu&rsquo;il pousse à confondre vitesse et solidité. Une paix rapide qui ne tient pas n&rsquo;est pas une paix : c&rsquo;est un délai avant la reprise. Distinguer les deux n&rsquo;est pas de la tiédeur, ni un prétexte pour prolonger le conflit. C&rsquo;est de la responsabilité, et le refus d&rsquo;offrir aux Ukrainiens une trêve qui les exposerait à nouveau demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faux débat a un coût, et il n&rsquo;est pas seulement intellectuel. En sommant chacun de choisir un camp, il rend presque impossible la discussion sereine sur les conditions d&rsquo;une paix solide. Or c&rsquo;est précisément cette discussion-là qui serait utile. Disqualifier son contradicteur en le rangeant chez les va-t-en-guerre ou chez les naïfs, c&rsquo;est renoncer à penser ensemble le seul problème qui compte : comment faire pour que les armes se taisent, et durablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ajoute une précaution, et j&rsquo;y tiens : les négociations évoluent, et je me garderai de tout jugement péremptoire sur leur issue. Mon propos porte sur la méthode et les principes, pas sur le détail d&rsquo;un texte que nul ne maîtrise entièrement à l&rsquo;heure où j&rsquo;écris. Sur un dossier aussi mouvant, l&rsquo;humilité n&rsquo;est pas une faiblesse : c&rsquo;est une condition de la lucidité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas déléguer notre sécurité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que défendre, alors, concrètement ? Deux choses, à mes yeux essentielles, et qui relèvent moins du camp que du bon sens stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, l&rsquo;unité et le poids des Européens à la table. La sécurité de l&rsquo;Ukraine, c&rsquo;est aussi la nôtre. Une frontière orientale instable, une Russie confortée dans l&rsquo;idée que la force paie, cela nous concerne directement. Il n&rsquo;est pas acceptable que l&rsquo;avenir de la sécurité européenne se décide sans les Européens, comme s&rsquo;ils étaient spectateurs de leur propre continent. Cela suppose de parler d&rsquo;une seule voix, ce qui est notre faiblesse récurrente, et de la surmonter par une discipline collective dont nous n&rsquo;avons pas toujours fait preuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, des garanties de sécurité crédibles pour l&rsquo;Ukraine. Non pas des promesses de papier, mais des engagements vérifiables, adossés à des capacités réelles. C&rsquo;est la différence entre une paix qui protège et un cessez-le-feu qui expose. C&rsquo;est aussi ce qui manquait, faut-il le rappeler, aux assurances offertes à l&rsquo;Ukraine dans les années 1990, lorsqu&rsquo;elle avait renoncé à son arsenal en échange de garanties qui se sont révélées, l&rsquo;histoire l&rsquo;a montré, insuffisantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela renvoie à une conviction plus large, que je porte de longue date : nous ne devons pas déléguer indéfiniment notre sécurité à d&rsquo;autres. Non par défiance envers nos alliés, avec qui l&rsquo;amitié reste précieuse, mais parce qu&rsquo;une protection que l&rsquo;on ne maîtrise pas peut être retirée au moment où l&rsquo;on en a le plus besoin. L&rsquo;autonomie stratégique de l&rsquo;Europe n&rsquo;est pas un slogan : c&rsquo;est la condition pour peser dans les moments où tout se décide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On oppose parfois cette autonomie à la loyauté transatlantique, comme s&rsquo;il fallait choisir. Je crois que c&rsquo;est encore un faux dilemme. Une Europe capable de se défendre est un allié plus solide, pas un allié moins fiable. Compter d&rsquo;abord sur soi n&rsquo;interdit pas de coopérer ; cela rend la coopération plus équilibrée et plus respectée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je referme ce texte comme je l&rsquo;ai ouvert : avec prudence sur les faits, fermeté sur les principes. Une paix juste ne se décrète pas au-dessus des peuples concernés. Elle se construit avec eux, avec des garanties, et avec une Europe qui, enfin, prend sa part. C&rsquo;est la seule paix qui a des chances de durer. Et c&rsquo;est celle-là, pas une autre, que je veux pour l&rsquo;Ukraine comme pour notre continent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.csis.org/analysis/unfinished-plan-peace-ukraine-provision-provision" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CSIS — The Unfinished Plan for Peace in Ukraine</a></li>
<li><a href="https://www.pbs.org/newshour/world/as-russia-and-ukraine-mull-trumps-peace-proposal-land-and-security-seen-as-main-sticking-points" target="_blank" rel="noreferrer noopener">PBS — land and security, main sticking points</a></li>
<li><a href="https://commonslibrary.parliament.uk/research-briefings/cbp-10411/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">House of Commons Library — Ukraine peace talks</a></li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>Santé mentale des jeunes : regarder la réalité en face</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/sante-mentale-des-jeunes-regarder-la-realite-en-face/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 10:34:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Education]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décret anti-smartphone à l'école, mal-être des jeunes : agir sur les causes sans céder à la panique morale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/sante-mentale-des-jeunes-regarder-la-realite-en-face/">Santé mentale des jeunes : regarder la réalité en face</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Une école qui range les smartphones</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p><!-- wp:paragraph -->Depuis la rentrée 2025-2026, quelque chose a changé dans les cours de récréation de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un décret interdit désormais l&rsquo;usage récréatif du smartphone dans l&rsquo;enceinte scolaire et durant les activités liées à l&rsquo;enseignement. Les motifs sont clairement énoncés : la concentration, les apprentissages, le sommeil, le bien-être des élèves.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Cette mesure a été accueillie, dans l&rsquo;ensemble, avec soulagement par beaucoup d&rsquo;enseignants et de parents. Elle répond à une intuition largement partagée : l&rsquo;omniprésence des écrans dans la vie des jeunes pèse sur leur équilibre. Et cette intuition ne sort pas de nulle part. Elle s&rsquo;appuie sur un malaise que les chiffres confirment.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Un rapport du CRéSaM, le Centre de référence en santé mentale, publié en janvier 2026, documente l&rsquo;état de la santé mentale des jeunes en Wallonie et à Bruxelles. L&rsquo;étude OEJAJ de 2025 en donne une autre mesure. Le tableau qui se dessine est préoccupant : montée de l&rsquo;anxiété, du mal-être, des troubles du sommeil. Ce n&rsquo;est pas une impression. C&rsquo;est une réalité qu&rsquo;il faut nommer.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux partir de là, de ce constat partagé, plutôt que d&rsquo;une opinion toute faite. Car sur ce sujet plus que sur tout autre, la tentation est grande de désigner un coupable unique et de s&rsquo;en tenir là. Le smartphone est un coupable commode. Il est visible, il est partout, il concentre nos inquiétudes. Mais la commodité d&rsquo;une explication n&rsquo;a jamais garanti sa vérité.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Regarder la réalité en face, c&rsquo;est d&rsquo;abord accepter qu&rsquo;elle est complexe. Le mal-être des jeunes est réel. Ses causes sont multiples. Notre réponse ne peut pas se réduire à ranger les téléphones et à considérer le problème réglé.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Ce que la science établit, ce qu&rsquo;elle ignore</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ici, je veux être d&rsquo;une honnêteté scrupuleuse, parce que le sujet touche à la santé de nos enfants et n&rsquo;autorise aucune approximation. Que dit vraiment la recherche ? Le consensus scientifique actuel est nuancé, et cette nuance est précieuse.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La science n&rsquo;établit pas, à ce jour, de lien causal direct entre l&rsquo;usage des écrans et la dépression. C&rsquo;est un point capital, souvent gommé dans le débat public. Affirmer que les écrans rendent nos enfants dépressifs, c&rsquo;est aller plus loin que ce que les données permettent de dire. Les corrélations observées ne prouvent pas la causalité, et les effets varient énormément selon les usages, les contextes, les individus.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Mais la science établit aussi quelque chose de solide, qu&rsquo;il serait irresponsable de balayer. Le temps passé sur les écrans, notamment le soir, réduit le sommeil. Et le manque de sommeil, lui, a des effets bien documentés : il accentue l&rsquo;anxiété, l&rsquo;irritabilité, la fragilité émotionnelle. Le mécanisme n&rsquo;est donc pas forcément direct. Il passe souvent par un intermédiaire : le sommeil volé.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Cette distinction n&rsquo;est pas un détail d&rsquo;expert. Elle change tout pour l&rsquo;action. Si le problème central est le sommeil, alors la bonne cible n&rsquo;est pas l&rsquo;écran en tant que tel, mais son usage nocturne, et plus largement l&rsquo;hygiène de vie que nous transmettons. On ne combat pas efficacement un problème qu&rsquo;on a mal diagnostiqué.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux insister sur cette exigence de rigueur, parce qu&rsquo;elle est le contraire de la panique morale. Chaque génération a connu son objet d&rsquo;affolement : le roman, le cinéma, la télévision, le jeu vidéo furent tour à tour accusés de corrompre la jeunesse. La sociologue Stanley Cohen, dans son étude des paniques morales publiée en 1972, a montré comment une société transforme parfois une inquiétude diffuse en accusation contre un objet symbolique. Se méfier de ce réflexe n&rsquo;est pas nier le problème. C&rsquo;est se donner une chance de le traiter juste.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il faut aussi resituer les écrans dans un tableau plus large. Un adolescent d&rsquo;aujourd&rsquo;hui grandit dans un monde traversé d&rsquo;inquiétudes : incertitude sur l&rsquo;avenir, pression de la performance scolaire, angoisse climatique, comparaison sociale permanente. L&rsquo;écran n&rsquo;a pas créé ces tensions ; il les reflète, parfois les amplifie, mais il n&rsquo;en est pas la source unique. Faire de lui l&rsquo;explication de tout, c&rsquo;est se dispenser d&rsquo;un examen plus exigeant de ce que nous faisons vivre à notre jeunesse. Comprendre avant de juger, donc. Ni minimiser le mal-être, qui est réel. Ni exagérer une causalité que la science ne confirme pas. Tenir les deux bouts : voilà la seule posture sérieuse. Cette exigence de mesure n&rsquo;est pas de la tiédeur. C&rsquo;est au contraire la condition d&rsquo;une action qui ne se trompe pas de cible, et qui ne gaspille pas une énergie précieuse à combattre le mauvais adversaire.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : le mal absolu contre la neutralité</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le débat public, sur cette question, oscille entre deux caricatures qui s&rsquo;affrontent et s&rsquo;épuisent. D&rsquo;un côté, ceux pour qui les écrans sont le mal absolu, responsables de tous les maux de la jeunesse, à bannir sans discussion. De l&rsquo;autre, ceux pour qui les écrans sont neutres, de simples outils, et pour qui s&rsquo;en inquiéter relève de la nostalgie réactionnaire.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ces deux positions ont un point commun : elles sont fausses, et pour la même raison. Elles refusent la nuance. La première surinterprète les données ; la seconde les sous-estime. La première verse dans la panique ; la seconde dans le déni. Aucune ne rend service aux jeunes qu&rsquo;elles prétendent défendre.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Un outil n&rsquo;est jamais tout à fait neutre. Un couteau, une voiture, un médicament portent en eux des usages, des risques, des effets. Prétendre que les écrans, conçus par des entreprises pour maximiser le temps d&rsquo;usage, seraient des objets sans influence, c&rsquo;est ignorer leur nature même. Mais prétendre à l&rsquo;inverse qu&rsquo;ils expliqueraient à eux seuls la souffrance psychique d&rsquo;une génération, c&rsquo;est effacer tout le reste : la précarité, la pression scolaire, la solitude, l&rsquo;éco-anxiété, l&rsquo;état des services de santé mentale.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Et c&rsquo;est là que je veux nommer une injustice. Ce faux débat aboutit trop souvent à désigner un dernier coupable, le plus faible : les parents. On les accuse de trop laisser faire, de mal surveiller, de ne pas savoir dire non. Comme si des familles isolées pouvaient, à elles seules, tenir tête à des industries mondiales de l&rsquo;attention et compenser des services de soins débordés. Culpabiliser les parents est la solution des lâches : elle ne coûte rien et ne règle rien.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le vrai clivage n&rsquo;est pas entre les partisans et les adversaires des écrans. Il est entre ceux qui cherchent un bouc émissaire pour s&rsquo;éviter d&rsquo;agir, et ceux qui acceptent la complexité pour agir vraiment. Je choisis la seconde voie, parce que c&rsquo;est la seule qui respecte à la fois la vérité et les jeunes concernés.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Soigner, former, encadrer : agir sur les causes</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Si l&rsquo;on prend le problème au sérieux dans toute sa complexité, alors la réponse doit agir sur les causes, et non sur le symptôme le plus visible. Je propose trois priorités. La première, et la plus urgente : investir massivement dans l&rsquo;accès aux soins de santé mentale des jeunes. C&rsquo;est le grand angle mort du débat. On parle beaucoup des écrans et très peu du fait qu&rsquo;un adolescent en souffrance attend parfois des mois avant d&rsquo;obtenir un rendez-vous. À quoi bon ranger les smartphones si l&rsquo;on ne soigne pas ceux qui vont mal ? Il faut des moyens, des professionnels, des délais courts, une offre accessible et non stigmatisante. C&rsquo;est une question de générations : ce que nous refusons d&rsquo;investir aujourd&rsquo;hui dans la santé mentale de nos jeunes, nous le paierons demain, en souffrances et en coûts, au centuple.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La deuxième : former les adultes. Les parents, les enseignants, les éducateurs ne peuvent pas accompagner ce qu&rsquo;ils ne comprennent pas. Plutôt que de les culpabiliser, donnons-leur des repères clairs sur le sommeil, sur les usages, sur les signaux d&rsquo;alerte, sur la façon de dialoguer avec un jeune sans dramatiser ni banaliser. Un adulte outillé vaut mieux qu&rsquo;un adulte inquiet.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La troisième : encadrer le design addictif. Puisque les écrans ne sont pas neutres, agissons sur ce qui les rend problématiques. Les mécaniques conçues pour retenir, notamment la nuit, doivent être encadrées, en particulier pour les mineurs. C&rsquo;est cohérent avec ma conviction de fond : ce qui entre puissamment dans nos vies doit être régulé comme nous régulons le médicament ou l&rsquo;automobile. Ni interdiction réflexe, ni laisser-faire.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux être franc sur le coût, car parler vrai est un devoir. Investir dans la santé mentale des jeunes demande de l&rsquo;argent public, à un moment où nos finances sont contraintes. Mais il y a des dépenses qui sont des investissements, et celle-ci en est une. Un jeune que l&rsquo;on aide à temps est un adulte qui tiendra debout ; un jeune qu&rsquo;on laisse sombrer, c&rsquo;est une vie abîmée et un coût social bien supérieur, étalé sur des décennies. Renoncer à soigner par souci d&rsquo;économie serait la pire des économies. C&rsquo;est un choix de génération, et je l&rsquo;assume.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ces trois leviers déplacent le regard. Ils cessent de fixer l&rsquo;écran comme unique coupable pour s&rsquo;attaquer à l&rsquo;ensemble du problème : le soin, l&rsquo;accompagnement, la conception des outils. C&rsquo;est moins simple qu&rsquo;un slogan. C&rsquo;est infiniment plus utile. Je veux ajouter une exigence de constance. Un décret qui range les smartphones à l&rsquo;école est utile, mais il ne produira ses effets que s&rsquo;il s&rsquo;inscrit dans une politique durable et cohérente, portée dans le temps. Trop souvent, un sujet de société surgit, provoque une mesure spectaculaire, puis retombe dans l&rsquo;oubli une fois l&rsquo;émotion passée. La santé mentale de nos jeunes ne peut pas être traitée par à-coups. Elle demande un engagement patient, année après année : des moyens qui ne se retirent pas au premier arbitrage budgétaire, une formation qui se poursuit, une évaluation honnête de ce qui marche et de ce qui échoue. La sérénité, ici, c&rsquo;est aussi la durée.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je termine par une conviction. Regarder la réalité en face, ce n&rsquo;est jamais céder à la peur, mais ce n&rsquo;est pas non plus détourner les yeux. C&rsquo;est tenir ensemble la lucidité et la sérénité. Nos jeunes ne vont pas mal parce qu&rsquo;ils tiennent un téléphone. Ils vont mal pour des raisons multiples que nous avons le devoir de comprendre et de traiter. Leur mal-être n&rsquo;est pas une fatalité technologique. C&rsquo;est un défi collectif. Et un défi, cela s&rsquo;affronte, à condition de le regarder tel qu&rsquo;il est.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:list -->
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.cresam.be/wp-content/uploads/2026/01/rapport-sante-mentale-des-jeunes-en-wallonie-et-a-bruxelles.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CRéSaM — rapport santé mentale des jeunes en Wallonie et à Bruxelles (2026)</a></li>
<li><a href="https://etopia.be/blog/2026/05/15/sante-mentale-des-jeunes-il-y-a-urgence/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Etopia — santé mentale des jeunes, il y a urgence</a></li>
<li><a href="https://www.ufapec.be/nos-analyses/1825-smartphone-sante-ados.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">UFAPEC — le smartphone, nocif pour la santé des jeunes ?</a></li>
</ul>
<!-- /wp:list -->
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-0" data-row="script-row-unique-0" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-0"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/sante-mentale-des-jeunes-regarder-la-realite-en-face/">Santé mentale des jeunes : regarder la réalité en face</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La défense belge à 2 % : tenir l&#8217;effort sans mentir sur les moyens</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/la-defense-belge-a-2-tenir-leffort-sans-mentir-sur-les-moyens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 10:09:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133566</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Belgique confirme 2 % du PIB pour la défense jusqu'en 2033. Soutenir cet effort, oui, mais en disant la vérité sur son coût, ses arbitrages et ses choix industriels.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-defense-belge-a-2-tenir-leffort-sans-mentir-sur-les-moyens/">La défense belge à 2 % : tenir l&rsquo;effort sans mentir sur les moyens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-1"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Juillet 2026 : la Belgique tient son cap</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le 8 juillet 2026, la VRT relayait les estimations de l&rsquo;OTAN : la Belgique consacrera cette année 2 % de sa richesse nationale à la défense, pour la deuxième année consécutive. Après des décennies de sous-investissement, notre pays rejoint enfin le seuil que l&rsquo;Alliance nous demandait de longue date. Je veux le saluer, car c&rsquo;est un engagement tenu, et les engagements tenus sont assez rares en politique pour qu&rsquo;on les souligne.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ce cap n&rsquo;est pas un coup ponctuel. Le Strategic Level Report 2025, validé en Conseil des ministres le 6 février 2026, confirme le maintien de ces 2 % de 2025 à 2033. Autrement dit, une trajectoire, et pas seulement une ligne dans un budget annuel. C&rsquo;est important, car en matière de défense, la constance vaut souvent plus que l&rsquo;à-coup. On ne construit pas une armée par à-coups, mais par une accumulation patiente de décisions cohérentes.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Les chiffres donnent la mesure de l&rsquo;effort. Les crédits d&rsquo;engagement de la Défense atteignent 20,1 milliards d&rsquo;euros en 2026. Le plan de redressement, dit plan Francken, est chiffré à 34 milliards d&rsquo;euros. Ce sont des sommes considérables pour un pays de la taille de la Belgique, et elles disent bien l&rsquo;ampleur du rattrapage à accomplir après les années maigres.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Parmi les acquisitions concrètes, la contribution belge à l&rsquo;achat de dix avions de reconnaissance GlobalEye, produits par le suédois Saab, destinés à remplacer d&rsquo;ici 2030 les AWACS de Boeing, aujourd&rsquo;hui en fin de vie. Derrière ces noms techniques, il y a une réalité simple : reconstituer des capacités que nous avions laissées vieillir, et retrouver les yeux qui permettent à une armée de voir loin.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Un mot sur ce que ces 2 % représentent vraiment. Ce n&rsquo;est pas un chiffre magique, mais un repère commun que les alliés se sont donné pour partager équitablement le fardeau de leur sécurité. Longtemps, la Belgique a figuré en bas du classement, ce qui nous exposait à la critique, souvent justifiée, de nos partenaires. Rejoindre ce seuil, c&rsquo;est aussi retrouver une forme de crédibilité au sein de l&rsquo;Alliance, et le droit de peser dans les décisions qui nous engagent tous. On n&rsquo;est écouté que si l&rsquo;on prend sa part.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je pose ces faits d&rsquo;abord, parce qu&rsquo;ils sont têtus. La Belgique fait un effort réel. La question n&rsquo;est plus de savoir si nous le faisons, mais comment nous le tenons dans la durée, honnêtement, sans nous mentir sur ce qu&rsquo;il implique pour le reste de nos choix collectifs.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">D&rsquo;où nous venons : trente ans de désarmement discret</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir d&rsquo;où nous partons. Pendant trente ans, la Belgique a fait de sa défense une variable d&rsquo;ajustement budgétaire. À chaque contrôle budgétaire difficile, l&rsquo;armée était la première servie pour les coupes et la dernière pour les hausses. Ce n&rsquo;était pas un choix assumé devant les citoyens : c&rsquo;était un renoncement silencieux, indolore sur le moment, dont nous payons aujourd&rsquo;hui le prix.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le résultat, nous l&rsquo;avons découvert au pire moment. Des stocks de munitions insuffisants, du matériel vieillissant, des capacités entières abandonnées. Quand la guerre est revenue aux portes de l&rsquo;Europe en 2022, nous avons constaté que notre outil de défense avait été rogné jusqu&rsquo;à l&rsquo;os. Ce que l&rsquo;on croyait être une économie prudente s&rsquo;est révélé une fragilité stratégique.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il faut être juste : ce désarmement n&rsquo;était pas de la malveillance. Il traduisait une époque, celle où l&rsquo;on croyait la sécurité définitivement acquise, et où chaque euro semblait plus utile ailleurs. Je ne jette la pierre à personne, et je me garde de tout procès rétrospectif facile. Mais je crois qu&rsquo;il faut nommer clairement l&rsquo;erreur pour ne pas la répéter.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Remonter la pente coûte cher, et longtemps. C&rsquo;est la leçon la plus dure de cette histoire : le désarmement est rapide et indolore sur le moment ; le réarmement est lent, coûteux et exigeant. On ne rattrape pas trente ans en un budget. Reconstituer des stocks, former des militaires, moderniser des flottes entières : tout cela s&rsquo;étale sur des années. D&rsquo;où l&rsquo;importance de la trajectoire pluriannuelle inscrite dans le Strategic Level Report.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il y a aussi une dimension humaine à ce redressement, qu&rsquo;on oublie trop souvent. Une armée, ce ne sont pas seulement des équipements : ce sont des femmes et des hommes qu&rsquo;il faut recruter, former, fidéliser. Les années de vaches maigres avaient découragé les vocations et vidé certains métiers de leurs compétences. Reconstruire une défense, c&rsquo;est donc aussi rebâtir des carrières et redonner du sens à l&rsquo;engagement militaire. Cela ne se décrète pas en un budget ; cela se cultive, patiemment, dans la durée.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Cette histoire porte une morale politique simple. Les économies qui ne se disent pas finissent toujours par se payer. Ce qui n&rsquo;a pas été financé en trente ans de facilité doit l&rsquo;être aujourd&rsquo;hui, dans un contexte budgétaire bien plus contraint. Autant en tirer la leçon pour l&rsquo;avenir : mieux vaut un effort régulier et assumé qu&rsquo;un renoncement commode suivi d&rsquo;un rattrapage brutal.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat de la défense contre le social</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Dès qu&rsquo;on parle de 20 milliards pour la Défense, une objection surgit, et je la comprends : cet argent, ne serait-il pas mieux employé dans nos hôpitaux, nos écoles, nos pensions ? La défense se ferait-elle au détriment du social ? La tension budgétaire est bien réelle. Une rallonge de 188 millions d&rsquo;euros a d&rsquo;ailleurs suscité, en mai 2026, un débat vif à la Chambre, certains y voyant une menace pour d&rsquo;autres priorités de l&rsquo;État. Et l&rsquo;on parle désormais de 600 millions à dégager.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je ne vais pas balayer cette inquiétude d&rsquo;un revers de main. Ce serait malhonnête. Chaque euro public engagé quelque part est un euro qui manque ailleurs : c&rsquo;est la définition même d&rsquo;un budget, et je ne connais pas de formule magique pour y échapper. En tant que libéral social, je refuse de faire comme si l&rsquo;argent tombait du ciel. La dette d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est l&rsquo;impôt de demain, payé par nos enfants.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Mais je crois que l&rsquo;opposition entre défense et social est un faux débat. Car la sécurité n&rsquo;est pas un luxe qui viendrait après le social : elle en est la condition. Un pays qui ne peut pas se défendre ne maîtrise plus ni sa fiscalité, ni ses choix sociaux. La liberté de redistribuer suppose d&rsquo;abord la liberté de décider chez soi. Le modèle social européen n&rsquo;a de sens que dans une Europe capable de le protéger.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le vrai clivage n&rsquo;est donc pas défense contre social. Il est entre un effort assumé, planifié et transparent, et un effort subi, improvisé et masqué. La question n&rsquo;est pas de dépenser ou non pour l&rsquo;armée. Elle est de savoir si nous disons la vérité aux citoyens sur ce que cela coûte, et sur ce à quoi il faudra, ou non, renoncer par ailleurs.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Regardons d&rsquo;ailleurs les ordres de grandeur avec honnêteté. Rapportée à l&rsquo;ensemble de la dépense publique, la défense reste une part significative mais pas écrasante. Le dire, ce n&rsquo;est pas minimiser l&rsquo;effort : c&rsquo;est le remettre à sa juste place, pour sortir des fantasmes dans les deux sens. Ni gouffre sans fond qui engloutirait le social, ni dépense négligeable qu&rsquo;on pourrait financer sans y penser : un investissement de sécurité qu&rsquo;il faut assumer clairement, ligne par ligne, devant la représentation nationale.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->C&rsquo;est là, à mes yeux, que se joue la crédibilité politique. Promettre à la fois plus de défense, plus de social et moins d&rsquo;impôts, sans jamais parler d&rsquo;arbitrage, c&rsquo;est le degré zéro du sérieux. Les citoyens méritent mieux que ce déni. Ils sont parfaitement capables d&rsquo;entendre un discours de vérité, à condition qu&rsquo;on ose le leur tenir. Le parler vrai n&rsquo;est pas un risque électoral : c&rsquo;est une marque de respect.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Une trajectoire transparente et une préférence européenne</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Alors, que défendre concrètement ? Trois exigences, qui doivent aller de pair et se renforcer l&rsquo;une l&rsquo;autre.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->D&rsquo;abord, une trajectoire pluriannuelle transparente. Le Strategic Level Report en pose le cadre jusqu&rsquo;en 2033 : c&rsquo;est une bonne base. Encore faut-il que chaque étape soit débattue au Parlement, chiffrée honnêtement, et confrontée à la réalité des recettes. Je préfère un effort un peu plus modeste mais tenu, à des annonces spectaculaires qui s&rsquo;effondrent au premier contrôle budgétaire. La parole publique se respecte, et rien ne ruine davantage la confiance qu&rsquo;un engagement démenti six mois plus tard.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ensuite, la préférence européenne dans nos acquisitions. Quand nous achetons du matériel, nous ne dépensons pas seulement : nous choisissons de qui nous dépendrons demain. Privilégier une base industrielle européenne, c&rsquo;est renforcer notre autonomie stratégique commune plutôt que notre dépendance. Le choix du GlobalEye montre qu&rsquo;une alternative européenne existe souvent ; encore faut-il en faire une doctrine, pas une exception. Acheter européen quand c&rsquo;est possible, c&rsquo;est investir dans notre sécurité future autant que dans notre matériel présent.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Enfin, les retombées industrielles et d&#8217;emploi en Belgique. Un euro de défense bien orienté irrigue nos entreprises technologiques, nos sous-traitants, nos ingénieurs. Il faut négocier des retours industriels réels sur les grands contrats, pour que cet effort de sécurité soit aussi un investissement dans notre économie et nos compétences. La défense peut devenir un moteur d&rsquo;innovation et d&#8217;emplois qualifiés, à condition de le vouloir et de l&rsquo;exiger dès la signature des contrats.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->J&rsquo;ajoute une conviction de méthode. Le contrôle parlementaire de ces dépenses n&rsquo;est pas une formalité : c&rsquo;est ce qui garantit que l&rsquo;argent des citoyens sert vraiment à la sécurité, et non à des programmes mal calibrés. Une défense forte et une démocratie exigeante ne s&rsquo;opposent pas. Un budget militaire scruté, évalué, discuté, est un budget mieux dépensé.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je terminerai par une conviction simple. On peut soutenir sincèrement notre armée et refuser de mentir sur les moyens. Ce n&rsquo;est pas contradictoire : c&rsquo;est même la seule position solide dans la durée. La défense belge tient son cap. À nous, responsables politiques, de tenir un langage de vérité qui soit à la hauteur de cet effort. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on gagne, et qu&rsquo;on garde, la confiance des citoyens.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:list -->
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2026/07/08/la-belgique-veut-consacrer-2-de-son-pib-a-la-defense-pour-la-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">VRT — la Belgique à 2 % du PIB pour la défense</a></li>
<li><a href="https://defencebelgium.com/2026/02/16/analyse-du-budget-2026-201-milliards-deuros-dengagement-pour-la-defense/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">DefenceBelgium — 20,1 milliards d&rsquo;engagement en 2026</a></li>
<li><a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/05/06/la-defense-recoit-une-rallonge-de-188-millions-deuros-on-met-en-peril-les-autres-priorites-budgetaires-de-letat-JMADB47GEZC7NEGNKIOJHJF23Q/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Libre — rallonge de 188 millions pour la Défense</a></li>
</ul>
<!-- /wp:list -->
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-1" data-row="script-row-unique-1" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-1"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-defense-belge-a-2-tenir-leffort-sans-mentir-sur-les-moyens/">La défense belge à 2 % : tenir l&rsquo;effort sans mentir sur les moyens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La dette, c&#8217;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2026 10:39:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133569</guid>

					<description><![CDATA[<p>7 à 10 milliards à trouver pour le budget 2026. La dette est une facture envoyée à nos enfants. Sortons du faux débat austérité contre dépense.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/">La dette, c&rsquo;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Un budget qui ne se boucle pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est brutal et il faut le regarder en face. Pour équilibrer le budget 2026, le gouvernement fédéral doit trouver entre 7 et 10 milliards d&rsquo;euros. Ce n&rsquo;est pas une somme théorique : c&rsquo;est l&rsquo;écart entre ce que l&rsquo;État dépense et ce qu&rsquo;il encaisse, un écart qu&rsquo;il faut combler par des recettes nouvelles, des économies, ou de la dette supplémentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faute d&rsquo;accord, la décision a été repoussée à l&rsquo;automne. Je comprends la difficulté de l&rsquo;exercice ; je n&rsquo;en fais pas le procès. Mais reporter n&rsquo;est pas décider. Chaque mois qui passe sans trajectoire claire, ce sont des intérêts qui courent et une confiance qui s&rsquo;érode, chez les citoyens comme chez ceux qui prêtent à la Belgique. On peut toujours gagner du temps ; on ne peut pas gagner indéfiniment sur la réalité des chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce débat, une piste est revenue sur la table : une hausse de la TVA, évoquée jusqu&rsquo;à 22 %. La TVA a un avantage, elle rapporte vite et beaucoup. Elle a un défaut majeur : elle frappe la consommation de tous, indépendamment du revenu. Une augmentation générale toucherait, en proportion, davantage les ménages modestes que les plus aisés. Ce n&rsquo;est pas un détail technique, c&rsquo;est une question de justice. Il existe des manières plus justes de mobiliser la TVA, en la ciblant ou en protégeant les produits de première nécessité, mais une hausse générale et uniforme serait le choix le moins équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bureau fédéral du Plan a, de son côté, dressé une liste de 260 mesures budgétaires envisageables. C&rsquo;est un travail précieux, parce qu&rsquo;il met sur la table l&rsquo;éventail des choix possibles, sans tabou. Mais une liste n&rsquo;est pas une politique. Aligner 260 options, c&rsquo;est utile pour éclairer ; gouverner, c&rsquo;est trancher, hiérarchiser, assumer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne prétends pas ici qu&rsquo;il existe une solution indolore. Elle n&rsquo;existe pas. Boucler un budget de cette ampleur suppose des efforts réels, et quiconque promet le contraire ment ou se ment. Mais il y a une manière honnête et une manière malhonnête de faire ces efforts. La différence tient à un mot : la vérité qu&rsquo;on ose dire aux citoyens. Le courage, en politique budgétaire, ne consiste pas à annoncer des efforts spectaculaires, mais à répartir ces efforts avec justice et à en expliquer honnêtement la nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière la technique budgétaire, il y a une question morale que l&rsquo;on préfère souvent taire. À qui envoie-t-on la facture ? Aux contribuables d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, par l&rsquo;impôt ou la TVA ? Aux bénéficiaires de services publics, par les économies ? Ou aux générations futures, par la dette ? C&rsquo;est de ce choix, jamais neutre, dont je veux parler. Ce choix devrait être posé ouvertement, débattu au grand jour, et non dissimulé dans la technicité des tableaux budgétaires que presque personne ne lit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dette, un héritage qu&rsquo;on transmet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prendre la mesure du moment, il faut se souvenir d&rsquo;où nous venons. La Belgique connaît bien la dette. Dans les années 1980 et au début des années 1990, notre pays a vu son endettement atteindre des sommets qui menaçaient sa souveraineté budgétaire. Rembourser la dette, c&rsquo;était alors payer les erreurs accumulées d&rsquo;une décennie. Ceux qui ont vécu ces années se souviennent d&rsquo;un pays contraint dans ses choix, où l&rsquo;essentiel du budget partait rembourser le passé plutôt que préparer l&rsquo;avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un effort collectif considérable a suivi. Pendant des années, la Belgique s&rsquo;est désendettée, au prix de sacrifices partagés, pour revenir dans les clous et rejoindre l&rsquo;euro. Cette histoire devrait nous vacciner contre une illusion : celle qui consiste à croire que la dette est indolore tant que les taux sont bas. Les taux montent, les crises reviennent, et la facture, elle, ne disparaît jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis sont venues les grandes secousses. La crise financière de 2008, la pandémie, la crise énergétique. À chaque fois, l&rsquo;État a joué son rôle d&rsquo;amortisseur, et il a eu raison de le faire. Protéger les gens quand tout vacille, c&rsquo;est la fonction même de la puissance publique. Mais chaque bouclier a un coût, et ce coût s&rsquo;est ajouté à la dette. On ne peut pas à la fois saluer l&rsquo;État protecteur dans la tempête et refuser d&rsquo;en assumer la note une fois le calme revenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Hans Jonas, dans Le Principe responsabilité publié en 1979, a formulé une idée simple et exigeante : notre responsabilité s&rsquo;étend à ceux qui ne sont pas encore là pour se défendre. La dette publique est exactement cela. C&rsquo;est une décision prise par une génération et payée par la suivante, qui n&rsquo;a pas voté, pas débattu, pas consenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense souvent à ces jeunes qui entrent aujourd&rsquo;hui dans la vie active. Ils hériteront de nos infrastructures et de nos savoirs, tant mieux. Mais ils hériteront aussi de nos intérêts à payer, qui grignoteront leurs marges de manœuvre, réduiront ce qu&rsquo;ils pourront financer à leur tour. Chaque euro d&rsquo;intérêt est un euro qui ne va ni à l&rsquo;école, ni à la santé, ni à la transition. Cette dette silencieuse ne fait pas la une, mais elle pèse chaque jour un peu plus sur les choix de ceux qui viennent après nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dire cela n&rsquo;est pas céder au catastrophisme. C&rsquo;est refuser le confort du court terme. Un pays sérieux ne demande pas à ses enfants de financer le train de vie de leurs parents. Il leur transmet des choix, pas seulement des factures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : austérité contre dépense</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque discussion budgétaire, le même théâtre se rejoue. D&rsquo;un côté, ceux qui brandissent l&rsquo;austérité comme une fatalité vertueuse, comme si couper était en soi une politique. De l&rsquo;autre, ceux qui traitent toute économie de brutalité et défendent la dépense comme un dogme, sans jamais dire comment la payer. Ce duel est usé. Il est surtout trompeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est trompeur parce qu&rsquo;il fait croire que la seule variable est le montant : dépenser plus ou dépenser moins. Or la vraie question n&rsquo;est pas combien, mais pour quoi. Un euro dépensé dans l&rsquo;éducation d&rsquo;un enfant ou dans un investissement productif ne vaut pas un euro gaspillé dans une dépense inefficace. Additionner des euros sans les qualifier, c&rsquo;est refuser de penser. Un pays qui investit dans sa jeunesse et un pays qui accumule des dépenses de fonctionnement inefficaces peuvent afficher le même total ; ils ne préparent pas du tout le même avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;austérité aveugle a un nom que je récuse : le rabot. Couper partout, de manière uniforme, au même pourcentage, c&rsquo;est traiter de la même façon ce qui prépare l&rsquo;avenir et ce qui l&rsquo;obère. C&rsquo;est facile, ça se décide vite, et ça abîme durablement. Le rabot est le contraire du courage : c&rsquo;est la paresse déguisée en rigueur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fuite en avant n&rsquo;est pas plus responsable. Dépenser sans trajectoire, en comptant sur la croissance de demain pour éponger les promesses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est parier avec l&rsquo;argent des autres. Un État qui perd le contrôle de sa dette perd aussi, à terme, sa capacité à protéger. La solidarité sans soutenabilité est une promesse qui finit par se retourner contre les plus fragiles. Refuser de choisir, c&rsquo;est finalement laisser les circonstances choisir à notre place, et elles le font toujours au détriment des plus faibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre ces deux impasses, il existe un chemin : la revue au mérite. Passer chaque politique publique à la question de son efficacité réelle. Non pas couper au hasard, mais choisir. Renforcer ce qui marche et prépare l&rsquo;avenir, réduire ce qui ne produit plus rien, quel que soit le camp qui l&rsquo;a créé. C&rsquo;est plus difficile qu&rsquo;un slogan, parce que cela oblige à connaître les dossiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nommer ce faux débat, c&rsquo;est se donner une chance d&rsquo;en sortir. Tant que nous restons prisonniers de l&rsquo;opposition entre austérité et dépense, nous nous condamnons à osciller entre le rabot et la dérive. La vérité, plus exigeante, est ailleurs : dans la qualité des choix, pas dans leur quantité. C&rsquo;est un travail moins gratifiant que la polémique, mais c&rsquo;est le seul qui produit des résultats durables pour le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je propose : une trajectoire, pas un rabot</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ma conviction est qu&rsquo;un pays se redresse par la crédibilité, pas par la brutalité. Cela suppose une méthode claire, que je résume en quatre principes concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, protéger les dépenses d&rsquo;avenir. L&rsquo;éducation, l&rsquo;investissement public, la défense de notre sécurité : ce ne sont pas des dépenses comme les autres. Elles préparent la prospérité et la protection de demain. Les sacrifier pour un gain budgétaire immédiat, ce serait vendre l&rsquo;avenir pour solder le présent. Ces postes doivent être défendus dans l&rsquo;effort, pas rabotés avec le reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, généraliser la revue des dépenses au mérite. Chaque euro public devrait pouvoir répondre à une question simple : à quoi sers-tu, et le fais-tu bien ? Cette évaluation, systématique et transparente, doit guider les arbitrages. Elle est le seul moyen de réduire la dépense sans casser ce qui fonctionne, en visant l&rsquo;inefficacité plutôt que la facilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, tracer une trajectoire pluriannuelle crédible. Un budget ne se pense pas à un an, mais sur la durée d&rsquo;une législature et au-delà. Annoncer un cap, s&rsquo;y tenir, rendre des comptes : c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on rétablit la confiance des citoyens et qu&rsquo;on desserre l&rsquo;étau des intérêts. La prévisibilité vaut mieux que les à-coups. Une trajectoire tenue vaut mieux que dix promesses spectaculaires abandonnées au premier obstacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la transparence budgétaire. Les citoyens ont le droit de comprendre où va leur argent, dans un langage clair et non dans le jargon des initiés. Un budget lisible, expliqué, débattu, est le meilleur rempart contre la démagogie, celle qui promet tout sans jamais chiffrer. Parler vrai aux citoyens sur l&rsquo;état de nos comptes est, à mes yeux, un acte profondément libéral et profondément démocratique. Un citoyen qui comprend où va son argent est un citoyen qu&rsquo;on ne peut pas berner avec de fausses promesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette n&rsquo;est pas une fatalité. C&rsquo;est le résultat de nos choix, et donc quelque chose que d&rsquo;autres choix peuvent corriger. Je ne veux pas d&rsquo;un pays qui inflige à sa jeunesse une austérité punitive, ni d&rsquo;un pays qui lui lègue une dette qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas contractée. Je veux un pays qui parle vrai, qui choisit ses priorités, et qui a le courage de tenir sa trajectoire. C&rsquo;est cela, prendre nos enfants au sérieux. C&rsquo;est un chemin exigeant, sans effet d&rsquo;annonce, mais c&rsquo;est le seul qui soit à la hauteur du respect que nous devons à ceux qui viennent après nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.21news.be/budget-2026-arizona-tva-22-pourcent-octobre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">21news — budget 2026 : l&rsquo;Arizona repousse l&rsquo;accord à l&rsquo;automne, la TVA en débat</a></li>
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/quelles-mesures-budgetaires-le-gouvernement-de-wever-prendra-t-il-le-bureau-du-plan-a-dresse-une-liste-de-260-mesures-envisageables-11733746" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — le Bureau du Plan a dressé une liste de 260 mesures envisageables</a></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/">La dette, c&rsquo;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Aerospacelab et IRIS² : une ambition souveraine, made in Wallonie</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/aerospacelab-et-iris2-une-ambition-souveraine-made-in-wallonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 10:04:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Brabant Wallon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133616</guid>

					<description><![CDATA[<p>Aerospacelab, née en Wallonie, va contribuer à construire les satellites d'IRIS², la constellation souveraine de l'Europe. Récit d'une ascension vers les étoiles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/aerospacelab-et-iris2-une-ambition-souveraine-made-in-wallonie/">Aerospacelab et IRIS² : une ambition souveraine, made in Wallonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-2"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Un souvenir, et une immense fierté</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il est des nouvelles qui dépassent l&rsquo;actualité économique pour toucher quelque chose de plus intime. En voici une. Aerospacelab, une entreprise spatiale née en Wallonie, vient d&rsquo;être retenue parmi les industriels qui construiront les satellites d&rsquo;IRIS², la future constellation souveraine de l&rsquo;Union européenne. Une startup de chez nous, appelée à équiper l&rsquo;un des plus grands projets spatiaux de l&rsquo;histoire du continent.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Si cette nouvelle me réjouit autant, c&rsquo;est aussi pour une raison personnelle. J&rsquo;ai visité Aerospacelab il y a quelques années. J&rsquo;en garde un souvenir précis, et je peux le dire sans détour : j&rsquo;ai été impressionné, et même ému. Impressionné par les équipes, par leur maîtrise, par leur sérieux. Ému par une chose plus rare encore, incarnée par leur fondateur, Benoît Deper : une ambition européenne saine et sincère, un enthousiasme à la fois humble et immense, et surtout cette conviction chevillée au corps que rien n&rsquo;est impossible à force de travail et de conviction.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->On croise peu, dans une vie, des femmes et des hommes qui portent ce mélange de modestie et d&rsquo;audace. Ce jour-là, j&rsquo;ai compris que j&rsquo;avais devant moi non pas des rêveurs, mais des bâtisseurs. Aujourd&rsquo;hui, les voir poursuivre cette incroyable ascension vers les étoiles est un bonheur simple et immense. Car ils sont exactement cela : l&rsquo;exemple inspirant que l&rsquo;Europe, quand elle ose et quand elle travaille, est capable du meilleur.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">La genèse d&rsquo;un champion né en Wallonie</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->L&rsquo;histoire d&rsquo;Aerospacelab est celle d&rsquo;un pari. En 2018, Benoît Deper, passé notamment par la NASA et par l&rsquo;écosystème spatial californien, choisit de ne pas rejoindre les grandes agences ni les géants installés. Il fonde sa propre société, en Belgique, avec l&rsquo;idée qu&rsquo;un acteur européen agile peut bousculer un secteur longtemps réservé à quelques mastodontes.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->En quelques années, le pari est devenu une trajectoire fulgurante. En 2025, l&rsquo;entreprise a bouclé une levée de fonds de 94 millions d&rsquo;euros pour accélérer son industrialisation, avec notamment le soutien de la Banque européenne d&rsquo;investissement, adossé à InvestEU. De quoi passer d&rsquo;un statut de pépite prometteuse à celui d&rsquo;acteur industriel de premier plan.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le symbole le plus visible de cette ascension, c&rsquo;est sa gigafactory à Charleroi, sur le site de Marcinelle. Une usine parmi les plus importantes du monde pour la production de satellites, pensée pour en assembler jusqu&rsquo;à cinq cents par an et pour créer des centaines d&#8217;emplois. Là où l&rsquo;on parlait autrefois de charbon et d&rsquo;acier, on parle désormais de satellites. Ce n&rsquo;est pas un hasard si Charleroi a déroulé le tapis rouge : une région industrielle qui se réinvente dans la haute technologie, c&rsquo;est une promesse d&rsquo;avenir pour toute une population.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Et l&rsquo;audace ne s&rsquo;est pas démentie. Une entreprise née il y a moins de dix ans qui se met en situation de rivaliser avec des géants comme Airbus sur des contrats de plusieurs milliards d&rsquo;euros : voilà qui aurait paru inimaginable il y a peu. C&rsquo;est pourtant ce que fait Aerospacelab, sans arrogance, mais sans complexe.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Un modèle qui change les règles</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Comment une jeune société parvient-elle à cette place ? Par un modèle qui rompt avec les habitudes du secteur. Le spatial a longtemps fonctionné comme un artisanat de luxe : chaque satellite conçu presque sur mesure, à des coûts astronomiques et dans des délais interminables. Aerospacelab a fait un autre choix : celui d&rsquo;une recherche et développement intelligente, qui ne réinvente pas ce qui existe déjà mais réutilise, standardise et industrialise.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->L&rsquo;idée est aussi simple que puissante. Plutôt que de repartir de zéro à chaque projet, on s&rsquo;appuie sur des composants et des solutions éprouvés, on intègre verticalement la production, et l&rsquo;on gagne à la fois en coût, en fiabilité et en cadence. C&rsquo;est cette philosophie, souvent appelée « New Space », qui permet de passer de l&rsquo;exploit ponctuel à la véritable production de série. La gigafactory de Charleroi en est la traduction concrète.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Mais Aerospacelab ne se limite pas à fabriquer des satellites. L&rsquo;entreprise exploite aussi ce que l&rsquo;on pourrait appeler l&rsquo;intelligence du renseignement par imagerie : la capacité à produire et à analyser des données d&rsquo;observation de la Terre. À l&rsquo;heure où l&rsquo;information est un actif stratégique, savoir observer, mesurer et comprendre depuis l&rsquo;espace n&rsquo;est pas un supplément technologique : c&rsquo;est un pouvoir. Maîtriser à la fois le matériel (les satellites) et la donnée qu&rsquo;il permet de récolter, c&rsquo;est tenir la souveraineté de bout en bout.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Voilà, au fond, ce qui rend cette société si précieuse. Elle ne vend pas seulement du hardware ; elle bâtit une chaîne complète, de l&rsquo;assemblage à l&rsquo;exploitation de l&rsquo;information. C&rsquo;est exactement le type de capacité intégrée dont l&rsquo;Europe a besoin pour ne plus dépendre des autres.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">IRIS², la réponse souveraine de l&rsquo;Europe</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->C&rsquo;est ici qu&rsquo;entre en scène IRIS², dont le nom résume l&rsquo;ambition : Infrastructure for Resilience, Interconnectivity and Security by Satellite. Autrement dit, la constellation souveraine de l&rsquo;Union européenne, conçue pour offrir une connectivité sécurisée à ses gouvernements, à ses institutions et, demain, à ses citoyens.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Les chiffres disent l&rsquo;ampleur du projet : près de trois cents satellites, majoritairement en orbite terrestre basse, pour un budget de l&rsquo;ordre de 10,6 milliards d&rsquo;euros, partagé entre fonds publics et investissements privés. Le contrat de concession a été signé fin 2024 avec le consortium SpaceRISE, qui réunit plusieurs grands opérateurs européens, et la phase d&rsquo;industrialisation est désormais lancée, avec des premiers lancements attendus à partir de 2029.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->À quoi cela sert-il, concrètement ? À disposer d&rsquo;un internet par satellite chiffré, capable de fonctionner même en cas de cyberattaque majeure ou de coupure des câbles sous-marins qui font transiter l&rsquo;essentiel de nos communications. En clair : une infrastructure de secours et de sécurité que nul ne pourra nous couper, ni nous dicter.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Car c&rsquo;est bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Aujourd&rsquo;hui, la connectivité par satellite est dominée par des acteurs américains, l&rsquo;omniprésent Starlink, et, demain, chinois. Dépendre entièrement d&rsquo;eux pour communiquer, y compris en temps de crise, ce n&rsquo;est pas seulement une question technique : c&rsquo;est une question de liberté et de sécurité. IRIS² est la réponse européenne à cette dépendance. Une réponse tardive, sans doute, mais réelle.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Une ambition souveraine, made in Wallonie</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Reste à réconcilier les deux histoires, celle d&rsquo;Aerospacelab et celle d&rsquo;IRIS², car elles n&rsquo;en font qu&rsquo;une. Qu&rsquo;une entreprise née en Wallonie soit appelée à construire une partie des satellites de la constellation souveraine européenne, ce n&rsquo;est pas un simple motif de fierté locale. C&rsquo;est la démonstration qu&rsquo;une vision est possible : celle d&rsquo;une Europe qui ne se contente pas de réguler ou de subir, mais qui produit, qui invente, qui bâtit ses propres capacités stratégiques.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->On nous présente trop souvent un faux choix : soit l&rsquo;Europe se résigne à dépendre des puissances qui vont plus vite qu&rsquo;elle, soit elle se replie frileusement sur elle-même. Aerospacelab et IRIS² tracent une troisième voie, la seule qui vaille : celle de l&rsquo;ambition souveraine. Ni la naïveté du dépendant, ni la peur du reclus, la confiance du bâtisseur.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Encore faut-il que le politique soit à la hauteur de ces pionniers. Soutenir nos champions, c&rsquo;est très concret : les financer aux moments décisifs, leur ouvrir la commande publique européenne, assumer une véritable préférence industrielle européenne, et cesser de laisser filer nos pépites faute d&rsquo;avoir cru en elles à temps. La souveraineté ne se décrète pas dans les discours ; elle se construit, entreprise après entreprise, satellite après satellite. C&rsquo;est le combat que nous devons continuer à porter.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Alors oui, je regarde tout cela avec émotion. Une entreprise wallonne qui vise les étoiles et qui aide l&rsquo;Europe à retrouver la maîtrise de son destin dans l&rsquo;espace : il y a là quelque chose qui dépasse l&rsquo;économie. À toutes les équipes d&rsquo;Aerospacelab, et à Benoît Deper, je veux dire simplement merci. Merci de nous rappeler que rien n&rsquo;est impossible à force de travail et de conviction. Et que le meilleur, parfois, est made in Wallonie.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:list -->
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/satellites-aerospacelab-leve-94-millions-eur-pour-donner-un-coup-de-boost-a-sa-croissance-11591800" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — Aerospacelab lève 94 millions d&rsquo;euros (Charleroi)</a></li>
<li><a href="https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/2025/08/27/aerospacelab-defie-le-geant-airbus-ce-contrat-de-4-milliards-serait-un-game-changer-pour-nous-MNL32AVRJFH7TNWM3JWBCSCQIA/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Libre — Aerospacelab défie le géant Airbus : un contrat qui serait un « game changer »</a></li>
<li><a href="https://cnes.fr/dossiers/iris2-future-constellation-made-europe" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CNES — IRIS², la future constellation made in Europe</a></li>
<li><a href="https://www.spacerise.eu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">SpaceRISE — le consortium chargé de déployer IRIS²</a></li>
</ul>
<!-- /wp:list -->
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/aerospacelab-et-iris2-une-ambition-souveraine-made-in-wallonie/">Aerospacelab et IRIS² : une ambition souveraine, made in Wallonie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Citoyens Numériques remporte une partie du marché public de l&#8217;IFPC pour la formation des enseignants</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/citoyens-numeriques-remporte-une-partie-du-marche-public-de-lifpc-pour-la-formation-des-enseignants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 12:12:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Citoyenneté numérique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133598</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'ASBL Citoyens Numériques remporte une partie du marché public de l'IFPC pour la formation continue des enseignants. Cap sur le Forum du 2 décembre.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/citoyens-numeriques-remporte-une-partie-du-marche-public-de-lifpc-pour-la-formation-des-enseignants/">Citoyens Numériques remporte une partie du marché public de l&rsquo;IFPC pour la formation des enseignants</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Une reconnaissance qui a le goût du travail bien fait</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des nouvelles qui réchauffent, parce qu&rsquo;elles récompensent des mois d&rsquo;efforts discrets. En voici une. Citoyens Numériques, l&rsquo;association que j&rsquo;ai cofondée avec Maude Ladrière et Philippe Moraldo, vient de remporter une partie du marché public de l&rsquo;IFPC consacré à la formation continue des enseignants. Deux volets nous ont été confiés, et non des moindres : l&rsquo;éducation aux médias et la gestion des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je mesure ce que représente cette confiance pour une structure née il y a à peine un an. Un marché public, ce n&rsquo;est pas un coup de communication. C&rsquo;est une procédure exigeante, où l&rsquo;on est jugé sur la solidité d&rsquo;une offre, la rigueur d&rsquo;une méthode, la crédibilité d&rsquo;une équipe. Être retenu, c&rsquo;est entendre une institution dire, en substance : ce que vous proposez répond à un vrai besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce besoin, je le crois immense. Nos enseignants font face, chaque jour, à des classes où le numérique est déjà partout — dans les poches, dans les têtes, dans les conversations. On leur demande d&rsquo;accompagner des jeunes sur un terrain qui bouge plus vite qu&rsquo;aucun programme scolaire. Leur donner les moyens de le faire, ce n&rsquo;est pas un supplément d&rsquo;âme : c&rsquo;est une nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un an pour bâtir une expertise, pas un slogan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comment passe-t-on d&rsquo;une idée à une offre retenue par les pouvoirs publics en douze mois ? Par le travail. Nous avons bâti un réseau de près de cinquante formateurs répartis dans toute la Belgique francophone. Une trentaine d&rsquo;entre eux ont été formés par le RÉCIT, le centre québécois de référence en formation continue, sur les enjeux qui définissent la citoyenneté numérique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : la pensée critique, les biais des algorithmes, la polarisation des débats, l&rsquo;intelligence artificielle et la cybersécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si j&rsquo;insiste sur ces mots, c&rsquo;est qu&rsquo;ils dessinent un programme. Apprendre à un adolescent à reconnaître un contenu généré par une machine, à comprendre pourquoi son fil d&rsquo;actualité lui montre certaines choses et lui en cache d&rsquo;autres, à distinguer une information vérifiée d&rsquo;une rumeur virale : voilà l&rsquo;alphabétisation de notre siècle. Elle ne remplace pas la lecture et l&rsquo;écriture ; elle les prolonge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque grande bascule technique a d&rsquo;ailleurs exigé une nouvelle forme d&rsquo;apprentissage. L&rsquo;imprimerie a rendu nécessaire de savoir lire, pour ne pas rester à la merci de ceux qui savaient. Le numérique nous demande aujourd&rsquo;hui d&rsquo;apprendre à lire les algorithmes, c&rsquo;est-à-dire à comprendre les logiques invisibles qui orientent notre attention et, parfois, nos opinions. Une société qui néglige cet apprentissage ne devient pas plus libre parce qu&rsquo;elle est plus connectée ; elle devient plus manipulable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi une affaire de transmission. Hannah Arendt rappelait, dans La Crise de la culture (1961), que l&rsquo;éducation est le moment où nous décidons si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité devant ceux qui arrivent après nous. Éduquer au numérique, dans cet esprit, ce n&rsquo;est pas céder à une mode : c&rsquo;est prendre au sérieux le monde tel qu&rsquo;il est, et préparer les jeunes à y exercer pleinement leur liberté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ni diaboliser les écrans, ni les banaliser</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ces sujets, un faux débat nous épuise : faut-il interdire les écrans, ou les laisser tout envahir ? Ce face-à-face est stérile. L&rsquo;interdiction pure rassure les adultes mais n&rsquo;arme personne ; le laisser-faire, lui, abandonne les jeunes aux logiques d&rsquo;une économie de l&rsquo;attention qui n&rsquo;a jamais leur intérêt pour boussole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La voie que nous défendons est plus exigeante, mais c&rsquo;est la seule qui respecte les jeunes : éduquer. Leur donner les moyens de comprendre, de choisir, de se protéger. Ni la peur, ni la naïveté — le discernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela suppose une méthode et une déontologie. Citoyens Numériques agit de manière neutre et pluraliste. L&rsquo;école n&rsquo;a pas à devenir un lieu d&rsquo;endoctrinement, dans un sens ou dans un autre ; elle doit rester ce lieu rare où l&rsquo;on apprend à penser par soi-même. Nos formations ne disent pas aux élèves quoi penser des réseaux sociaux ou de l&rsquo;intelligence artificielle. Elles leur apprennent à se poser les bonnes questions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et elles s&rsquo;adressent d&rsquo;abord à ceux qui tiennent la classe. Trop souvent, on a demandé aux enseignants d&rsquo;affronter seuls ces bouleversements, sans formation ni soutien réel. Les outiller sérieusement, c&rsquo;est leur rendre justice. C&rsquo;est aussi reconnaître que la citoyenneté numérique n&rsquo;est pas une matière de plus à caser dans une grille horaire déjà saturée, mais une compétence transversale qui traverse toutes les disciplines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Grandir connecté ? » : rendez-vous le 2 décembre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette victoire ouvre un cycle, elle ne le referme pas. J&rsquo;ai donc le plaisir d&rsquo;annoncer que notre prochain Forum se tiendra le 2 décembre, à l&rsquo;Aula Magna de Louvain-la-Neuve, autour d&rsquo;une question que se posent des millions de parents : « Grandir connecté ? ». Une journée entière consacrée au rapport des jeunes aux écrans, avec des chercheurs, des enseignants, des acteurs de terrain et des citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;y invite chacune et chacun. Non pour y entendre des certitudes toutes faites, mais pour y confronter des expériences et des savoirs. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;avance une association qui refuse les slogans : en réunissant autour de la table celles et ceux qui vivent ces questions au quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon vœu, au fond, est simple. Que l&rsquo;éducation à la citoyenneté numérique soit enfin reconnue pour ce qu&rsquo;elle est : un pilier de nos démocraties, au même titre que l&rsquo;éducation civique d&rsquo;hier. Former nos enseignants, généraliser cette éducation dès l&rsquo;école, en faire une priorité partagée plutôt qu&rsquo;une option : voilà le combat concret que je continuerai de porter, à la Chambre comme sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux, pour finir, saluer le travail des équipes de Citoyens Numériques. En un an, elles ont transformé une conviction en une structure crédible, reconnue par les pouvoirs publics. Je me réjouis de voir grandir cette association qui agit au service d&rsquo;une démocratie 2.0 — un espace où le numérique demeure, pour tous, un espace de confiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://citoyensnumeriques.be/apropos/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Citoyens Numériques — À propos</a></li>
<li><a href="https://www.mathieumichel.be/lancement-de-citoyens-numeriques-pour-une-democratie-2-0/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mathieu Michel — Lancement de Citoyens Numériques</a></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/citoyens-numeriques-remporte-une-partie-du-marche-public-de-lifpc-pour-la-formation-des-enseignants/">Citoyens Numériques remporte une partie du marché public de l&rsquo;IFPC pour la formation des enseignants</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Baisser l&#8217;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 10:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133568</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Chambre a voté la première partie de la réforme fiscale. Rendre le travail plus payant est juste, à condition de cibler, financer et protéger la solidarité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/">Baisser l&rsquo;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-3"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Ce que la Chambre vient de voter</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p>En ce début de vacances, la Chambre des représentants a adopté la première partie de la réforme fiscale portée par la coalition Arizona. La mesure phare est la plus lisible : le relèvement de la quotité du revenu exemptée d&rsquo;impôt. Aujourd&rsquo;hui, chacun d&rsquo;entre nous bénéficie d&rsquo;une première tranche de revenu, d&rsquo;un peu plus de 10.910 euros, sur laquelle l&rsquo;État ne prélève rien. Cette tranche sera portée à 14.450 euros pour l&rsquo;exercice d&rsquo;imposition 2030, puis à 15.600 euros pour l&rsquo;exercice 2031.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le principe est ancien mais puissant. Plus la part de revenu exonérée est haute, plus le travail des bas et moyens revenus est allégé, en proportion. Une infirmière, un ouvrier, un jeune qui décroche son premier contrat : ce sont eux qui ressentent le plus vite, sur leur fiche de paie, ce type de mesure. C&rsquo;est là qu&rsquo;elle est la plus juste, parce qu&rsquo;elle profite d&rsquo;abord à ceux pour qui cent euros de plus par mois ne sont pas une abstraction comptable, mais un plein de courses, une facture d&rsquo;énergie, un peu d&rsquo;air.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->L&rsquo;effort budgétaire est réel. Le gouvernement chiffre l&rsquo;allègement à 772 millions d&rsquo;euros en 2028, avant de le porter à 3 milliards d&rsquo;euros l&rsquo;année suivante. Ce sont des montants qui engagent le pays pour longtemps. On ne peut pas se contenter de saluer la baisse d&rsquo;impôt sans regarder, dans le même mouvement, comment elle est financée et ce qu&rsquo;elle déplace ailleurs. Une réforme fiscale n&rsquo;est pas un cadeau tombé du ciel : c&rsquo;est un choix de société, avec des gagnants, des perdants et des contreparties.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Car la réforme ne se limite pas à la quotité exemptée. Elle pose aussi le principe de l&rsquo;imposition du revenu d&rsquo;intégration sociale, le RIS, comme revenu de remplacement. Et elle touche au quotient conjugal, ce mécanisme qui répartit le revenu au sein d&rsquo;un couple pour en alléger la fiscalité. Ces deux points méritent qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête, parce qu&rsquo;ils concernent les situations les plus fragiles et les équilibres familiaux, là où une mesure mal calibrée peut faire beaucoup de mal, sans bruit.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je le dis avec franchise : je soutiens l&rsquo;orientation générale de cette réforme. Rendre le travail plus payant est une bonne politique, et il n&rsquo;y a aucune honte à l&rsquo;assumer. Mais le rôle d&rsquo;un député n&rsquo;est pas d&rsquo;applaudir un cap, il est de vérifier la trajectoire. Et sur la trajectoire, tout se joue dans le ciblage et le financement. Le diable, comme souvent, se cache dans les détails d&rsquo;application.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il faut aussi être honnête sur le calendrier. Les effets pleins de la mesure ne se feront sentir qu&rsquo;aux exercices d&rsquo;imposition 2030 et 2031. Entre l&rsquo;annonce et la fiche de paie, il y a donc plusieurs années, et beaucoup de choses peuvent bouger d&rsquo;ici là. Raison de plus pour verrouiller dès maintenant la logique de la réforme et ne pas la laisser se déformer au fil des arbitrages budgétaires.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient le poids qui pèse sur le travail</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Pour comprendre le débat d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il faut faire un pas en arrière. La Belgique figure, de longue date, parmi les pays où le travail est le plus lourdement taxé. Ce n&rsquo;est pas un accident. C&rsquo;est le produit d&rsquo;une histoire, celle d&rsquo;un État social bâti après la guerre, financé pour l&rsquo;essentiel sur les épaules de ceux qui travaillent.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ce choix avait sa logique. Dans une société de plein emploi, taxer le travail permettait de financer des solidarités larges : la santé, les pensions, le chômage, la famille. Le système a protégé des générations entières, amorti des crises, tenu debout des familles frappées par la maladie ou la perte d&rsquo;un emploi. Il serait injuste, et un peu ingrat, de le caricaturer. Mais un instrument conçu pour un monde ne convient pas toujours au suivant.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Or le monde a changé. Le capital est devenu plus mobile que le travail : il traverse les frontières d&rsquo;un clic, tandis que le salarié, lui, reste ancré là où il vit. La population vieillit, ce qui alourdit mécaniquement les dépenses de pension et de soins. Et la concurrence entre pays s&rsquo;est durcie. Continuer à faire peser l&rsquo;essentiel de l&rsquo;effort sur le travail, c&rsquo;est décourager précisément ce que l&rsquo;on veut encourager : l&rsquo;activité, l&rsquo;initiative, l&rsquo;envie de prendre un emploi plutôt que de rester à sa marge.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Les gouvernements successifs l&rsquo;ont senti. Les tentatives de rééquilibrage, de tax shift, de réforme fiscale ne datent pas d&rsquo;hier. Elles se heurtent toujours au même mur : baisser l&rsquo;impôt sur le travail suppose de trouver l&rsquo;argent ailleurs, ou de réduire la dépense. C&rsquo;est un exercice de vérité, jamais un tour de magie. Chaque fois qu&rsquo;un responsable politique promet la baisse sans jamais nommer la contrepartie, il abîme un peu plus la confiance.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La réforme Arizona s&rsquo;inscrit dans cette longue histoire. Elle n&rsquo;invente pas le problème, elle propose une réponse. Le juger, c&rsquo;est donc moins débattre du principe que de la méthode : qui allège-t-on d&rsquo;abord, et au prix de quoi ? C&rsquo;est à cette question, et non aux slogans, que je veux répondre.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->On oublie trop souvent une chose simple : la manière dont un pays taxe raconte ce qu&rsquo;il valorise. Taxer lourdement le travail, c&rsquo;est envoyer un signal décourageant à celui qui produit. Rééquilibrer, c&rsquo;est réaffirmer que l&rsquo;effort mérite récompense. Ce n&rsquo;est pas seulement de la technique fiscale, c&rsquo;est un message adressé à toute une société sur la place qu&rsquo;elle réserve à ceux qui se lèvent le matin.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : moins d&rsquo;impôt contre plus de solidarité</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Dès qu&rsquo;une baisse d&rsquo;impôt est annoncée, le débat se fige en deux camps. D&rsquo;un côté, ceux qui n&rsquo;y voient qu&rsquo;un cadeau et redoutent le démantèlement de la protection sociale. De l&rsquo;autre, ceux qui réclament toujours moins d&rsquo;État sans jamais dire ce qu&rsquo;ils cesseraient de financer. Ce face-à-face est confortable, parce qu&rsquo;il permet à chacun de rester dans son rôle. Il est surtout faux.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il est faux parce qu&rsquo;il oppose deux choses qui, bien pensées, se renforcent. Un pays qui rend le travail payant crée de l&rsquo;activité, donc des recettes, donc les moyens de sa solidarité. Une solidarité soutenable, à l&rsquo;inverse, suppose une économie qui tourne et des travailleurs qui ne se sentent pas punis d&rsquo;aller travailler. Ce ne sont pas deux adversaires. Ce sont les deux jambes d&rsquo;un même corps : coupez-en une, et l&rsquo;ensemble tombe.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La vraie question n&rsquo;est pas le montant de l&rsquo;impôt, c&rsquo;est sa structure. Un système peut prélever beaucoup et mal, en frappant surtout le travail des classes moyennes tout en laissant filer des niches et des régimes d&rsquo;exception. Il peut aussi prélever de manière plus lisible, plus large, plus juste. Le philosophe John Rawls, dans sa Théorie de la justice publiée en 1971, rappelait qu&rsquo;une société équitable se juge à la situation qu&rsquo;elle réserve à ses membres les plus vulnérables. Une baisse d&rsquo;impôt bien conçue ne contredit pas ce principe. Elle peut le servir, à condition de ne pas se financer sur le dos du filet social.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->C&rsquo;est pourquoi je regarde de près l&rsquo;imposition de principe du revenu d&rsquo;intégration. Sur le papier, aligner ce revenu de remplacement sur les autres a une cohérence. Dans la vraie vie, il s&rsquo;agit du dernier filet, celui qui empêche des personnes de basculer dans la rue. Toute évolution doit ici être limpide et protéger le pouvoir d&rsquo;achat réel des bénéficiaires, sinon on soulage le travail d&rsquo;une main en fragilisant la dignité de l&rsquo;autre. La cohérence fiscale ne doit jamais servir d&rsquo;alibi à un recul social.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Nommer ce faux débat, ce n&rsquo;est pas botter en touche. C&rsquo;est refuser une paresse intellectuelle qui arrange tout le monde et n&rsquo;aide personne. Parler vrai aux citoyens, y compris sur les arbitrages difficiles, est à mes yeux un acte profondément libéral. Traiter les gens en adultes, c&rsquo;est leur dire d&rsquo;où vient l&rsquo;argent et où il va.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux être clair sur un point qui me tient à cœur : défendre les plus fragiles n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage d&rsquo;un camp. On peut croire à la liberté, à l&rsquo;initiative, à la récompense de l&rsquo;effort, et refuser en même temps qu&rsquo;un pays laisse tomber ceux qui trébuchent. C&rsquo;est même, pour moi, le sens profond du libéralisme : l&rsquo;autonomie pour tous, y compris pour ceux qui partent de plus loin.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Ce que je propose</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ma conviction tient en une phrase : il faut baisser l&rsquo;impôt sur le travail, mais le faire de manière ciblée, financée et lisible. Trois exigences, pas une seule. Retirer l&rsquo;une des trois, et la réforme se retourne contre ceux qu&rsquo;elle prétend aider.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Cibler, d&rsquo;abord. L&rsquo;allègement doit bénéficier en priorité aux bas et moyens revenus du travail, là où chaque euro rendu change concrètement une vie et où l&rsquo;effet sur l&#8217;emploi est le plus fort. Le relèvement de la quotité exemptée va dans ce sens. Il faut en faire le cœur de la réforme, pas un accessoire, et résister à toute tentation d&rsquo;en diluer le bénéfice vers le haut de l&rsquo;échelle, où il pèsera lourd pour le budget et changera peu de choses au quotidien.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Financer, ensuite. Une baisse d&rsquo;impôt crédible ne se paie ni en creusant la dette, que nos enfants rembourseront, ni en rabotant les protections. Elle se finance en élargissant la base et en s&rsquo;attaquant aux niches et aux régimes d&rsquo;exception qui minent le consentement à l&rsquo;impôt. Chaque dérogation devrait être justifiée par son utilité réelle, évaluée, et supprimée si elle ne sert plus. C&rsquo;est un travail ingrat, sans photo à la clé, mais c&rsquo;est le seul honnête.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Rendre lisible, enfin. Notre fiscalité est devenue un maquis que peu de citoyens comprennent, ce qui nourrit le sentiment d&rsquo;injustice et le soupçon que d&rsquo;autres, mieux conseillés, échappent à l&rsquo;effort commun. Un filet social doit rester simple à saisir : on doit toujours savoir ce à quoi l&rsquo;on a droit et pourquoi. La complexité n&rsquo;est pas une vertu, c&rsquo;est souvent le refuge des privilèges.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Alors soutenons cette réforme, oui. Mais exigeons qu&rsquo;elle reste fidèle à sa promesse : soulager le travail sans casser la solidarité. Ce n&rsquo;est pas un compromis mou entre deux camps. C&rsquo;est une ligne de crête, celle d&rsquo;un libéralisme social qui croit à la fois à la récompense de l&rsquo;effort et à la protection des plus faibles. C&rsquo;est sur cette ligne, exigeante et parfois inconfortable, que je continuerai de me tenir.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Enfin, je propose que chaque grande mesure fiscale soit assortie d&rsquo;une évaluation publique, quelques années après son entrée en vigueur : combien a-t-elle coûté, qui a-t-elle réellement aidé, a-t-elle tenu ses promesses. Trop de réformes sont votées puis oubliées, sans jamais qu&rsquo;on vérifie si elles ont marché. Rendre des comptes sur les résultats, ce n&rsquo;est pas de la défiance envers l&rsquo;action publique, c&rsquo;est du respect envers le contribuable.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:list -->
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/la-chambre-approuve-la-premiere-partie-de-la-reforme-fiscale-de-l-arizona-11755772" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — la Chambre approuve la première partie de la réforme fiscale de l&rsquo;Arizona</a></li>
<li><a href="https://www.vbo-feb.be/fr/nouvelles/nouveautes-fiscales-en-2026-%E2%88%92-quest-ce-qui-change-pour-vous-clone/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">VBO-FEB — nouveautés fiscales en 2026</a></li>
<li><a href="https://etax.be/fr/reforme-fiscale-belgique-gouvernement-arizona/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Etax — la réforme fiscale du gouvernement Arizona</a></li>
</ul>
<!-- /wp:list -->
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-3" data-row="script-row-unique-3" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-3"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/">Baisser l&rsquo;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Annualiser le temps de travail : une réforme qui épouse enfin la vie réelle</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/annualiser-le-temps-de-travail-une-reforme-qui-epouse-enfin-la-vie-reelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 12:15:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133600</guid>

					<description><![CDATA[<p>Annualiser le temps de travail : pourquoi je soutiens la réforme Clarinval validée le 18 juillet. Flexibilité pour l'entreprise, protection pour le salarié.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/annualiser-le-temps-de-travail-une-reforme-qui-epouse-enfin-la-vie-reelle/">Annualiser le temps de travail : une réforme qui épouse enfin la vie réelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">On ne travaille plus comme en 1970</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On travaille en 2026 comme on ne travaillait pas en 1970. Les rythmes de nos entreprises ont changé, les attentes des salariés aussi. Un chocolatier croule sous les commandes à Pâques et à la Saint-Nicolas, puis tourne au ralenti en juillet. Un parent voudrait donner un coup de collier au printemps pour souffler avec ses enfants pendant les vacances d&rsquo;été. Jusqu&rsquo;ici, notre droit du travail répondait à ces réalités mouvantes avec un outil rigide : la semaine. Toujours la même, calculée à l&rsquo;identique, du 1er janvier au 31 décembre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que change la réforme</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme portée par David Clarinval, validée par le gouvernement le 18 juillet, corrige ce décalage. Le principe est simple : plutôt que de compter le temps de travail semaine par semaine, on pourra le lisser sur l&rsquo;année entière, autour d&rsquo;une moyenne inchangée de 38 heures. Davantage d&rsquo;heures quand l&rsquo;activité l&rsquo;exige, moins quand elle retombe. Ce sont les « horaires accordéon ». Rien de révolutionnaire dans l&rsquo;idée — plusieurs de nos voisins européens la pratiquent déjà — mais une modernisation attendue de longue date.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois garanties : une réforme d&rsquo;équilibre, pas de dérégulation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je soutiens cette mesure parce qu&rsquo;elle repose sur ce qui fonde ma vision du travail : la liberté encadrée, jamais la contrainte. Trois garanties en font une réforme d&rsquo;équilibre et non de dérégulation. D&rsquo;abord, rien ne s&rsquo;impose : le dispositif ne s&rsquo;applique qu&rsquo;avec l&rsquo;accord explicite du travailleur. Personne ne peut être forcé d&rsquo;adopter ces horaires. Ensuite, le salaire reste stable chaque mois, indépendamment du nombre d&rsquo;heures réellement prestées sur une période donnée. On ne gagne pas moins en juillet parce qu&rsquo;on a moins produit. Enfin, le plafond légal de 38 heures en moyenne demeure : il ne s&rsquo;agit pas de faire travailler plus, mais de faire travailler autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cette combinaison — flexibilité pour l&rsquo;entreprise, protection pour le salarié — qui répond à la manière dont on travaille aujourd&rsquo;hui. Pour un secteur saisonnier, l&rsquo;annualisation offre une alternative intelligente au recours systématique au chômage temporaire dans les creux. Pour un salarié, elle ouvre une possibilité concrète de mieux articuler vie professionnelle et vie familiale, sans perte de revenu. La flexibilité, ici, n&rsquo;est pas un mot creux au service de l&#8217;employeur : c&rsquo;est un espace de liberté partagé, à condition qu&rsquo;il soit consenti.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entendre les réserves, soigner la mise en œuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je n&rsquo;ignore pas les réserves. Les syndicats redoutent une pression implicite de l&#8217;employeur et une perte de prévisibilité, particulièrement lourde pour les familles monoparentales. La critique est légitime et mérite d&rsquo;être entendue, pas balayée. Mais la réponse ne se trouve pas dans le refus de la réforme — elle se trouve dans la qualité de sa mise en œuvre. C&rsquo;est bien pour cela que le caractère volontaire de l&rsquo;accord et la garantie salariale sont non négociables, et que la discussion sur une compensation du pouvoir d&rsquo;achat, portée au sein même du gouvernement, a toute sa place. Une réforme de ce type se juge à ses garde-fous autant qu&rsquo;à son principe. Sur ce point, la vigilance parlementaire sera de mise, et je m&rsquo;y engagerai.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moderniser le marché du travail, ce n&rsquo;est pas opposer l&rsquo;entreprise au salarié. C&rsquo;est reconnaître que les deux ont intérêt à des règles qui collent au réel plutôt qu&rsquo;à un cadre pensé pour un monde qui n&rsquo;existe plus. L&rsquo;annualisation, correctement encadrée, va dans ce sens. C&rsquo;est une réforme de confiance, d&rsquo;équilibre et de flexibilité — au bénéfice des travailleurs comme des employeurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.lalibre.be/dernieres-depeches/2026/07/18/le-gouvernement-valide-lannualisation-du-temps-de-travail-OEFXFGAFDBAWBEWB54Y2P42J3M/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Libre — Le gouvernement valide l&rsquo;annualisation du temps de travail</a></li>
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/annualisation-du-temps-de-travail-une-avancee-pour-le-monde-patronal-un-recul-pour-les-syndicats-11759790" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — Annualisation du temps de travail : une avancée pour le patronat, un recul pour les syndicats</a></li>
<li><a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/07/18/le-gouvernement-de-wever-boucle-plusieurs-dossiers-cles-avant-les-vacances-voici-tout-ce-qui-va-changer-V3CFU774KFH7PPF77APS2OA6KU/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Libre — Le gouvernement De Wever boucle plusieurs dossiers avant les vacances</a></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/annualiser-le-temps-de-travail-une-reforme-qui-epouse-enfin-la-vie-reelle/">Annualiser le temps de travail : une réforme qui épouse enfin la vie réelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Fraude sociale, fraude fiscale : un citoyen n&#8217;est pas un suspect par défaut</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/fraude-sociale-fraude-fiscale-un-citoyen-nest-pas-un-suspect-par-defaut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 12:03:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133599</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un avant-projet autoriserait les CPAS à engager des détectives privés contre la fraude sociale. Pourquoi je m'y oppose : un citoyen n'est pas un suspect.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/fraude-sociale-fraude-fiscale-un-citoyen-nest-pas-un-suspect-par-defaut/">Fraude sociale, fraude fiscale : un citoyen n&rsquo;est pas un suspect par défaut</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-4"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Une ligne à ne pas franchir</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il faut parfois un élu de terrain pour rappeler à tout un pays où passe une ligne. Cette semaine, à Waterloo, le président du CPAS Raphaël Szuma l&rsquo;a fait en une phrase : « Un CPAS n&rsquo;est pas un service de traque. Cette ligne, je ne la franchirai pas. » Il ajoute que faire de la politique, c&rsquo;est aussi savoir dire non. Il a raison, et je tiens à le soutenir publiquement.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->De quoi parle-t-on ? D&rsquo;un avant-projet de loi, adopté en première lecture par le Conseil des ministres le 29 juin 2026, qui autoriserait les CPAS à confier leurs enquêtes sociales à des sociétés de détectives privés pour débusquer les fraudeurs présumés — cohabitations non déclarées, biens dissimulés à l&rsquo;étranger. Sur le papier, l&rsquo;intention se défend : personne de sérieux ne conteste qu&rsquo;il faille lutter contre la fraude sociale, qui détourne la solidarité de ceux qui en ont réellement besoin. Mais une intention légitime ne justifie pas n&rsquo;importe quel moyen. Et celui-là franchit une ligne rouge.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">La surveillance publique a déjà ses institutions</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Confier à des officines privées le soin d&rsquo;espionner des citoyens, c&rsquo;est inverser le rapport entre l&rsquo;État et la personne. Dans une société libérale, l&rsquo;État ne présume pas la culpabilité : il l&rsquo;établit, par ses institutions, sous le contrôle du droit et du juge.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Or, comme le rappelle Raphaël Szuma, « la lutte contre la fraude sociale et fiscale a déjà ses institutions, ses inspecteurs, ses moyens légaux ». Nous avons des inspecteurs sociaux assermentés, un cadre, des recours. Sous-traiter la surveillance à des acteurs privés rémunérés pour trouver des coupables, sans les garanties qui encadrent la puissance publique, ce n&rsquo;est pas moderniser le contrôle : c&rsquo;est l&rsquo;affranchir de ses limites.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;histoire récente devrait nous servir de leçon</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas la première fois que la question se pose, et l&rsquo;histoire récente devrait nous servir de leçon. En janvier 2019, le CPAS d&rsquo;Anvers avait déjà eu recours à des détectives privés. Le ministre de l&rsquo;Intégration sociale de l&rsquo;époque, Denis Ducarme, avait fait procéder à un contrôle juridique : les enquêtes violaient le secret professionnel et étaient illégales. Le CPAS avait dû y renoncer.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->« Nous devons lutter efficacement contre la fraude sociale, mais tout en restant dans les limites de la légalité », disait-il alors. Sept ans plus tard, la même idée revient — sans que les objections de fond, elles, aient disparu.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Pas deux poids, deux mesures selon le compte en banque</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux ici assumer une cohérence. Je me suis battu contre cette même logique lorsqu&rsquo;elle visait le contribuable : la tentation de la surveillance généralisée, du croisement de données et des pouvoirs d&rsquo;investigation étendus qui traitent chaque citoyen comme un fraudeur qu&rsquo;il faudrait démasquer. J&rsquo;estimais alors que l&rsquo;État n&rsquo;a pas à considérer ses contribuables comme suspects par défaut. Je le pense exactement pour la même raison lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un allocataire social.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ce qui est inacceptable dans un sens l&rsquo;est dans l&rsquo;autre. On ne peut pas défendre la vie privée du contribuable et l&rsquo;abandonner pour le bénéficiaire de l&rsquo;aide sociale : les principes n&rsquo;ont pas deux poids et deux mesures selon le compte en banque de celui qu&rsquo;on surveille.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Car c&rsquo;est bien de cela qu&rsquo;il s&rsquo;agit, au fond. Un État qui commence à considérer ses citoyens comme des fraudeurs jusqu&rsquo;à preuve du contraire a déjà changé de nature. Et un État qui délègue à des détectives privés le soin d&rsquo;espionner ses citoyens franchit une ligne que le libéralisme, depuis Constant et Tocqueville, s&rsquo;est précisément constitué pour défendre : celle qui protège l&rsquo;individu contre l&rsquo;arbitraire, d&rsquo;où qu&rsquo;il vienne. La solidarité et la liberté ne s&rsquo;opposent pas. Elles se tiennent. Un CPAS incarne la première ; il ne peut pas être l&rsquo;instrument qui abîme la seconde.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Lutter contre la fraude, oui — sérieusement, avec des institutions solides, des données fiables et le respect du droit. Améliorer nos bases de données, renforcer nos inspections, coopérer entre administrations : voilà le vrai chantier. Mais transformer nos centres publics d&rsquo;action sociale en agences de renseignement, non. Sur ce point, la position de Raphaël Szuma n&rsquo;est pas un caprice local : c&rsquo;est la boussole libérale. Je la partage entièrement.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
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<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/gouvernement-federal-les-cpas-pourront-engager-des-detectives-pour-lutter-contre-la-fraude-sociale-11753000" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — Les CPAS pourront engager des détectives pour lutter contre la fraude sociale</a></li>
<li><a href="https://news.belgium.be/fr/possibilite-de-recherche-privee-dans-le-cadre-de-lenquete-sociale-des-cpas" target="_blank" rel="noreferrer noopener">News.belgium — Possibilité de recherche privée dans le cadre de l&rsquo;enquête sociale des CPAS</a></li>
<li><a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/07/06/des-detectives-prives-payes-par-les-cpas-pour-reperer-les-fraudeurs-qui-cohabitent-sans-le-dire-ou-qui-ont-une-maison-a-letranger-MRQ3PKK6QJCMXKEZH4LWN4XBFA/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La Libre — Des détectives privés payés par les CPAS ?</a></li>
<li><a href="https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2019/01/18/le-cpas-d_anvers-ne-peut-plus-avoir-recours-a-des-detectives-pri/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">VRT (2019) — Le CPAS d&rsquo;Anvers ne peut plus avoir recours à des détectives privés</a></li>
</ul>
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		<title>La désinformation n&#8217;a plus besoin de nous tromper : il lui suffit de nous saturer</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/la-desinformation-na-plus-besoin-de-nous-tromper-il-lui-suffit-de-nous-saturer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 11:58:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Citoyenneté numérique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133556</guid>

					<description><![CDATA[<p>La désinformation ne cherche plus à tromper, mais à saturer. La réponse n'est ni la censure ni le laisser-faire : réguler l'amplification.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-desinformation-na-plus-besoin-de-nous-tromper-il-lui-suffit-de-nous-saturer/">La désinformation n&rsquo;a plus besoin de nous tromper : il lui suffit de nous saturer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-5"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p>Nous avons tous en tête une certaine image de la désinformation : un faux, une rumeur, un mensonge qu&rsquo;il faudrait démentir. Cette image est rassurante, parce qu&rsquo;elle suppose une solution simple : opposer le vrai au faux. Mais elle ne correspond plus à ce qui se passe réellement, et cet écart entre notre représentation et la réalité est en train de nous coûter cher.</p>
<p>Lors des élections hongroises d&rsquo;avril 2026, selon les éléments disponibles, des campagnes domestiques massives portées par des contenus générés par intelligence artificielle ont été diffusées à très grande échelle sur les réseaux sociaux. Le fait notable, souligné par les observateurs, est que leur efficacité ne tenait pas à leur capacité à tromper l&rsquo;internaute. Elle tenait à leur volume, à leur omniprésence, à leur manière de jouer sur les émotions. Ce déplacement mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête, car il change tout.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 class="wp-block-heading">Du mensonge à la saturation</h2>
<p>La désinformation classique voulait faire croire quelque chose de faux. Elle avait donc un point faible : on pouvait la vérifier, la contredire, la corriger. Le fact-checking, cette patiente entreprise de vérification, était la réponse adaptée à cette menace-là.</p>
<p>Mais la mécanique a changé de nature. Ce qui opère aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est plus principalement la tromperie ; c&rsquo;est la saturation. Une intelligence artificielle produit mille variantes d&rsquo;un message pendant qu&rsquo;on en vérifie une seule. Le but n&rsquo;est plus tant de convaincre que d&rsquo;inonder, de créer un environnement où tout est contesté, où chaque affirmation trouve son contraire, où la distinction entre le vrai et le faux s&rsquo;épuise à force d&rsquo;être sollicitée.</p>
<p>Et le résultat n&rsquo;est pas que les gens croient au faux. C&rsquo;est qu&rsquo;ils finissent par ne plus rien croire du tout. C&rsquo;est cela, le vrai danger. Hannah Arendt l&rsquo;avait pressenti en analysant les régimes totalitaires : le propre de leur propagande n&rsquo;était pas de faire adhérer à un mensonge précis, mais de détruire la capacité même de distinguer le vrai du faux, jusqu&rsquo;à ce que les gens, ne sachant plus à quoi se fier, ne se fient plus qu&rsquo;à leur camp. Un citoyen qui ne croit plus rien ne délibère plus. Il ne pèse plus les arguments : il choisit par affinité tribale, par appartenance, par réflexe. Et une démocratie où l&rsquo;on ne délibère plus, où l&rsquo;on ne fait qu&rsquo;appartenir, a perdu ce qui la faisait tenir.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : censure contre laisser-faire</h2>
<p>Face à cela, on nous présente deux options, et toutes deux sont mauvaises. La première serait la censure : confier à quelqu&rsquo;un le soin de trier les contenus, d&rsquo;effacer les faux, d&rsquo;autoriser les vrais. Outre qu&rsquo;elle est techniquement illusoire à l&rsquo;échelle des flux, elle est démocratiquement dangereuse : qui tranchera, et au nom de quoi ?</p>
<p class="wp-block-paragraph">La seconde serait le laisser-faire : ne rien toucher, au nom de la liberté d&rsquo;expression, et espérer que le marché des idées s&rsquo;autorégule. Mais un marché saturé artificiellement n&rsquo;a plus rien d&rsquo;un marché libre.</p>
<p>Ce partage entre censure et laisser-faire est un piège, parce qu&rsquo;il fixe le regard au mauvais endroit : sur le contenu. Or ce n&rsquo;est pas la publication d&rsquo;un message qui pose problème, chacun a le droit de dire des choses fausses, c&rsquo;est même une liberté que je défends. Ce qui pose problème, c&rsquo;est l&rsquo;amplification : le fait qu&rsquo;un message marginal soit poussé, dupliqué, distribué à des millions de personnes par une mécanique algorithmique. La liberté d&rsquo;expression protège le droit de parler. Elle n&rsquo;a jamais garanti le droit d&rsquo;être artificiellement amplifié.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 class="wp-block-heading">Réguler l&rsquo;amplification, former les esprits</h2>
<p>De ce déplacement du regard découle ma première proposition. La régulation efficace ne doit pas porter sur les contenus, mais sur leur amplification. Concrètement : imposer aux très grandes plateformes, une traçabilité auditée de l&rsquo;amplification générée par leurs algorithmes. Que l&rsquo;on puisse savoir, sous le contrôle d&rsquo;une autorité indépendante, ce qui a été poussé, vers combien de personnes, selon quels critères. Non pour censurer les messages, mais pour rendre visible la mécanique qui les démultiplie. La transparence de l&rsquo;amplification est une exigence démocratique, pas une atteinte à la liberté d&rsquo;expression, elle en est même la condition, car une liberté d&rsquo;expression où quelques-uns disposent d&rsquo;une amplification invisible n&rsquo;est plus égale.</p>
<p>Mais aucune régulation ne suffira si elle est seule. D&rsquo;où ma seconde proposition, qui me tient particulièrement à cœur : investir massivement dans l&rsquo;éducation à la citoyenneté numérique. C&rsquo;est la seule défense qui ne dépende ni du bon vouloir des plateformes, ni de la rapidité des régulateurs, parce qu&rsquo;elle est logée là où aucun algorithme ne peut l&rsquo;atteindre — dans le jugement des personnes. Former des esprits capables de reconnaître une manipulation, de suspendre leur réaction, de vérifier avant de partager, c&rsquo;est bâtir une résilience durable plutôt que de courir sans fin derrière les mensonges.</p>
<p>Car au fond, on ne protège pas une démocratie en corrigeant des mensonges un à un — c&rsquo;est un combat perdu d&rsquo;avance contre une machine qui en produit mille pour chaque correction. On la protège en formant des citoyens capables de les repérer eux-mêmes. La vérité ne se décrète pas d&rsquo;en haut ; elle se cultive, patiemment, dans les esprits. C&rsquo;est plus lent, c&rsquo;est moins spectaculaire, mais c&rsquo;est la seule voie qui tienne.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<p>&nbsp;</p>
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membres/tiktok-ia-faux-comptes-le-mode-d-emploi-des-nouvelles-manipulations-electorales-en-europe/" target="_blank" rel="noopener">TikTok, IA, faux comptes : le mode d&#8217;emploi des nouvelles manipulations électorales en Europe — Toute l&rsquo;Europe</a></li>
<li><a href="https://centredecrise.be/fr/risques-en-belgique/risques-pour-la-securite/desinformation/desinformation-et-influence-pendant-les" target="_blank" rel="noopener">Désinformation et influence pendant les élections — Centre de crise national (Belgique)</a></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-5" data-row="script-row-unique-5" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-5"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-desinformation-na-plus-besoin-de-nous-tromper-il-lui-suffit-de-nous-saturer/">La désinformation n&rsquo;a plus besoin de nous tromper : il lui suffit de nous saturer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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