<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Mathieu Michel</title>
	<atom:link href="https://www.mathieumichel.be/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.mathieumichel.be/</link>
	<description>Liberté. Innovation. Responsabilité.</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Jun 2026 08:27:41 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-BE</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2025/10/cropped-logo_mm_seul-scaled-1-32x32.png</url>
	<title>Mathieu Michel</title>
	<link>https://www.mathieumichel.be/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Le Palais de justice&#8230;</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/palais-de-justice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 13:12:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133475</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/palais-de-justice/">Le Palais de justice&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h1 class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal">La façade avant du Palais de justice de Bruxelles est enfin libérée de ses échafaudages.</h1>
<h4 class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal">Quarante ans qu&rsquo;on l&rsquo;avait recouverte au lieu de la soigner. Pour beaucoup, ce chantier était impossible. C&rsquo;était devenu un scandale dont tout le monde s&rsquo;indignait, mais dont personne ne voulait porter la charge.</h4>
<h4 class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal">Quand je suis devenu Secrétaire d&rsquo;État, j&rsquo;ai décidé d&rsquo;en faire l&rsquo;une de mes missions. Non pas pour être sur la photo de l&rsquo;inauguration mais pour prouver une chose simple : qu&rsquo;avec de la méthode et de la détermination, on peut encore réparer ce que tout le monde avait renoncé à réparer.</h4>
<h4 class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal">Voir réapparaître ces pierres aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est voir aboutir un travail lancé il y a des années. Et c&rsquo;est la plus belle des récompenses.</h4>
<h4 class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal">J&rsquo;ai voulu raconter cette histoire, l&rsquo;absurde, les blocages, ce qu&rsquo;elle dit de notre rapport au temps long et à l&rsquo;État, dans un chapitre d&rsquo;un livre que je prépare. Je vous en partage aujourd&rsquo;hui un extrait.</h4>
<h4>Bonne lecture.</h4>
<p>&nbsp;</p>
<h3 style="text-align: center;">Le Palais de justice (extrait)</h3>
<p style="font-weight: 400;">« Il y a, au sommet de Bruxelles, une montagne de pierre qu&rsquo;aucun Belge ne regarde plus, et que le monde entier vient pourtant voir : le Palais de justice. Le plus grand du monde. Et, depuis quarante ans, le plus humilié.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quelques chiffres, pour qu&rsquo;on mesure le monstre. Cent quatre-vingt-six mètres de long, cent septante-sept de large ; une coupole de vingt-quatre mille tonnes, juchée à cent quarante-deux mètres. À son inauguration, en 1883, c&rsquo;était le plus vaste édifice d&rsquo;Europe, une cathédrale laïque élevée à la gloire de la Justice, dessinée par Joseph Poelaert. Et voici le détail que je vous demande de retenir, car j&rsquo;y reviendrai : Poelaert est mort en 1879, quatre ans avant l&rsquo;achèvement. L&rsquo;homme qui a conçu ce géant n&rsquo;a jamais contemplé son œuvre debout.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quarante ans qu&rsquo;il disparaît sous des échafaudages. Quarante ans qu&rsquo;on l&rsquo;a recouvert au lieu de le soigner. Pour le passant, c&rsquo;est un scandale tranquille, de ceux auxquels on finit par ne plus prêter attention. Un scandale tout de même : le symbole d&rsquo;un État qui ne respecte plus sa pierre, son patrimoine, son histoire. Et, pire encore, le symbole d&rsquo;un État qui n&rsquo;est plus à la hauteur de sa tâche.</p>
<p style="font-weight: 400;">J&rsquo;ai là-dessus une conviction, presque une méthode. Si vous voulez savoir comment est tenu un restaurant, ne lisez pas la carte : allez voir la cuisine, et les toilettes. Et si vous voulez savoir comment un État se gouverne vraiment, ne lisez pas ses discours : regardez comment il entretient ses bâtiments. Or là, sur la plus haute colline de la capitale, l&rsquo;État belge donnait à voir, en très grand, ce qu&rsquo;il était devenu, un pays qui n&rsquo;achève rien, qui recouvre ce qu&rsquo;il ne sait plus réparer, et qui finit par s&rsquo;habituer à ses propres ruines.</p>
<p style="font-weight: 400;">Aussi, quand j&rsquo;ai compris que l&rsquo;une de mes missions de Secrétaire d’Etat pourrait être de retirer ces échafaudages, j&rsquo;ai été heureux comme un enfant.</p>
<p style="font-weight: 400;">Heureux, parce que j&rsquo;allais pouvoir prouver une chose simple : que c&rsquo;était possible. Comprendre où le dossier était bloqué, et comment le débloquer. Sur le papier, c&rsquo;était presque facile pour moi , car j&rsquo;avais une chose que personne ne savait, une vraie expérience de la gestion du patrimoine immobilier public. En Brabant wallon, j&rsquo;avais mené, à plus petite échelle, de belles réalisations. Hormis la taille du monstre, je savais faire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Facile sur le papier. Dans les faits, une autre paire de manches. Et je l&rsquo;ai compris très vite : le vrai obstacle n&rsquo;était pas technique. Il était politique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Car tout le monde s&rsquo;indignait de ces échafaudages. Mais tout le monde, aussi, avait mieux à faire que de s&rsquo;en occuper.</p>
<p style="font-weight: 400;">C&rsquo;est l&rsquo;un des grands secrets de la vie publique, et l&rsquo;un de ses pièges les plus sournois : un sujet peut être assez important pour qu&rsquo;on s&rsquo;en indigne, et pas assez pour qu&rsquo;on en fasse une priorité. Le Palais de justice était exactement cela : un scandale consensuel, dont chacun parlait et dont personne ne voulait porter la charge.</p>
<p style="font-weight: 400;">Quand j&rsquo;ai annoncé que je retirerais ces échafaudages, je m&rsquo;attendais à de l&rsquo;enthousiasme. J&rsquo;ai reçu une avalanche de pessimisme. « Impossible. » « Tu n&rsquo;y arriveras jamais. » « Il est fou. » J&rsquo;en fus sidéré. Ce qui me semblait un acte banal et essentiel relevait, pour les autres, de l&rsquo;exploit insensé. Je me souviens m&rsquo;être dit, presque naïvement : mais comment peut-on trouver cela impossible ? C&rsquo;est juste normal. Un État qui répare le plus grand palais de justice du monde, ce n&rsquo;est pas un miracle. C&rsquo;est la moindre des choses.</p>
<p style="font-weight: 400;">Restait à le faire. Et l&rsquo;histoire, ici, devient un petit chef-d&rsquo;œuvre d&rsquo;absurde belge, de celui qui ferait rire s&rsquo;il ne disait pas quelque chose de grave.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il fallut d&rsquo;abord se souvenir pourquoi ces échafaudages étaient là. La raison, vieille de quarante ans, n&rsquo;avait jamais été traitée : les façades, fragilisées par le temps, lâchaient régulièrement des morceaux de pierre sur les passants. Qu&rsquo;avait-on fait ? On avait posé des échafaudages pour retenir les chutes. Et l&rsquo;on avait considéré que c&rsquo;était réglé. Le provisoire, comme toujours, était devenu définitif.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il fallait donc accomplir le travail que personne n&rsquo;avait fait, mes prédécesseurs ayant eu, sans doute, des priorités qu&rsquo;ils jugeaient plus hautes, et c&rsquo;est leur droit : nous avons chacun nos personnalités, et les priorités qui en découlent. Pour ce travail, il fallait un cahier des charges. Pour ce cahier des charges, un relevé minutieux de chaque pierre à réparer. Et pour ce relevé, il fallait monter sur les échafaudages devenus, en quarante ans, vétustes et dangereux. Vous avez bien lu : pour pouvoir retirer les échafaudages, il a d&rsquo;abord fallu rénover les échafaudages que nous voulions retirer.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je vous épargne la version longue d&rsquo;une déjà trop longue histoire. Mais permettez-moi de la relier à ce rapport au temps long dont je vous parlais il y a quelques pages (livre à paraître), car il n&rsquo;y a pas de meilleure illustration : un pays qui, faute de regarder loin, dépense pour entretenir son problème au lieu de le résoudre.</p>
<p style="font-weight: 400;">L&rsquo;obsession de chaque journaliste, dans cette affaire, était d&rsquo;obtenir une date. Quand pourrais-je dire : c&rsquo;est fait ?</p>
<p style="font-weight: 400;">J&rsquo;ai toujours eu les dates en horreur, pour deux raisons. La première : annoncer une date, en politique, c&rsquo;est faire confiance à un système qui ne tient jamais ses promesses de calendrier. La seconde, plus profonde, je l&rsquo;ai déjà dite : pour moi, le temps n&rsquo;a pas d&rsquo;importance en soi. Le temps demande seulement qu&rsquo;on lui accorde ce dont il a besoin, lui-même, pour que les choses soient bien faites.</p>
<p style="font-weight: 400;">J&rsquo;ai pourtant fini par lâcher un délai qu&rsquo;on m&rsquo;avait glissé à l&rsquo;oreille. Une erreur. La réalité l&rsquo;a, bien sûr, fait voler en éclats. Mais cela m&rsquo;était, au fond, égal car je savais désormais une chose que rien ne pouvait défaire : le travail était lancé, et plus rien ne l&rsquo;arrêterait. L&rsquo;important n&rsquo;est pas de voir le chantier fini. L&rsquo;important, c&rsquo;est de le voir commencer. Et il a commencé le 16 octobre 2023, presque trois ans jour pour jour après mon entrée en fonction.</p>
<p style="font-weight: 400;">Je savais que je ne serais pas sur la photo de l&rsquo;inauguration. Le chantier ne s&rsquo;achèvera pas avant 2030, pour le bicentenaire de la Belgique, longtemps après mon départ. Cela m&rsquo;était égal.</p>
<p style="font-weight: 400;">Et comment ne pas songer, alors, à Poelaert lui-même ? Lui non plus ne fut jamais sur la photo : il est mort sans voir sa coupole coiffer Bruxelles. On a bâti des cathédrales sans jamais en voir l&rsquo;achèvement ; les tailleurs de pierre savaient qu&rsquo;ils mourraient avant la flèche, et ils taillaient quand même. J&rsquo;ai aimé être, modestement, de ceux-là, de ceux qui posent une pierre qu&rsquo;un autre couronnera. Et puis il y eut ce moment que je n&rsquo;oublierai pas : au printemps 2024, quand tomba le premier pan d&rsquo;échafaudage, ce fut un visage qui réapparut, le buste de Minerve, la déesse de la sagesse, dérobé aux regards depuis quarante ans. La sagesse qui ressurgit de dessous l&rsquo;oubli. La pierre, parfois, écrit de meilleurs symboles que les hommes.</p>
<p style="font-weight: 400;">Non, je n&rsquo;avais pas besoin d&rsquo;être sur la photo. Ce que j&rsquo;avais entrepris tiendrait sans moi et cela seul comptait.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ce palais, je dois l&rsquo;avouer, est devenu une part de moi-même.</p>
<p style="font-weight: 400;">Rempli de symboles, de fragilités et de forces à la fois, cabossé au-dedans comme au-dehors, je m&rsquo;y suis reconnu. Il est devenu un combat que je voulais mener pour une raison simple, et que j&rsquo;assume : prouver qu&rsquo;on pouvait encore réparer ce que tout le monde avait renoncé à réparer. Non pas contre quiconque mais contre le renoncement lui-même.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais il dit de moi davantage encore. Il dit mon amour et mon respect pour ceux qui nous ont précédés, pour ces gens qui aimaient faire rayonner la Belgique et son peuple. Il dit qu&rsquo;à mes yeux, le combat politique ne peut pas se réduire à reboucher les trous sans fond du déficit d&rsquo;un pays qui ne sait plus se reprendre en main. Il était, ce palais, le symbole d&rsquo;un pays qui se respecte. Car une nation, c&rsquo;est comme un homme : avant d&rsquo;aller travailler, elle doit d&rsquo;abord apprendre à refaire son lit. Comment se respecter comme peuple si l&rsquo;on ne respecte plus les symboles les plus sacrés de sa propre démocratie ?</p>
<p style="font-weight: 400;">Alors oui, le Palais de justice est devenu, pour moi, plus qu&rsquo;un projet, et même plus qu&rsquo;un symbole. Il est devenu une leçon ; celle que je voulais apporter à la politique belge.</p>
<p style="font-weight: 400;">La leçon est simple, et un peu cruelle. Ce qui semble essentiel aux uns paraît futile aux autres ; et le filtre politique, toujours, se charge de trancher entre les deux. Pendant ce temps, la politique se lève chaque matin, ne refait pas son lit, et retourne combler le trou sans fond de son déficit. J&rsquo;ai voulu, sur cette colline, prouver le contraire : qu&rsquo;avec un peu de méthode, de détermination et d&rsquo;obsession, on pouvait encore réparer ce qu&rsquo;on avait renoncé à réparer.</p>
<p style="font-weight: 400;">J&rsquo;avais gagné, sur la pierre, mon pari contre l&rsquo;inertie. Et j&rsquo;avais surtout vérifié une chose à laquelle je tiens plus qu&rsquo;à toute autre : que les œuvres qui comptent se mesurent en décennies, parfois en siècles. Poelaert a dessiné pour des hommes qu&rsquo;il ne connaîtrait jamais ; les tailleurs de cathédrales taillaient pour leurs arrière-petits-enfants. Le temps long est le temps des choses sérieuses, celui de la confiance, qui ne se bâtit que lentement, et de la responsabilité, qui se transmet de main en main comme une pierre qu&rsquo;un autre couronnera. On ne répare pas un palais de justice en un mandat. On ne répare pas un pays en un tweet. Les vraies fondations demandent du temps, et le courage d&rsquo;en accorder. »</p>
<p>(extrait d&rsquo;un livre à paraître&#8230; restez connectés&#8230;)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Crédit photos: Thomas Daems</p>
</div><div id="gallery-214744" class="un-media-gallery isotope-system isotope-general-light grid-general-light">
					
	
	<div class="isotope-wrapper grid-wrapper single-gutter" >
									<div class="isotope-container isotope-layout style-masonry" data-type="masonry" data-layout="masonry" data-lg="1000" data-md="600" data-sm="480">
<div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133525  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="0"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-133525" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1495-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133526  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="1"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133526" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-uai-720x480.jpg 720w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1503-1-uai-900x600.jpg 900w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133527  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="2"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133527" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1508-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133528  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="3"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133528" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1513-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133529  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="4"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133529" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1515-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133530  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 150%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-150x150.jpg" data-lg-size="960-1440" data-lb-index="5"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133530" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1.jpg" width="960" height="1440" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1.jpg 960w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-200x300.jpg 200w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-683x1024.jpg 683w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-768x1152.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-350x525.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1517-1-uai-720x1080.jpg 720w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133531  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="6"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133531" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1519-2-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133532  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="7"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133532" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1521-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133533  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 150%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-150x150.jpg" data-lg-size="960-1440" data-lb-index="8"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133533" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1.jpg" width="960" height="1440" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1.jpg 960w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-200x300.jpg 200w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-683x1024.jpg 683w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-768x1152.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-350x525.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1523-1-uai-720x1080.jpg 720w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133534  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="9"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133534" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1524-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133535  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="10"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133535" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1542-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133536  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 150%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-150x150.jpg" data-lg-size="960-1440" data-lb-index="11"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133536" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1.jpg" width="960" height="1440" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1.jpg 960w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-200x300.jpg 200w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-683x1024.jpg 683w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-768x1152.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-350x525.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1544-1-uai-720x1080.jpg 720w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div><div class="tmb tmb-iso-w4 tmb-iso-h4 tmb-light tmb-overlay-text-anim tmb-overlay-anim tmb-overlay-middle tmb-overlay-text-left tmb-image-anim tmb-bordered tmb-id-133537  tmb-media-first tmb-media-last tmb-content-overlay tmb-no-bg tmb-lightbox" ><div class="t-inside no-anim" ><div class="t-entry-visual"><div class="t-entry-visual-tc"><div class="t-entry-visual-cont"><div class="dummy" style="padding-top: 66.7%;"></div><a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1.jpg"  class="pushed" data-active="1" data-lbox="ilightbox_gallery-214744" data-external-thumb-image="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-150x150.jpg" data-lg-size="1920-1280" data-lb-index="12"><div class="t-entry-visual-overlay"><div class="t-entry-visual-overlay-in style-dark-bg" style="opacity: 0.5;"></div></div><img decoding="async" class="wp-image-133537" src="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1.jpg" width="1920" height="1280" alt="" srcset="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1.jpg 1920w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-300x200.jpg 300w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-768x512.jpg 768w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-350x233.jpg 350w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-1320x880.jpg 1320w, https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2026/06/DCVP1556-1-uai-720x480.jpg 720w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></a></div>
					</div>
				</div></div></div>			</div>
					</div>

	
	
	
</div>

</div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-0" data-row="script-row-unique-0" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-0"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/palais-de-justice/">Le Palais de justice&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Taxe sur les plus-values</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/taxe-sur-les-plus-values-taxer-le-capital-oui-improviser-non/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 04:13:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133466</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/taxe-sur-les-plus-values-taxer-le-capital-oui-improviser-non/">Taxe sur les plus-values</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-1"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h2><span class="s1"><b>Un mauvais débat </b></span></h2>
<p class="p2">La nouvelle taxe belge sur les plus-values financières a immédiatement ravivé l’un des débats les plus prévisibles de la vie politique. Pour certains, elle constitue enfin une contribution plus équitable des revenus du capital à l’effort collectif. Pour d’autres, elle représente une nouvelle pénalisation de l’investissement, de l’épargne et de l’entrepreneuriat.</p>
<p class="p2">Comme souvent en matière fiscale, les positions se sont rapidement cristallisées autour d’une question binaire : faut-il être pour ou contre la taxe ?</p>
<p class="p2">Or ce n’est probablement pas la question la plus intéressante.</p>
<p class="p2">Le débat mérite mieux qu’une opposition réflexe entre défenseurs de la redistribution et partisans de la liberté économique. Car au-delà du principe même de cette contribution, c’est la manière dont elle a été introduite qui interroge. Une démocratie peut parfaitement décider de taxer davantage certains revenus du capital. Elle ne devrait en revanche jamais considérer la prévisibilité du droit comme une variable secondaire.</p>
<p class="p2">La fiscalité n’est pas seulement un instrument de financement de l’action publique. Elle constitue aussi un langage que l’État utilise pour communiquer avec les citoyens, les épargnants et les investisseurs. Lorsque ce langage devient imprévisible, c’est la confiance elle-même qui se fragilise.</p>
<h2><span class="s1"><b>Taxer le capital n’est pas contraire à une vision libérale-sociale</b></span></h2>
<p class="p2">Dans le débat belge, le terme « taxe sur les plus-values » est souvent présenté comme une frontière idéologique. Comme si le simple fait de taxer les gains financiers suffisait à distinguer deux visions irréconciliables de la société.</p>
<p class="p2">La réalité est plus nuancée.</p>
<p class="p2">Une approche libérale-sociale n’a jamais considéré que les revenus du capital devaient être totalement exemptés de contribution. Une société moderne repose sur un équilibre entre création de richesse, mobilité sociale et financement des biens collectifs. Dans cette perspective, il n’est pas absurde que les revenus du travail et ceux du patrimoine participent tous deux à l’effort commun.</p>
<p class="p2">La véritable question est ailleurs : à quoi sert cette fiscalité ?</p>
<p class="p2">Si l’objectif consiste simplement à augmenter les recettes sans réforme d’ensemble, la mesure risque de devenir un prélèvement supplémentaire dans un système déjà complexe. Si, en revanche, son rendement contribue explicitement à alléger la fiscalité sur le travail, le débat change de nature.</p>
<p class="p2">La Belgique demeure l’un des pays où les prélèvements sur les revenus du travail figurent parmi les plus élevés d’Europe. Cette situation pèse sur le pouvoir d’achat, sur l’attractivité économique et sur l’incitation à l’emploi. Une réforme fiscale cohérente devrait chercher à rééquilibrer progressivement la charge entre différentes formes de revenus plutôt qu’à les accumuler.</p>
<p class="p2">Autrement dit, le principe d’une contribution du capital n’est pas nécessairement incompatible avec une philosophie libérale. Ce qui importe, c’est la cohérence de l’ensemble et la clarté des objectifs poursuivis.</p>
<h2><span class="s1"><b>Quand la loi arrive après l’impôt</b></span></h2>
<p class="p2">C’est précisément sur ce terrain que les difficultés apparaissent.</p>
<p class="p2">La nouvelle taxe sur les plus-values s’applique aux gains réalisés à partir du 1er janvier 2026. Pourtant, la loi qui l’instaure n’est entrée en vigueur que le 21 avril 2026. Pendant près de quatre mois, le principe fiscal existait donc dans les faits avant d’exister pleinement dans le droit positif.</p>
<p class="p2">Cette situation a contraint l’administration à organiser un régime transitoire spécifique pour la période comprise entre janvier et mai 2026. Juridiquement, le mécanisme vise à préserver la cohérence de la réforme. Politiquement, il envoie un signal plus problématique.</p>
<p class="p2">Dans un État de droit, les citoyens devraient pouvoir connaître les règles avant qu’elles ne produisent leurs effets.</p>
<p class="p2">Cette exigence n’est pas un détail procédural. Elle constitue l’un des fondements de la sécurité juridique. L’impôt occupe une place particulière dans la relation entre l’État et les citoyens parce qu’il touche directement à la propriété, à l’épargne et aux décisions économiques. Plus que dans d’autres domaines, la prévisibilité y est essentielle.</p>
<p class="p2">Lorsqu’une réforme fiscale est perçue comme rétroactive dans ses effets, même si elle respecte certaines subtilités juridiques, elle nourrit un sentiment d’incertitude qui dépasse largement son rendement budgétaire.</p>
<h2><span class="s1"><b>La confiance est aussi un capital</b></span></h2>
<p class="p2">Les économies modernes reposent sur une multitude de décisions prises chaque jour par des ménages, des investisseurs et des entrepreneurs. Acheter un logement, créer une entreprise, investir dans un fonds indiciel ou préparer sa retraite sont autant de choix qui supposent une certaine stabilité du cadre réglementaire.</p>
<p class="p2">Personne n’exige que la fiscalité demeure figée pour toujours. Les sociétés évoluent, les besoins collectifs changent et les systèmes fiscaux doivent s’adapter. Mais ces adaptations doivent respecter une règle simple : les citoyens doivent pouvoir anticiper les conséquences de leurs décisions.</p>
<p class="p2">La confiance économique fonctionne comme un capital invisible. Elle ne figure dans aucun budget et n’apparaît dans aucun bilan comptable. Pourtant, elle influence profondément le comportement des acteurs économiques.</p>
<p class="p2">Lorsqu’un investisseur craint que les règles puissent changer sans préavis, il devient plus prudent. Lorsqu’un entrepreneur doute de la stabilité fiscale, il reporte certains projets. Lorsqu’un épargnant a le sentiment que le cadre juridique devient imprévisible, il cherche davantage à se protéger qu’à investir.</p>
<p class="p2">Ces réactions ne relèvent pas de l’idéologie. Elles découlent simplement de l’incertitude.</p>
<p class="p2">Or une économie dynamique a besoin de visibilité autant que de capital.</p>
<h2><span class="s1"><b>Un État crédible est un État prévisible</b></span></h2>
<p class="p2">L’un des paradoxes des débats fiscaux est que l’on discute souvent du niveau des prélèvements sans suffisamment parler de la qualité des règles elles-mêmes.</p>
<p class="p2">Pourtant, deux systèmes fiscaux produisant le même rendement peuvent avoir des effets très différents selon leur degré de stabilité.</p>
<p class="p2">Un impôt clairement annoncé, débattu publiquement et appliqué selon un calendrier prévisible sera généralement mieux accepté qu’une mesure introduite dans l’urgence ou entourée d’incertitudes. Les citoyens peuvent contester son niveau ou son principe, mais ils savent à quoi s’attendre.</p>
<p class="p2">La crédibilité d’un État repose en partie sur cette capacité à offrir un cadre lisible.</p>
<p class="p2">Dans un contexte où les finances publiques belges sont sous pression, cette exigence devient encore plus importante. Les réformes fiscales seront nombreuses dans les années à venir. Elles toucheront probablement aussi bien les revenus du travail que ceux du patrimoine, la consommation ou les dépenses publiques.</p>
<p class="p2">Si chaque réforme s’accompagne d’une impression d’improvisation, la défiance risque de s’accumuler bien plus vite que les recettes.</p>
<h2><span class="s1"><b>Faire de la stabilité fiscale une discipline d’État</b></span></h2>
<p class="p2">L’enseignement principal de cette réforme dépasse largement la question des plus-values.</p>
<p class="p2">Il concerne la manière dont les démocraties modernes conçoivent la fiscalité. Trop souvent, les débats se concentrent sur le montant à prélever sans accorder la même importance à la qualité institutionnelle du processus.</p>
<p class="p2">Or la stabilité fiscale devrait être considérée comme une discipline d’État.</p>
<p class="p2">Cela implique plusieurs principes simples. Les règles doivent être connues avant leur entrée en vigueur. Les périodes transitoires doivent être limitées et clairement définies. Les modifications fréquentes doivent être évitées. Les citoyens doivent pouvoir comprendre facilement les conséquences fiscales de leurs décisions.</p>
<p class="p2">Ces principes ne favorisent ni les riches ni les pauvres. Ils favorisent la confiance.</p>
<p class="p2">Et la confiance est probablement l’une des ressources les plus précieuses d’une économie moderne.</p>
<h2><span class="s1"><b>Réconcilier justice fiscale et sécurité juridique</b></span></h2>
<p class="p2">La question des plus-values financières continuera naturellement de faire débat. C’est normal. Elle touche à des conceptions différentes de l’équité, du rôle de l’État et de la redistribution.</p>
<p class="p2">Mais il serait regrettable que cette controverse fasse oublier un enjeu plus fondamental. Une démocratie n’est pas seulement jugée sur les impôts qu’elle décide de lever. Elle est aussi jugée sur la manière dont elle les établit.</p>
<p class="p2">Une fiscalité juste ne se résume pas à la répartition de l’effort collectif. Elle repose également sur des règles stables, compréhensibles et prévisibles. Sans cette sécurité juridique, même les objectifs les plus légitimes risquent de perdre leur crédibilité.</p>
<p class="p2">Un libéral social peut parfaitement défendre une contribution raisonnable des revenus du capital, notamment si elle permet d’alléger durablement la fiscalité qui pèse sur le travail. Mais cette ambition doit s’accompagner d’une exigence tout aussi forte : celle d’un État qui respecte le temps du droit autant que celui de la politique.</p>
<p class="p2">Car dans une économie ouverte, la confiance ne se décrète pas. Elle se construit, lentement, à travers la cohérence des règles et la prévisibilité des institutions.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-1" data-row="script-row-unique-1" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-1"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/taxe-sur-les-plus-values-taxer-le-capital-oui-improviser-non/">Taxe sur les plus-values</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La souveraineté numérique est une question d’État de droit</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/souverainetenumerique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 May 2026 03:17:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133451</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/souverainetenumerique/">La souveraineté numérique est une question d’État de droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-2"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h1><span class="s1"><b>Le 27 mai 2026, l’Europe a enfin admis que la souveraineté numérique est une question d’État de droit</b></span></h1>
<p class="p3">Le 27 mai 2026 restera peut-être comme une date charnière dans l’histoire politique de l’Europe numérique. Ce jour-là, la Commission européenne a présenté son « Tech Sovereignty Package », un ensemble de mesures destinées à réduire la dépendance du continent envers les géants technologiques étrangers, en particulier américains.</p>
<p class="p3">Pendant des années, la question de la souveraineté numérique a été traitée comme un sujet technique réservé aux spécialistes du cloud, de la cybersécurité ou des infrastructures. Elle relevait du domaine de l’industrie, parfois de la stratégie économique, rarement du débat démocratique.</p>
<p class="p3">L’Europe semble désormais avoir compris ce qui était pourtant évident : la souveraineté numérique n’est pas d’abord une question technologique. C’est une question d’État de droit.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une dépendance devenue structurelle</b></span></h2>
<p class="p3">Les chiffres parlent d’eux-mêmes.</p>
<p class="p3">Aujourd’hui, Amazon Web Services représente environ 32 % du marché européen du cloud, Microsoft Azure près de 24 % et Google Cloud autour de 12 %. Ensemble, ces trois acteurs concentrent près des deux tiers des infrastructures cloud utilisées en Europe.</p>
<p class="p3">Cette domination ne se limite plus aux entreprises privées. Les administrations publiques, les collectivités locales, les établissements de santé, les universités et parfois même certaines institutions judiciaires s’appuient largement sur des services fournis par des groupes soumis au droit américain.</p>
<p class="p3">Cette situation est le résultat de choix rationnels. Les hyperscalers américains offrent des services performants, innovants et compétitifs. Ils ont investi massivement dans les infrastructures, la recherche et le développement alors que l’Europe peinait à construire une stratégie industrielle cohérente.</p>
<p class="p3">Mais ce qui pouvait apparaître comme une simple dépendance économique est devenu progressivement un problème politique.</p>
<p class="p3">Car dans l’univers numérique, ce n’est pas la localisation des données qui détermine réellement leur protection.</p>
<p class="p3">C’est la juridiction.</p>
<h2><span class="s1"><b>La fin du mythe de la localisation</b></span></h2>
<p class="p3">Pendant longtemps, le débat européen s’est concentré sur l’emplacement physique des serveurs.</p>
<p class="p3">L’idée semblait simple : si les données des citoyens européens sont stockées en Europe, elles sont protégées par le droit européen.</p>
<p class="p3">Cette croyance a été balayée par l’évolution du droit international et, surtout, par l’adoption du CLOUD Act américain en 2018.</p>
<p class="p3">Cette législation permet aux autorités américaines de demander à une entreprise soumise au droit des États-Unis l’accès à certaines données, y compris lorsque celles-ci sont hébergées à l’étranger.</p>
<p class="p3">Autrement dit, un serveur installé à Paris, Bruxelles ou Francfort ne garantit pas nécessairement que les données qu’il contient échappent à l’application d’une loi étrangère.</p>
<p class="p3">La géographie n’est plus le critère décisif.</p>
<p class="p3">La juridiction l’est devenue.</p>
<p class="p3">Cette réalité change profondément la nature du débat.</p>
<p class="p3">La question n’est plus : « Où sont stockées les données ? »</p>
<p class="p3">La véritable question est : « Sous quel droit se trouvent-elles ? »</p>
<h2><span class="s1"><b>Pourquoi cela concerne l’État de droit</b></span></h2>
<p class="p3">On présente parfois la souveraineté numérique comme une préoccupation industrielle ou stratégique.</p>
<p class="p3">C’est insuffisant.</p>
<p class="p3">Lorsqu’un État délègue l’hébergement de données sensibles à des acteurs soumis à une juridiction étrangère, ce sont des principes fondamentaux qui entrent en jeu.</p>
<p class="p3">Le secret médical.</p>
<p class="p3">Le secret de l’instruction.</p>
<p class="p3">La confidentialité des données fiscales.</p>
<p class="p3">La protection des infrastructures critiques.</p>
<p class="p3">La sécurité des échanges diplomatiques.</p>
<p class="p3">L’indépendance de la justice.</p>
<p class="p3">Aucune démocratie libérale n’accepterait qu’un tribunal étranger puisse potentiellement obtenir un accès à certains dossiers administratifs sensibles. Pourtant, dans le monde numérique, des situations juridiquement complexes créent précisément ce type de vulnérabilité.</p>
<p class="p3">Le problème n’est pas de savoir si les autorités américaines utilisent ou non ces pouvoirs de manière abusive.</p>
<p class="p3">Le problème est qu’elles les possèdent.</p>
<p class="p3">L’État de droit repose sur la prévisibilité des règles, sur la séparation des pouvoirs et sur la capacité des citoyens à savoir sous quelle autorité juridique ils se trouvent.</p>
<p class="p3">Lorsque plusieurs juridictions revendiquent simultanément un pouvoir sur les mêmes données, cette clarté disparaît.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le faux débat entre souveraineté et ouverture</b></span></h2>
<p class="p3">Dès qu’il est question de souveraineté numérique, une objection revient systématiquement.</p>
<p class="p3">Ne risque-t-on pas de tomber dans le protectionnisme ?</p>
<p class="p3">La réponse est non.</p>
<p class="p3">À condition de bien définir ce dont nous parlons.</p>
<p class="p3">La souveraineté numérique n’implique pas l’autarcie.</p>
<p class="p3">Elle ne consiste pas à interdire les technologies étrangères.</p>
<p class="p3">Elle ne suppose pas de construire un Internet européen séparé du reste du monde.</p>
<p class="p3">Elle ne signifie pas davantage que les entreprises américaines seraient indésirables sur le marché européen.</p>
<p class="p3">Le véritable enjeu est ailleurs.</p>
<p class="p3">Une démocratie a-t-elle le droit d’exiger que certaines fonctions régaliennes reposent sur des infrastructures soumises à son propre ordre juridique ?</p>
<p class="p3">La réponse paraît évidente.</p>
<p class="p3">Personne ne considérerait comme protectionniste le fait qu’un État exige que sa banque centrale, sa justice ou son armée fonctionnent sous son propre cadre légal.</p>
<p class="p3">Pourquoi ce principe deviendrait-il contestable lorsqu’il s’agit des données publiques ?</p>
<p class="p3">L’opposition entre ouverture économique et souveraineté juridique est largement artificielle.</p>
<p class="p3">On peut être pleinement favorable au libre-échange, à la concurrence internationale et à l’innovation mondiale tout en refusant l’extraterritorialité d’un droit étranger sur les données sensibles d’une administration européenne.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le véritable levier : l’interopérabilité</b></span></h2>
<p class="p3">Le défi est désormais de transformer l’ambition politique en capacité réelle.</p>
<p class="p3">Or l’erreur serait de remplacer une dépendance par une autre.</p>
<p class="p3">La souveraineté ne consiste pas à choisir un fournisseur européen au lieu d’un fournisseur américain pour ensuite devenir tout aussi dépendant.</p>
<p class="p3">La véritable autonomie repose sur l’interopérabilité.</p>
<p class="p3">Les administrations doivent pouvoir changer de fournisseur sans coûts prohibitifs.</p>
<p class="p3">Les données doivent être transférables.</p>
<p class="p3">Les applications doivent pouvoir fonctionner sur plusieurs infrastructures.</p>
<p class="p3">Les standards doivent être ouverts.</p>
<p class="p3">L’Europe dispose ici d’une tradition précieuse. Son marché unique s’est construit précisément sur des règles communes permettant la concurrence et la circulation.</p>
<p class="p3">Le numérique devrait suivre la même logique.</p>
<p class="p3">L’interopérabilité permet de réduire les situations de verrouillage technologique tout en préservant la liberté de choix.</p>
<p class="p3">Elle protège davantage la concurrence qu’une politique de subventions massives à quelques acteurs nationaux.</p>
<p class="p3">Et surtout, elle permet de concilier souveraineté et innovation.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une règle simple pour les données sensibles</b></span></h2>
<p class="p3">L’annonce de la Commission européenne marque un tournant important, mais elle ne résout pas tout.</p>
<p class="p3">Une étape supplémentaire paraît désormais nécessaire.</p>
<p class="p3">Pour les données publiques sensibles, le critère principal ne devrait plus être la localisation mais la juridiction.</p>
<p class="p3">Autrement dit, certaines catégories de données stratégiques devraient être hébergées par des opérateurs qui ne sont pas soumis à des législations extraterritoriales incompatibles avec le droit européen.</p>
<p class="p3">Cette règle serait simple.</p>
<p class="p3">Elle serait compréhensible par les citoyens.</p>
<p class="p3">Elle serait cohérente avec les principes de l’État de droit.</p>
<p class="p3">Et surtout, elle éviterait les ambiguïtés qui ont caractérisé les débats des dix dernières années.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le réveil européen</b></span></h2>
<p class="p3">L’Europe a souvent été accusée de réglementer davantage qu’elle n’innove.</p>
<p class="p3">Cette critique n’est pas totalement infondée.</p>
<p class="p3">Mais dans le domaine numérique, elle a parfois eu un mérite : identifier plus tôt que d’autres les conséquences politiques des transformations technologiques.</p>
<p class="p3">Le règlement général sur la protection des données avait déjà affirmé que les droits fondamentaux ne disparaissent pas dans l’univers numérique.</p>
<p class="p3">Le débat sur la souveraineté numérique poursuit aujourd’hui la même logique.</p>
<p class="p3">Les infrastructures numériques ne sont plus de simples outils techniques.</p>
<p class="p3">Elles sont devenues des institutions invisibles qui structurent l’exercice du pouvoir, la circulation de l’information et la protection des libertés.</p>
<p class="p3">Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si l’Europe doit posséder davantage de centres de données ou produire davantage de semi-conducteurs.</p>
<p class="p3">Ces objectifs sont importants.</p>
<p class="p3">Mais ils ne sont que des moyens.</p>
<p class="p3">La finalité est plus profonde.</p>
<p class="p3">Une démocratie doit pouvoir garantir à ses citoyens que les règles qui protègent leurs droits sont effectivement celles qui s’appliquent à leurs données.</p>
<p class="p3">Le 27 mai 2026, l’Europe a peut-être cessé de considérer cette évidence comme un sujet technique.</p>
<p class="p3">Elle a commencé à la traiter pour ce qu’elle est réellement : une question de souveraineté juridique, donc une question de liberté.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/souverainetenumerique/">La souveraineté numérique est une question d’État de droit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dette publique : le courage de la vérité avant celui des réformes</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/dette-publique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 03:59:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133455</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/dette-publique/">Dette publique : le courage de la vérité avant celui des réformes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-3"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h1><span class="s1"><b>Dette publique : le courage de la vérité avant celui des réformes</b></span></h1>
<h2><span class="s1"><b>Derrière les chiffres, une question de société</b></span></h2>
<p class="p2">Les débats budgétaires ont ceci de particulier qu’ils paraissent souvent réservés aux spécialistes. Les chiffres sont complexes, les mécanismes techniques et les montants si élevés qu’ils finissent par perdre toute signification concrète. Pourtant, derrière les tableaux comptables et les projections économiques se cachent des choix profondément politiques. La question de la dette publique n’est pas d’abord une affaire d’experts ; elle touche à la manière dont une société organise la solidarité entre les générations et définit les marges de liberté qu’elle souhaite préserver pour son avenir.</p>
<p class="p2">Le rapport présenté début juin 2026 par la Cour des comptes devant la Commission des Finances et du Budget de la Chambre mérite à ce titre une attention particulière. Si le déficit prévu pour 2026, estimé à 24,5 milliards d’euros, reste conforme aux prévisions du gouvernement, la trajectoire à moyen terme apparaît nettement plus préoccupante. Selon les projections examinées par la Cour, le déficit pourrait dépasser 36 milliards d’euros en 2029, soit près de 5 % du produit intérieur brut. Dans le même temps, la charge des intérêts de la dette augmenterait fortement, passant de 12,3 milliards d’euros à 17,5 milliards. Pour ramener le déficit sous le seuil européen des 3 %, un effort budgétaire supplémentaire compris entre 15 et 20 milliards d’euros serait nécessaire.</p>
<p class="p2">Cette évolution intervient dans un contexte où la Belgique porte déjà une dette publique de près de 700 milliards d’euros, soit plus de 107 % de son PIB. Ce chiffre, souvent cité dans le débat public, ne constitue pas en lui-même une nouveauté. Ce qui interpelle davantage aujourd’hui est la dynamique qu’il révèle : une dette élevée peut être gérée tant que la croissance économique, les taux d’intérêt et les finances publiques restent sous contrôle. Elle devient plus problématique lorsque les déficits se prolongent et que le coût du financement augmente plus vite que les capacités d’ajustement du pays.</p>
<h2><span class="s1"><b>La dette est d’abord une question de temps</b></span></h2>
<p class="p2">Il serait toutefois regrettable de réduire cette discussion à une opposition caricaturale entre partisans de l’austérité et défenseurs de la dépense publique. Cette grille de lecture domine le débat depuis des décennies et conduit rarement à des solutions durables. D’un côté, certains présentent toute réduction des dépenses comme une attaque contre le modèle social. De l’autre, d’autres considèrent que l’assainissement budgétaire constitue une fin en soi. Dans les deux cas, la complexité du problème disparaît derrière des slogans qui empêchent de penser les arbitrages réels.</p>
<p class="p2">La question essentielle n’est pas de savoir si l’État doit dépenser plus ou moins. Elle est de savoir comment il utilise les ressources dont il dispose et dans quelle mesure ces choix restent soutenables dans le temps. Toutes les dépenses publiques n’ont pas la même valeur. Certaines préparent l’avenir en finançant l’éducation, la recherche, les infrastructures ou la transition énergétique. D’autres répondent à des besoins immédiats mais ne produisent aucun effet durable sur la croissance ou la cohésion sociale. De la même manière, toutes les économies ne se valent pas. Réduire une dépense inefficace n’a pas le même impact que diminuer un investissement essentiel.</p>
<p class="p2">Cette réflexion renvoie à une dimension souvent absente des discussions budgétaires : la responsabilité intergénérationnelle. Une dette publique n’est jamais seulement un chiffre inscrit dans un bilan. Elle représente des engagements qui traversent le temps. Lorsqu’un État finance des investissements dont les bénéfices profiteront à plusieurs générations, il peut être légitime que leur coût soit partagé sur plusieurs décennies. En revanche, lorsque les déficits deviennent structurels et servent principalement à financer des dépenses courantes, le mécanisme change de nature. Les générations futures héritent alors moins d’actifs que d’obligations financières qu’elles n’ont pas choisies.</p>
<h2><span class="s1"><b>Quand les intérêts réduisent la liberté politique</b></span></h2>
<p class="p2">C’est précisément pour cette raison que la hausse de la charge des intérêts mérite une attention particulière. Les intérêts ne financent ni écoles, ni hôpitaux, ni infrastructures. Ils rémunèrent le capital emprunté dans le passé. Lorsqu’ils augmentent, ils réduisent mécaniquement les marges de manœuvre disponibles pour les politiques publiques. Une démocratie conserve bien entendu sa souveraineté politique lorsqu’elle est endettée, mais elle voit progressivement une partie de ses ressources préaffectée à des engagements déjà contractés. Plus cette part augmente, plus les possibilités d’action future se réduisent.</p>
<p class="p2">Pour autant, reconnaître cette réalité ne signifie pas adhérer à une logique de démantèlement de l’État social. Une approche libérale-sociale conduit au contraire à défendre simultanément deux objectifs : préserver la capacité redistributive de la puissance publique et renforcer la création de richesse qui la rend possible.</p>
<h2><span class="s1"><b>Desserrer l’étau fiscal sans affaiblir la solidarité</b></span></h2>
<p class="p2">La Belgique fait depuis longtemps partie des pays où la fiscalité sur le travail est particulièrement élevée. Cette situation pèse sur le pouvoir d’achat des travailleurs, sur le coût de l’emploi et sur la compétitivité de l’économie. Réduire progressivement cette pression fiscale devrait constituer une priorité, non pas contre la solidarité, mais au service de sa pérennité.</p>
<p class="p2">Cette ambition suppose cependant une condition préalable : accepter de regarder les finances publiques avec lucidité. Or c’est précisément sur ce point que les observations de la Cour des comptes sont les plus intéressantes. Au-delà des montants annoncés, elle souligne les difficultés à documenter certains rendements budgétaires avancés par l’exécutif. Autrement dit, le débat ne porte pas uniquement sur les objectifs affichés mais sur la crédibilité des hypothèses utilisées pour les atteindre.</p>
<h2><span class="s1"><b>La transparence comme condition de la confiance</b></span></h2>
<p class="p2">Une démocratie mature ne devrait pas craindre cet exercice de transparence. Les citoyens sont capables d’entendre qu’une réforme comporte des incertitudes, qu’une économie projetée repose sur des hypothèses ou qu’une mesure produira des effets variables selon la conjoncture. Ce qui fragilise la confiance n’est pas l’existence de ces incertitudes ; c’est leur dissimulation.</p>
<p class="p2">Dans de nombreux pays occidentaux, la question budgétaire est devenue prisonnière d’une forme de communication permanente. Les gouvernements promettent des améliorations futures, les oppositions dénoncent les choix présents, et chacun est tenté de reporter les coûts réels au-delà de l’horizon électoral. Cette logique contribue progressivement à éloigner les citoyens du débat public. Lorsqu’ils constatent un écart croissant entre les trajectoires annoncées et les résultats observés, ils finissent par douter non seulement des politiques menées mais aussi des institutions chargées de les évaluer.</p>
<p class="p2">C’est pourquoi parler vrai constitue aujourd’hui un acte profondément démocratique. Reconnaître qu’un effort sera nécessaire n’est pas un aveu d’échec. Expliquer qu’il n’existe pas de solution indolore n’est pas un signe de faiblesse. Dire clairement ce que coûtent les politiques publiques, ce qu’elles rapportent et quelles hypothèses sous-tendent leur financement relève au contraire du respect dû aux citoyens.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le courage de la vérité</b></span></h2>
<p class="p2">La Belgique ne se trouve pas au bord d’un effondrement financier. Les comparaisons alarmistes sont rarement utiles et les économies modernes disposent de nombreux mécanismes d’ajustement. Mais les avertissements de la Cour des comptes rappellent que les trajectoires budgétaires ne se corrigent pas spontanément. Plus les déséquilibres s’installent, plus les ajustements futurs deviennent difficiles.</p>
<p class="p2">Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir qui remportera la prochaine bataille idéologique entre partisans de la dépense et défenseurs de la rigueur. Il consiste à reconstruire un cadre de confiance dans lequel les chiffres sont assumés, les arbitrages explicités et les conséquences de chaque choix clairement exposées.</p>
<p class="p2">En définitive, la dette publique n’est pas seulement un sujet économique. Elle constitue un test de maturité démocratique. Une société qui accepte de regarder ses finances avec honnêteté se donne les moyens de choisir son avenir. Une société qui préfère différer indéfiniment les questions difficiles finit par voir ces choix lui être imposés par les circonstances. Entre ces deux voies, le courage le plus nécessaire n’est peut-être pas celui des réformes. C’est d’abord celui de la vérité.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-3" data-row="script-row-unique-3" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-3"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/dette-publique/">Dette publique : le courage de la vérité avant celui des réformes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>EUDI Wallet : faire de l’identité numérique un outil de citoyenneté, pas de surveillance</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/eudi-wallet-faire-de-lidentite-numerique-un-outil-de-citoyennete-pas-de-surveillance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 04:17:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133467</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/eudi-wallet-faire-de-lidentite-numerique-un-outil-de-citoyennete-pas-de-surveillance/">EUDI Wallet : faire de l’identité numérique un outil de citoyenneté, pas de surveillance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-4"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h2><span class="s1"><b>Une révolution discrète est en cours</b></span></h2>
<p class="p2">Les grandes transformations numériques ne prennent pas toujours la forme d’une innovation spectaculaire. Certaines avancées sont presque invisibles au moment où elles apparaissent, avant de devenir progressivement des infrastructures essentielles de la vie quotidienne. L’identité numérique européenne appartient à cette catégorie. Raison pour laquelle j&rsquo;en ai fait une partie de mon engagement avec le développement de <a href="http://mygov.be">Mygov.be</a>.</p>
<p class="p2">Depuis l’entrée en vigueur du règlement eIDAS 2.0 en mai 2024, chaque État membre de l’Union européenne est tenu de mettre à disposition au moins un portefeuille européen d’identité numérique, plus connu sous le nom d’EUDI Wallet, d’ici le 24 décembre 2026. Ce portefeuille devra permettre à chaque citoyen de prouver son identité et de présenter certains attributs certifiés de manière sécurisée dans l’ensemble de l’Union européenne. Dans les mois qui suivront, son adoption deviendra progressivement incontournable puisque les banques, les opérateurs télécoms et de nombreux autres acteurs devront être capables de l’accepter.</p>
<p class="p2">À sept mois de l’échéance, plusieurs pays avancent rapidement tandis que d’autres cherchent encore à résoudre des défis techniques et organisationnels importants. La Belgique, elle, était déjà techniquement prête en 2024 😎.<br />
Pourtant, le principal obstacle n’est peut-être pas technologique. Il est politique et culturel.</p>
<p class="p2">L’identité numérique suscite spontanément une forme de méfiance. Pour beaucoup, elle évoque immédiatement le contrôle, la surveillance ou la centralisation des données personnelles. Cette inquiétude n’est pas irrationnelle. L’histoire récente du numérique nous a appris qu’il fallait toujours se montrer prudent lorsque des informations sensibles sont en jeu.</p>
<p class="p2">Mais cette prudence ne doit pas conduire à une erreur de diagnostic. Car bien conçu, un portefeuille d’identité numérique n’est pas nécessairement un outil de surveillance. Il peut au contraire devenir l’un des meilleurs instruments de protection de la vie privée jamais mis à disposition des citoyens.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le faux débat entre identité numérique et liberté</b></span></h2>
<p class="p2">Le débat public aborde souvent l’identité numérique comme s’il existait une opposition naturelle entre efficacité et liberté. D’un côté se trouverait la commodité des services numériques. De l’autre, la protection de la vie privée. Plus l’une progresserait, plus l’autre reculerait.</p>
<p class="p2">Cette vision correspond de moins en moins à la réalité technologique.</p>
<p class="p2">Aujourd’hui, la plupart des citoyens prouvent déjà leur identité numérique quotidiennement. Ils transmettent des copies de cartes d’identité, partagent des documents complets pour vérifier leur âge, créent des comptes auprès de plateformes privées ou utilisent des services qui collectent bien davantage d’informations qu’il n’est nécessaire.</p>
<p class="p2">Le paradoxe est là : beaucoup des solutions actuellement utilisées pour s’identifier en ligne sont moins protectrices que les systèmes qui suscitent pourtant les plus grandes inquiétudes.</p>
<p class="p2">L’enjeu n’est donc pas de savoir s’il faut une identité numérique. Elle existe déjà, de manière fragmentée, dispersée et souvent contrôlée par des acteurs privés.</p>
<p class="p2">La véritable question est de savoir qui contrôle cette identité, quelles données sont partagées et selon quelles règles.</p>
<p class="p2">Une approche libérale devrait précisément chercher à redonner davantage de contrôle aux individus sur leurs propres informations plutôt qu’à multiplier les copies de documents circulant entre administrations, entreprises et plateformes.</p>
<h2><span class="s1"><b>La puissance de la divulgation sélective</b></span></h2>
<p class="p2">L’une des innovations les plus importantes du futur portefeuille européen est pourtant rarement mise en avant dans le débat public : la divulgation sélective des informations.</p>
<p class="p2">Dans le monde physique, nous sommes souvent contraints de révéler beaucoup plus d’informations que nécessaire. Présenter sa carte d’identité pour prouver sa majorité signifie également révéler son nom, sa date de naissance complète, son adresse et parfois d’autres informations sans rapport avec la demande initiale.</p>
<p class="p2">Le numérique offre la possibilité de faire autrement.</p>
<p class="p2">Un portefeuille d’identité moderne peut permettre à un utilisateur de démontrer qu’il a plus de dix-huit ans sans révéler sa date de naissance exacte. Il peut permettre de prouver qu’une personne réside dans un pays donné sans divulguer son adresse complète. Il peut confirmer qu’un diplôme est authentique sans transmettre l’ensemble du dossier académique.</p>
<p class="p2">Cette logique constitue une rupture importante.</p>
<p class="p2">L’objectif n’est plus de partager une identité complète chaque fois qu’une vérification est nécessaire. L’objectif est de partager uniquement l’information strictement requise.</p>
<p class="p2">Cette approche s’inscrit dans un principe fondamental du droit européen : la minimisation des données. Plus les systèmes collectent d’informations inutiles, plus ils créent des risques pour les citoyens. À l’inverse, plus ils limitent les données échangées, plus ils renforcent la protection de la vie privée.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une réponse aux dérives du contrôle d’âge</b></span></h2>
<p class="p2">Le débat actuel sur la protection des mineurs en ligne illustre parfaitement l’intérêt de cette approche.</p>
<p class="p2">Partout en Europe, les gouvernements cherchent des solutions pour empêcher l’accès des plus jeunes à certains services numériques. Mais ces initiatives se heurtent à une difficulté majeure : comment vérifier l’âge d’une personne sans transformer Internet en espace de contrôle d’identité permanent ?</p>
<p class="p2">Cette question est au cœur de nombreuses controverses. Les critiques adressées à certains dispositifs nationaux de vérification d’âge reposent précisément sur la crainte qu’ils conduisent à une collecte excessive d’informations personnelles ou à une remise en cause progressive de l’anonymat en ligne.</p>
<p class="p2">C’est ici que le portefeuille européen peut jouer un rôle décisif.</p>
<p class="p2">Un système fondé sur la divulgation sélective permettrait de répondre à la question essentielle — l’utilisateur est-il majeur ? — sans exiger la transmission de son identité complète. La plateforme recevrait la preuve nécessaire sans accéder à davantage d’informations.</p>
<p class="p2">Autrement dit, une identité numérique bien conçue peut devenir l’antidote à certaines dérives que l’on prétend parfois combattre au nom de la sécurité.</p>
<p class="p2">Le choix n’est donc pas entre contrôle et absence de contrôle. Il est entre un contrôle proportionné, respectueux des droits fondamentaux, et des mécanismes plus intrusifs qui accumulent les données personnelles sans nécessité.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une infrastructure de citoyenneté européenne</b></span></h2>
<p class="p2">L’EUDI Wallet ne doit pas être réduit à une simple innovation administrative. Son potentiel est plus vaste.</p>
<p class="p2">L’Union européenne a longtemps construit son marché unique autour de la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. Pourtant, dans le monde numérique, les citoyens continuent souvent à se heurter à des frontières invisibles. Les procédures varient selon les pays, les systèmes d’identification sont rarement interopérables et les démarches transfrontalières restent souvent complexes.</p>
<p class="p2">Une identité numérique européenne peut contribuer à réduire ces obstacles.</p>
<p class="p2">Demain, un étudiant pourra plus facilement prouver ses qualifications dans un autre État membre. Un entrepreneur pourra accéder à certains services administratifs sans devoir multiplier les démarches de vérification. Un citoyen pourra utiliser des documents certifiés dans plusieurs pays sans répéter les mêmes procédures.</p>
<p class="p2">Cette dimension est parfois négligée parce qu’elle paraît technique. Elle est pourtant profondément politique.</p>
<p class="p2">La citoyenneté européenne ne se construit pas uniquement à travers des traités ou des institutions. Elle se construit aussi à travers des outils concrets qui rendent les droits plus faciles à exercer.</p>
<h2><span class="s1"><b>La confiance avant la technologie</b></span></h2>
<p class="p2">Pour réussir, le projet européen devra cependant éviter une erreur fréquente dans les politiques numériques : croire que l’adoption découle automatiquement de la performance technique.</p>
<p class="p2">Les citoyens n’utiliseront pas un portefeuille numérique simplement parce qu’il est disponible. Ils l’utiliseront s’ils ont confiance dans son fonctionnement.</p>
<p class="p2">Cette confiance suppose plusieurs garanties.</p>
<p class="p2">Le portefeuille doit rester sous le contrôle de l’utilisateur. Les données doivent être protégées contre toute centralisation excessive. Les mécanismes techniques doivent être transparents et audités. Les usages doivent être clairement définis. Enfin, les citoyens doivent conserver la certitude qu’ils ne seront pas contraints de révéler davantage d’informations que nécessaire.</p>
<p class="p2">La confiance numérique ne se décrète pas. Elle se construit progressivement, à travers des institutions crédibles et des choix techniques cohérents avec les principes démocratiques.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une occasion pour la Belgique</b></span></h2>
<p class="p2">La Belgique aborde l’échéance de décembre 2026 dans un contexte particulier. Notre pays dispose déjà d’une expérience reconnue en matière d’identification numérique grâce à sa carte d’identité électronique et à plusieurs services numériques publics largement utilisés. Son portefeuille digital Mygov.be qui héberge l&rsquo;identité électronique aux standards EIDAS2.0 est prêt depuis 2024.</p>
<p class="p2">Cette expérience constitue un avantage. Mais elle ne garantit pas le succès.</p>
<p class="p2">L’enjeu n’est pas simplement de respecter une obligation européenne dans les délais. L’enjeu est de démontrer qu’il est possible de construire une identité numérique qui renforce simultanément l’efficacité des services publics, la souveraineté numérique et les libertés individuelles.</p>
<p class="p2">Trop souvent, les débats technologiques opposent innovation et protection des droits. L’EUDI Wallet offre précisément l’occasion de dépasser cette opposition. Bien conçu, il ne demande pas aux citoyens de choisir entre commodité et vie privée. Il permet de renforcer les deux.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une identité qui protège davantage qu’elle ne révèle</b></span></h2>
<p class="p2">L’identité numérique est appelée à devenir l’une des infrastructures fondamentales du XXIe siècle. Comme toute infrastructure essentielle, elle peut être utilisée de manière émancipatrice ou intrusive. Tout dépend des principes qui président à sa conception.</p>
<p class="p2">La question décisive n’est donc pas de savoir si l’Europe doit se doter d’un portefeuille numérique. Cette décision est déjà prise. La véritable question est de savoir quel type d’identité numérique nous voulons construire.</p>
<p class="p2">Une identité qui accumule les données ou une identité qui les minimise.</p>
<p class="p2">Une identité qui centralise le pouvoir ou une identité qui le restitue à l’utilisateur.</p>
<p class="p2">Une identité conçue pour surveiller ou une identité conçue pour protéger.</p>
<p class="p2">Le projet européen mérite d’être jugé à cette aune. Car la meilleure identité numérique n’est pas celle qui sait tout de nous. C’est celle qui nous permet de prouver ce qui est nécessaire tout en préservant ce qui doit rester privé.</p>
<p class="p2">Dans une démocratie libérale, la technologie la plus respectueuse des libertés n’est pas celle qui collecte davantage d’informations. C’est celle qui permet d’en révéler le moins possible.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-4" data-row="script-row-unique-4" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-4"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/eudi-wallet-faire-de-lidentite-numerique-un-outil-de-citoyennete-pas-de-surveillance/">EUDI Wallet : faire de l’identité numérique un outil de citoyenneté, pas de surveillance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le XXIᵉ siècle a besoin de droits de l&#8217;esprit</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/neurodroits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 04:23:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133472</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/neurodroits/">Le XXIᵉ siècle a besoin de droits de l&rsquo;esprit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-5"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<div class="relative flex-1 min-w-0 flex flex-col">
<div class="flex flex-1 h-full w-full overflow-hidden max-md:relative md:-mt-&#091;var(--df-header-h,0px)&#093; md:h-&#091;calc(100%+var(--df-header-h,0px))&#093; print:!h-auto print:!overflow-visible print:!mt-0">
<div class="h-full flex flex-col overflow-hidden md:pt-&#091;var(--df-header-h,0px)&#093; print:h-auto print:overflow-visible relative">
<div class="overflow-y-auto overflow-x-hidden &#091;scrollbar-gutter:stable&#093; pt-14 flex-1 print:!overflow-visible print:!h-auto" data-autoscroll-container="true">
<div class="relative w-full min-h-full flex flex-col">
<div class="mx-auto flex w-full flex-1 flex-col max-w-&#091;50.5rem&#093; px-5">
<div class="flex-1 flex flex-col px-4 max-w-3xl mx-auto w-full pt-1">
<div data-test-render-count="1">
<div class="group">
<div class="group relative relative pb-3" data-is-streaming="false">
<div class="font-claude-response relative leading-&#091;1.65rem&#093; &#091;&amp;_pre&gt;div&#093;:bg-bg-000/50 &#091;&amp;_pre&gt;div&#093;:border-0.5 &#091;&amp;_pre&gt;div&#093;:border-border-400 &#091;&amp;_.ignore-pre-bg&gt;div&#093;:bg-transparent &#091;&amp;_.standard-markdown_:is(p,blockquote,h1,h2,h3,h4,h5,h6)&#093;:pl-2 &#091;&amp;_.standard-markdown_:is(p,blockquote,ul,ol,h1,h2,h3,h4,h5,h6)&#093;:pr-8 &#091;&amp;_.progressive-markdown_:is(p,blockquote,h1,h2,h3,h4,h5,h6)&#093;:pl-2 &#091;&amp;_.progressive-markdown_:is(p,blockquote,ul,ol,h1,h2,h3,h4,h5,h6)&#093;:pr-8">
<div class="mt-4">
<div class="grid grid-rows-&#091;auto_auto&#093; min-w-0">
<div class="row-start-2 col-start-1 relative grid isolate min-w-0">
<div class="row-start-1 col-start-1 relative z-&#091;2&#093; min-w-0">
<div class="standard-markdown grid-cols-1 grid &#091;&amp;_&gt;_*&#093;:min-w-0 gap-3 standard-markdown">
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Les droits de l&rsquo;esprit : la prochaine frontière des libertés</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Une frontière longtemps considérée comme inviolable</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;histoire des droits humains peut être racontée comme une succession de frontières que les sociétés ont progressivement décidé de protéger.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La première fut souvent le corps. Après des siècles de violences arbitraires, les sociétés modernes ont consacré l&rsquo;interdiction de la torture, le respect de l&rsquo;intégrité physique et la reconnaissance de la dignité inhérente à chaque être humain.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Puis vint la protection de la sphère privée. À mesure que les États et les technologies acquéraient la capacité de surveiller davantage, le droit a reconnu que certains espaces devaient échapper au regard permanent du pouvoir.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Plus récemment encore, l&rsquo;ère numérique a conduit à développer de nouveaux instruments de protection des données personnelles. Derrière cette évolution se trouvait une intuition simple : lorsqu&rsquo;une technologie nouvelle permet d&rsquo;accéder à une partie plus intime de l&rsquo;existence humaine, les droits doivent évoluer pour préserver la liberté.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Aujourd&rsquo;hui, une nouvelle frontière apparaît. Elle n&rsquo;est ni le corps, ni le domicile, ni les données personnelles au sens traditionnel. Cette frontière est l&rsquo;esprit lui-même.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Pendant des millénaires, l&rsquo;activité mentale a bénéficié d&rsquo;une protection naturelle. Les pensées, les émotions, les intentions ou les processus cognitifs demeuraient essentiellement inaccessibles à autrui. Cette protection ne résultait pas d&rsquo;une loi mais d&rsquo;une limite technique. Pour la première fois dans l&rsquo;histoire humaine, cette limite commence à s&rsquo;effacer.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Les neurotechnologies changent la nature du débat</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le terme « neurotechnologie » évoque encore souvent un futur lointain. Pourtant, ces technologies sont déjà présentes dans notre réalité.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Certaines permettent de traiter des symptômes liés à la maladie de Parkinson. D&rsquo;autres sont utilisées dans la recherche sur la dépression sévère, l&rsquo;épilepsie ou certaines formes de handicap. Les interfaces cerveau-machine ouvrent des perspectives inédites pour des personnes privées de mobilité ou de communication.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Ces avancées sont considérables. Elles témoignent de la capacité de la science à soulager des souffrances humaines qui paraissaient autrefois irréversibles. Mais elles posent également une question nouvelle. Que se passe-t-il lorsque les technologies capables de soigner le cerveau deviennent également capables de mesurer, d&rsquo;interpréter ou d&rsquo;influencer certaines dimensions de l&rsquo;activité mentale ?</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette interrogation n&rsquo;appartient plus à la science-fiction. L&rsquo;UNESCO estime que les investissements mondiaux dans les neurotechnologies ont augmenté de plus de 700 % entre 2014 et 2021, pour atteindre quelque 33 milliards de dollars. Cette croissance reflète à la fois l&rsquo;intérêt médical, économique et stratégique suscité par ces innovations.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Or chaque progrès technique étend simultanément les possibilités de protection et les possibilités d&rsquo;abus. L&rsquo;histoire du numérique nous a appris cette leçon. Les technologies qui permettent de connecter les individus peuvent aussi permettre de les surveiller. Les systèmes conçus pour personnaliser les services peuvent également être utilisés pour manipuler les comportements. Les neurotechnologies ne feront probablement pas exception.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Le faux choix entre innovation et précaution</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Face à ces enjeux, un réflexe récurrent consiste à opposer le progrès scientifique à la prudence éthique. D&rsquo;un côté se trouveraient ceux qui souhaitent accélérer l&rsquo;innovation pour développer de nouveaux traitements. De l&rsquo;autre, ceux qui craindraient les conséquences possibles de ces technologies.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette opposition est trompeuse. Les sociétés démocratiques ont toujours progressé en conciliant ces deux exigences plutôt qu&rsquo;en les opposant. La médecine moderne n&rsquo;existe pas malgré les règles éthiques. Elle existe aussi grâce à elles. Les principes du consentement éclairé, de la protection des patients ou de l&rsquo;encadrement de la recherche n&rsquo;ont pas empêché les progrès médicaux ; ils ont contribué à les rendre socialement acceptables.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La véritable question n&rsquo;est donc pas de savoir s&rsquo;il faut développer les neurotechnologies. Elle est de déterminer quelles limites doivent accompagner leur développement. Une société capable d&rsquo;implanter un dispositif neuronal pour traiter une maladie grave doit-elle également autoriser son utilisation à des fins d&rsquo;amélioration cognitive chez l&rsquo;enfant ? Des données neuronales devraient-elles pouvoir être utilisées dans le cadre d&rsquo;un recrutement professionnel ? Un employeur pourrait-il exiger certaines mesures biométriques ou cognitives dans un environnement de travail ?</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les réponses à ces questions ne relèvent pas de la technique. Elles relèvent du droit et de la conception que nous nous faisons de la personne humaine.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>L&rsquo;esprit humain n&rsquo;est pas une simple donnée</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le droit contemporain protège déjà de nombreuses informations personnelles. Pourtant, les données neuronales occupent une place particulière. Elles ne décrivent pas seulement ce que nous faisons. Elles concernent potentiellement ce que nous pensons, ressentons ou sommes susceptibles de devenir.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette distinction est essentielle. Une adresse électronique, un historique d&rsquo;achat ou même une donnée de localisation renseignent sur certains comportements. Une donnée neuronale pourrait, à terme, fournir des informations beaucoup plus profondes concernant l&rsquo;attention, les émotions, les préférences ou certains états mentaux.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">C&rsquo;est pourquoi plusieurs organisations internationales commencent à considérer que les cadres existants pourraient devenir insuffisants. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas uniquement la protection de la vie privée. Il touche à quelque chose de plus fondamental : la préservation de l&rsquo;autonomie mentale. Une démocratie peut survivre à de nombreuses contraintes matérielles. Elle ne peut survivre à la disparition de la liberté intérieure qui permet aux individus de penser, de choisir et de juger par eux-mêmes.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Une première étape mondiale</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;adoption par l&rsquo;UNESCO, en novembre 2025, de la première recommandation mondiale sur l&rsquo;éthique des neurotechnologies constitue à cet égard un jalon important. Pour la première fois, une organisation internationale a tenté de formuler un cadre commun destiné à guider le développement de ces technologies. Le texte affirme notamment le principe de l&rsquo;inviolabilité de l&rsquo;esprit humain et reconnaît que les neurotechnologies soulèvent des enjeux spécifiques pour les droits humains.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette avancée mérite d&rsquo;être saluée. Mais elle possède également une limite. Une recommandation n&rsquo;est pas juridiquement contraignante. Elle exprime une orientation, une ambition et une vision commune. Elle ne crée pas, à elle seule, des droits opposables.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Or l&rsquo;histoire des droits humains montre que les principes les plus importants commencent souvent par des déclarations avant de devenir progressivement des normes reconnues. La question est donc de savoir quelle pourrait être la prochaine étape.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Pourquoi le XXIᵉ siècle a besoin de droits de l&rsquo;esprit</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les droits fondamentaux ne naissent pas parce qu&rsquo;une technologie apparaît. Ils naissent lorsque cette technologie modifie suffisamment la condition humaine pour rendre nécessaires de nouvelles garanties. L&rsquo;imprimerie a contribué à renforcer la liberté d&rsquo;expression. L&rsquo;industrialisation a conduit à la reconnaissance de nouveaux droits sociaux. La révolution numérique a accéléré la protection des données personnelles.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les neurotechnologies, mais aussi, plus largement, l&rsquo;intelligence artificielle, l&rsquo;économie de l&rsquo;attention et les systèmes de manipulation algorithmique, pourraient à leur tour rendre nécessaire la reconnaissance explicite de droits liés à l&rsquo;intégrité cognitive. Cette notion dépasse largement les débats techniques actuels. Elle repose sur une idée simple : chaque être humain doit conserver la maîtrise de son activité mentale, de ses processus cognitifs et des informations qui en découlent.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Aucune technologie ne devrait permettre d&rsquo;accéder à ces dimensions sans consentement libre et éclairé. Aucune institution ne devrait pouvoir exiger une transparence mentale incompatible avec la dignité humaine. Aucun pouvoir, public ou privé, ne devrait pouvoir traiter l&rsquo;esprit comme une ressource exploitable.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Une initiative que je veux porter</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">C&rsquo;est dans cette perspective que je me suis engagé dans un travail de fond avec le philosophe Mark Hunyadi, professeur à l&rsquo;Université catholique de Louvain. Dans son ouvrage <em>Déclaration universelle des droits de l&rsquo;esprit humain. Une proposition</em> (PUF, 2024), il pose une intuition que je crois décisive : l&rsquo;esprit humain est un bien aussi précieux que vulnérable, et il mérite d&rsquo;être protégé comme un patrimoine commun de l&rsquo;humanité.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Il faut prolonger cette intuition philosophique d&rsquo;un pas supplémentaire : celui du droit. Faire reconnaître un article additionnel à la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme de 1948, consacré à l&rsquo;intégrité, à l&rsquo;autonomie et à la souveraineté de l&rsquo;esprit humain face aux technologies cognitives.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de créer un texte occidental destiné à répondre à des préoccupations exclusivement européennes. Il est au contraire de formuler des principes suffisamment universels pour être acceptés par des sociétés aux traditions culturelles et politiques différentes. Comme la Déclaration universelle des droits de l&rsquo;homme en son temps, une telle initiative doit partir d&rsquo;une conviction fondamentale : ce qui mérite protection n&rsquo;est pas une conception particulière de l&rsquo;individu, mais une dimension commune à tous les êtres humains. L&rsquo;intégrité de l&rsquo;esprit. La liberté de pensée. L&rsquo;autonomie cognitive. Le consentement face aux interventions neuronales. La protection contre l&rsquo;exploitation des données mentales. Ces principes ne sont ni de droite ni de gauche, ni européens ni non européens. Ils concernent la condition humaine elle-même.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Une telle ambition appelle une méthode. Je suis convaincu que la voie la plus crédible passe d&rsquo;abord par le Conseil de l&rsquo;Europe, où je siège. C&rsquo;est l&rsquo;institution qui, depuis des décennies, a su transformer les intuitions éthiques en normes juridiques : la Convention d&rsquo;Oviedo sur les droits de l&rsquo;homme et la biomédecine, ouverte à la signature en 1997, en est l&rsquo;exemple le plus proche de notre sujet ; la Convention-cadre sur l&rsquo;intelligence artificielle, les droits de l&rsquo;homme, la démocratie et l&rsquo;État de droit, ouverte à la signature en 2024, en est l&rsquo;illustration la plus récente. Le Conseil de l&rsquo;Europe a souvent ouvert le chemin que les Nations unies ont ensuite consacré. C&rsquo;est cette dynamique que je veux enclencher : faire du droit européen la rampe de lancement d&rsquo;une reconnaissance universelle.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Protéger la dernière frontière de la liberté</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Chaque époque identifie les lieux où la dignité humaine risque d&rsquo;être fragilisée par les évolutions du pouvoir et de la technique. Le défi du XXIᵉ siècle ne réside peut-être plus uniquement dans la protection du corps ou de la vie privée. Il réside également dans la protection de l&rsquo;espace intérieur où se forment nos pensées, nos convictions et notre liberté de jugement.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les neurotechnologies offrent des perspectives extraordinaires pour la médecine, l&rsquo;autonomie et la qualité de vie. Elles méritent d&rsquo;être développées. Mais leur potentiel rend d&rsquo;autant plus nécessaire une réflexion sur les limites qui doivent les accompagner. L&rsquo;esprit humain a longtemps bénéficié d&rsquo;une protection naturelle parce qu&rsquo;aucune technologie ne permettait véritablement d&rsquo;y accéder. Cette protection implicite touche progressivement à sa fin.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La question n&rsquo;est donc plus de savoir si nous avons besoin de règles. Elle est de savoir si nous aurons la sagesse de les construire avant que les usages ne s&rsquo;imposent d&rsquo;eux-mêmes. Après les droits du corps et les droits de la personne, il est temps d&rsquo;ouvrir un nouveau chapitre de l&rsquo;histoire des libertés humaines : celui des droits de l&rsquo;esprit.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Sources : <a class="underline underline underline-offset-2 decoration-1 decoration-current/40 hover:decoration-current focus:decoration-current" href="https://www.unesco.org/en/articles/ethics-neurotechnology-unesco-adopts-first-global-standard-cutting-edge-technology">UNESCO — Recommandation sur l&rsquo;éthique des neurotechnologies</a> ; <a class="underline underline underline-offset-2 decoration-1 decoration-current/40 hover:decoration-current focus:decoration-current" href="https://www.puf.com/declaration-universelle-des-droits-de-lesprit-humain">Mark Hunyadi, <em>Déclaration universelle des droits de l&rsquo;esprit humain. Une proposition</em>, PUF, 2024</a>.</p>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
</div>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-5" data-row="script-row-unique-5" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-5"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/neurodroits/">Le XXIᵉ siècle a besoin de droits de l&rsquo;esprit</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>AI Act :  l’Europe ne doit pas confondre simplification et capitulation</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/omnibus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 03:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133453</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/omnibus/">AI Act :  l’Europe ne doit pas confondre simplification et capitulation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-6"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="p2">Le 7 mai 2026, les institutions européennes sont parvenues à un accord provisoire sur ce que Bruxelles appelle désormais le « Digital Omnibus » pour l’intelligence artificielle. Derrière cette expression technocratique se cache la première révision importante de l’AI Act depuis son adoption historique en 2024.</p>
<p class="p2">Le texte repousse de plus de seize mois l’entrée en vigueur de plusieurs obligations applicables aux systèmes d’intelligence artificielle à haut risque. Les règles concernant les usages sensibles de l’IA dans l’emploi, l’éducation, les services publics ou encore l’accès à certains droits fondamentaux ne s’appliqueront plus à partir d’août 2026 mais à partir de décembre 2027. D’autres obligations sont également reportées.</p>
<p class="p2">Dans le même temps, l’Union européenne crée deux nouvelles interdictions : la génération de contenus intimes non consentis par intelligence artificielle et la production de matériel pédopornographique assistée par IA.</p>
<p class="p2">Ces deux décisions racontent une histoire plus profonde qu’il n’y paraît.</p>
<p class="p2">Elles révèlent le dilemme qui traverse aujourd’hui toutes les démocraties technologiques : comment encourager l’innovation sans transformer les citoyens en cobayes involontaires ?</p>
<h2><span class="s1"><b>Une question simple : qui supporte le risque ?</b></span></h2>
<p class="p2">Le débat sur l’intelligence artificielle est souvent présenté comme un affrontement entre deux camps. D’un côté, les défenseurs de l’innovation qui craindraient qu’une réglementation excessive ralentisse le progrès. De l’autre, les partisans d’un encadrement plus strict soucieux de limiter les risques.</p>
<p class="p2">Cette opposition est séduisante parce qu’elle est simple. Elle est surtout trompeuse. La véritable question n’est pas de savoir si l’on doit réguler l’innovation. La véritable question est de savoir qui supporte le risque lorsqu’une innovation est déployée.</p>
<p class="p2">Dans le cas d’un médicament, la réponse est claire. Avant sa mise sur le marché, il doit démontrer sa sécurité et son efficacité. Dans le cas d’une automobile, des normes de sécurité s’imposent avant qu’elle ne circule librement sur les routes. Personne n’y voit une guerre contre l’innovation. Nous considérons simplement qu’une technologie qui entre dans la vie des gens doit offrir certaines garanties minimales.</p>
<p class="p2">Pourquoi l’intelligence artificielle devrait-elle constituer une exception ?</p>
<h2><span class="s1"><b>Quand l’IA décide plus qu’elle ne conseille</b></span></h2>
<p class="p2">L’AI Act repose sur une distinction fondamentale. Toutes les intelligences artificielles n’ont pas le même impact sur les individus. Certaines servent à rédiger un texte, résumer un document ou générer une image. D’autres participent à des décisions qui peuvent modifier une trajectoire de vie.</p>
<p class="p2">Un système de recrutement automatisé peut filtrer des candidatures. Un outil d’évaluation scolaire peut influencer l’orientation d’un élève. Un algorithme utilisé dans l’accès au crédit peut déterminer l’obtention d’un prêt.</p>
<p class="p2">Des systèmes d’analyse peuvent intervenir dans la détection de fraudes ou l’attribution de certaines prestations publiques. Dans tous ces cas, l’intelligence artificielle n’est plus un simple outil de productivité.</p>
<p class="p2">Elle devient un intermédiaire entre l’individu et ses droits. C’est précisément pour cette raison que l’Union européenne avait décidé de soumettre ces usages à des obligations particulières : transparence, contrôle humain, gestion des risques, documentation et mécanismes d’audit.</p>
<p class="p2">Le report annoncé ne concerne donc pas des détails administratifs. Il concerne les protections prévues pour les situations où l’IA influence directement des décisions importantes pour les citoyens.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le mot « simplification » mérite d’être interrogé</b></span></h2>
<p class="p2">Les défenseurs du report parlent de simplification. L’argument mérite d’être entendu. De nombreuses entreprises, notamment les PME européennes, s’inquiètent de la complexité réglementaire croissante. Certaines craignent de ne pas disposer des ressources nécessaires pour se conformer rapidement à l’ensemble des nouvelles obligations.</p>
<p class="p2">Cette préoccupation est légitime. Une réglementation incompréhensible ou impossible à appliquer finit toujours par produire l’effet inverse de celui recherché. Mais simplifier et reporter sont deux choses différentes.</p>
<p class="p2">Simplifier consiste à rendre une règle plus lisible, plus cohérente ou plus proportionnée. Reporter consiste à repousser le moment où cette règle produit ses effets.</p>
<p class="p2">Or dans le cas présent, ce ne sont pas seulement des procédures administratives qui sont différées. Ce sont des garanties destinées à protéger les citoyens dans des domaines sensibles.</p>
<p class="p2">Le choix n’est donc pas neutre. Il traduit une hiérarchie de priorités.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le poids de la compétition mondiale</b></span></h2>
<p class="p2">Pour comprendre cette décision, il faut regarder au-delà des frontières européennes. Depuis plusieurs années, un discours s’est installé dans le débat public. L’Europe réglementerait pendant que les États-Unis innovent.</p>
<p class="p2">L’Europe écrirait des normes pendant que la Silicon Valley construit les technologies de demain. Face à l’accélération de la compétition mondiale, certains responsables politiques craignent désormais que toute contrainte supplémentaire ne pousse les investissements ailleurs.</p>
<p class="p2">Cette inquiétude n’est pas imaginaire. La compétition technologique est devenue un enjeu géopolitique majeur.</p>
<p class="p2">Mais elle comporte un risque intellectuel. Celui de considérer les droits fondamentaux comme une variable d’ajustement économique. Comme si les garanties offertes aux citoyens étaient un luxe que l’on pouvait suspendre temporairement lorsque la concurrence devient plus intense.</p>
<p class="p2">Or l’histoire économique montre souvent l’inverse. Les marchés les plus solides sont ceux qui inspirent confiance.</p>
<p class="p2">Les technologies les plus durables sont celles qui démontrent leur fiabilité. Les entreprises qui prospèrent sur le long terme sont rarement celles qui échappent aux règles ; ce sont celles qui apprennent à les intégrer.</p>
<h2><span class="s1"><b>La sécurité juridique est un moteur d’innovation</b></span></h2>
<p class="p2">L’un des paradoxes du débat européen est que la réglementation est fréquemment présentée comme l’ennemie de l’innovation. Pourtant, l’absence de règles peut être tout aussi paralysante.</p>
<p class="p2">Une entreprise qui développe des systèmes d’intelligence artificielle a besoin de visibilité. Elle doit savoir ce qui sera autorisé demain. Elle doit connaître les exigences auxquelles elle devra répondre.</p>
<p class="p2">Elle doit pouvoir investir sans craindre des changements permanents de doctrine. La sécurité juridique n’est pas un frein à l’innovation. C’est l’une des conditions de son développement.</p>
<p class="p2">L’industrie pharmaceutique, l’aéronautique ou le secteur automobile n’ont pas prospéré malgré leurs réglementations.</p>
<p class="p2">Ils ont prospéré dans un cadre réglementaire stable qui a permis aux acteurs économiques de planifier leurs investissements. L’intelligence artificielle ne fait pas exception. Une règle claire vaut souvent mieux qu’une incertitude prolongée.</p>
<h2><span class="s1"><b>Ce que les nouvelles interdictions nous apprennent</b></span></h2>
<p class="p2">Le même accord qui reporte certaines obligations introduit également deux nouvelles interdictions. La première vise la génération de contenus intimes non consentis. La seconde concerne la production de matériel pédopornographique assistée par intelligence artificielle.</p>
<p class="p2">Ces dispositions répondent à des risques réels et immédiats. Elles sont largement justifiées.</p>
<p class="p2">Mais elles révèlent également quelque chose d’intéressant. Lorsque la dignité humaine est manifestement en jeu, les institutions européennes savent agir rapidement. Elles savent identifier un danger. Elles savent définir une limite. Elles savent légiférer.</p>
<p class="p2">Autrement dit, le problème n’est pas la capacité d’agir. Le problème réside dans la volonté politique d’appliquer cette même logique à des situations moins spectaculaires mais tout aussi importantes.</p>
<p class="p2">Car une discrimination algorithmique dans le recrutement ou une décision automatisée opaque dans l’accès à un service essentiel peuvent également avoir des conséquences profondes sur une vie humaine.</p>
<p class="p2">Elles produisent simplement des dommages moins visibles.</p>
<h2><span class="s1"><b>Les citoyens ne doivent pas devenir des bêta-testeurs</b></span></h2>
<p class="p2">Depuis le début de la révolution numérique, une habitude s’est installée.</p>
<p class="p2">Les technologies sont souvent déployées à grande échelle avant que leurs conséquences sociales ne soient pleinement comprises.</p>
<p class="p2">Les plateformes numériques en sont l’exemple le plus évident. Les réseaux sociaux ont transformé l’espace public mondial avant même que les démocraties aient commencé à réfléchir sérieusement à leurs effets sur l’information, la polarisation ou la santé mentale.</p>
<p class="p2">L’intelligence artificielle risque de reproduire ce schéma. À une échelle potentiellement plus importante encore.</p>
<p class="p2">Reporter certaines obligations revient, dans les faits, à accepter une période plus longue pendant laquelle des systèmes influençant l’emploi, l’éducation ou l’accès à certains services fonctionneront avec moins d’exigences en matière de transparence et de contrôle.</p>
<p class="p2">La question mérite d’être posée simplement. Qui assumera les conséquences d’éventuelles erreurs pendant cette période ? Les entreprises ? Les développeurs ?</p>
<p class="p2">Les investisseurs ? Ou les citoyens concernés ?</p>
<p class="p2">Une démocratie ne devrait jamais considérer ses citoyens comme les bêta-testeurs involontaires des technologies qui décideront de leur avenir.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une Europe fidèle à son projet</b></span></h2>
<p class="p2">L’Europe n’a pas vocation à devenir une copie de la Silicon Valley. Pas davantage qu’elle ne doit se transformer en forteresse technologique fermée au monde.</p>
<p class="p2"><strong>Sa singularité historique repose sur une idée simple. Le progrès technique n’a de sens que s’il demeure au service de la personne humaine.</strong></p>
<p class="p2">Cette conviction a inspiré la protection des données personnelles. Elle a façonné les droits des consommateurs.</p>
<p class="p2">Elle a contribué à construire les standards européens en matière de santé, de sécurité et d’environnement.</p>
<p class="p2">L’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un nouveau terrain d’application de ce principe. Le débat n’est pas de savoir si l’Europe doit choisir entre innovation et régulation. Le débat est de savoir quel type d’innovation elle souhaite encourager.</p>
<p class="p2">Une innovation qui exige la confiance des citoyens. Ou une innovation qui leur demande d’attendre que les problèmes apparaissent pour être corrigés ensuite.</p>
<h2><span class="s1"><b>Ne pas confondre vitesse et direction</b></span></h2>
<p class="p2">Le report de certaines obligations de l’AI Act ne signifie pas l’abandon du projet européen de régulation de l’intelligence artificielle.</p>
<p class="p2">Mais il constitue un signal politique. Un signal qui mérite d’être discuté. Car simplifier une règle peut être utile. La rendre plus lisible peut être nécessaire. Adapter son application à la réalité économique peut être légitime.</p>
<p class="p2">En revanche, différer des protections destinées à encadrer les usages les plus sensibles de l’intelligence artificielle ne peut être présenté comme une simple formalité administrative.</p>
<p class="p2">Lorsqu’un système est susceptible d’influencer l’accès à un emploi, à une formation, à un crédit ou à un service essentiel, les garanties prévues ne sont pas des détails réglementaires.</p>
<p class="p2">Elles sont la condition de la confiance démocratique.</p>
<p class="p2">L’Europe a eu raison d’interdire rapidement certaines pratiques qui portent atteinte à la dignité humaine.</p>
<p class="p2">Elle doit désormais faire preuve de la même constance lorsqu’il s’agit de protéger les droits fondamentaux face aux systèmes qui, demain, contribueront à prendre des décisions sur nos vies.</p>
<p class="p2">Car en matière d’intelligence artificielle comme dans tout progrès technologique, la question décisive n’est pas seulement la vitesse à laquelle nous avançons.</p>
<p class="p2">C’est la direction dans laquelle nous allons.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-6" data-row="script-row-unique-6" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-6"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/omnibus/">AI Act :  l’Europe ne doit pas confondre simplification et capitulation</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mineurs et réseaux sociaux : protéger l’esprit avant de protéger les écrans</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/proteger-les-esprits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 04:03:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133457</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/proteger-les-esprits/">Mineurs et réseaux sociaux : protéger l’esprit avant de protéger les écrans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-7"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Protéger les mineurs, pas verrouiller les portes du monde numérique</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Le débat est mal posé</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Depuis plusieurs mois, l&rsquo;Europe cherche à mieux protéger les mineurs sur les réseaux sociaux. L&rsquo;annonce faite mi-avril 2026 par Ursula von der Leyen, selon laquelle l&rsquo;application européenne de vérification d&rsquo;âge est « techniquement prête à l&#8217;emploi », marque une nouvelle étape dans cette ambition. En Belgique, la ministre du Numérique Vanessa Matz souhaite mettre en place un système de vérification d&rsquo;âge dès l&rsquo;été 2026, avant l&rsquo;adoption d&rsquo;un cadre législatif plus complet d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année. D&rsquo;autres pays européens avancent également dans cette direction, certains envisageant même un âge minimum d&rsquo;accès aux réseaux sociaux.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Ce débat, je le suis de près, et depuis longtemps. Comme Secrétaire d&rsquo;État à la Digitalisation, j&rsquo;ai porté la Déclaration de Louvain-la-Neuve, signée le 13 avril 2024 par les vingt-sept États membres sous présidence belge du Conseil de l&rsquo;Union. Cette déclaration appelait déjà à un internet plus sûr pour les mineurs et prévoyait précisément un outil de vérification d&rsquo;âge respectueux de la vie privée. Autrement dit, l&rsquo;application dont l&rsquo;Europe parle aujourd&rsquo;hui découle d&rsquo;un texte que la Belgique a fait aboutir il y a deux ans. Je suis donc tout sauf un spectateur de ce débat. Et c&rsquo;est justement parce que j&rsquo;y travaille depuis le départ que je crois qu&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui mal posé.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">À première vue, l&rsquo;objectif semble difficilement contestable. Les études se multiplient sur les effets de certaines plateformes sur la santé mentale des adolescents, sur les phénomènes de dépendance, sur l&rsquo;exposition précoce à des contenus inappropriés ou sur l&rsquo;impact des algorithmes de recommandation. Face à ces constats, la tentation est grande de chercher une solution simple : empêcher les plus jeunes d&rsquo;accéder à ces services.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Pourtant, le débat est souvent posé dans des termes trompeurs. Comme si le choix se limitait à deux options : interdire ou laisser faire. Comme si la protection des mineurs passait nécessairement par un contrôle accru de l&rsquo;identité de l&rsquo;ensemble des internautes. Comme si le problème principal était l&rsquo;écran lui-même.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Or le véritable enjeu est ailleurs. Ce qui mérite d&rsquo;être interrogé n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;accès aux réseaux sociaux, mais le modèle économique qui structure leur fonctionnement. Le problème n&rsquo;est pas l&rsquo;écran. Le problème est ce qui se joue derrière l&rsquo;écran.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Ce ne sont pas les technologies qui captent, mais les modèles économiques</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les débats sur le numérique souffrent souvent d&rsquo;une confusion entre l&rsquo;outil et son usage. Une plateforme numérique n&rsquo;est pas nocive par nature. Les réseaux sociaux permettent d&rsquo;apprendre, de créer, de maintenir des liens sociaux, de s&rsquo;informer ou de participer à la vie démocratique. Pour beaucoup de jeunes, ils constituent même un espace essentiel de sociabilité et d&rsquo;expression.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Mais ces bénéfices coexistent avec une réalité plus préoccupante : la plupart des grandes plateformes reposent sur une économie de l&rsquo;attention. Leur modèle économique dépend du temps que nous passons devant elles. Plus l&rsquo;utilisateur reste connecté, plus il génère de données, plus il est exposé à la publicité, plus la plateforme augmente ses revenus.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette logique n&rsquo;est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, c&rsquo;est le niveau de sophistication atteint par les systèmes de recommandation. Grâce aux progrès de l&rsquo;intelligence artificielle, les plateformes sont devenues extrêmement efficaces pour identifier ce qui retient notre attention, stimule nos émotions ou provoque notre engagement.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les adultes ne sont déjà pas toujours armés pour résister à ces mécanismes. Il serait naïf de croire que les adolescents disposent spontanément de toutes les ressources nécessaires pour y faire face.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le véritable sujet n&rsquo;est donc pas la présence d&rsquo;un jeune sur un réseau social. Le véritable sujet est l&rsquo;existence de systèmes conçus pour maximiser l&rsquo;attention, parfois au détriment du bien-être, de la concentration ou du développement du jugement critique.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Le risque d&rsquo;une mauvaise réponse à un vrai problème</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Reconnaître l&rsquo;existence d&rsquo;un problème ne signifie pas que toutes les solutions proposées soient pertinentes.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La vérification d&rsquo;âge constitue un exemple révélateur de cette difficulté. Présentée comme un outil de protection des mineurs, elle soulève des questions importantes concernant la vie privée et les libertés numériques.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le 21 mai 2026, l&rsquo;association La Quadrature du Net alertait sur ce qu&rsquo;elle considère comme une dérive potentielle : derrière la vérification d&rsquo;âge pourrait se développer une généralisation du contrôle d&rsquo;identité en ligne. L&rsquo;inquiétude mérite d&rsquo;être prise au sérieux. Dans de nombreux cas, vérifier l&rsquo;âge d&rsquo;un utilisateur suppose en effet de collecter ou de traiter des informations personnelles qui n&rsquo;étaient jusqu&rsquo;ici pas nécessaires.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Mais cette inquiétude, légitime, n&rsquo;est pas une fatalité technique. C&rsquo;est même précisément le sens du travail que nous avons mené. La Déclaration de Louvain-la-Neuve ne demandait pas n&rsquo;importe quelle vérification d&rsquo;âge : elle exigeait un dispositif respectueux de la vie privée. Et la solution existe déjà, concrètement. Le 15 mai 2024, la Belgique a lancé MyGov.be, son portefeuille d&rsquo;identité numérique, en application du règlement européen eIDAS 2.0 — parmi les tout premiers États membres à le faire. Or la logique même de ce portefeuille est de permettre à un citoyen de prouver un attribut — par exemple, le fait d&rsquo;être majeur — sans livrer le reste de son identité, et en gardant le contrôle de ses propres données.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le mauvais système consiste à exiger une pièce d&rsquo;identité complète pour entrer sur une plateforme. Le bon système consiste à répondre par oui ou par non à une seule question — « cette personne a-t-elle l&rsquo;âge requis ? » — sans rien révéler de plus. La technologie pour cela n&rsquo;est pas une promesse lointaine : elle est déjà déployée. Confondre les deux approches, c&rsquo;est précisément ce qui transforme une mesure de protection en outil de surveillance.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Car le risque, lui, demeure réel : créer un précédent. Aujourd&rsquo;hui pour accéder à un réseau social. Demain pour consulter certains contenus. Après-demain pour participer à un débat public ou accéder à un service en ligne.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Une démocratie libérale doit toujours se montrer prudente lorsqu&rsquo;une mesure destinée à résoudre un problème spécifique conduit à étendre les mécanismes de surveillance ou d&rsquo;identification de l&rsquo;ensemble de la population.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;histoire montre que les libertés sont rarement supprimées d&rsquo;un seul coup. Elles sont plus souvent érodées progressivement, au nom d&rsquo;objectifs légitimes pris isolément.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>L&rsquo;anonymat n&rsquo;est pas un privilège, c&rsquo;est une liberté</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Le débat sur la vérification d&rsquo;âge révèle une autre difficulté : l&rsquo;anonymat en ligne est souvent présenté comme un problème alors qu&rsquo;il constitue également une protection.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Bien entendu, l&rsquo;anonymat peut être utilisé à mauvais escient. Mais il protège aussi les lanceurs d&rsquo;alerte, les dissidents politiques, les victimes de violences, les journalistes, les militants associatifs ou simplement les citoyens qui souhaitent s&rsquo;exprimer sans exposer toute leur vie privée.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Dans une société démocratique, le droit de participer à l&rsquo;espace public sans devoir systématiquement révéler son identité n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est une garantie fondamentale.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La question devient alors délicate : comment protéger les mineurs sans imposer à l&rsquo;ensemble des internautes une forme de contrôle d&rsquo;identité permanent ? C&rsquo;est exactement la question à laquelle un portefeuille numérique bien conçu apporte une réponse : prouver sans dévoiler. Une vérification d&rsquo;âge n&rsquo;a pas à devenir une carte d&rsquo;identité permanente accrochée à chacun de nos pas en ligne.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cette interrogation est d&rsquo;autant plus pertinente que plusieurs juristes européens soulignent déjà les tensions possibles entre certains dispositifs nationaux de vérification d&rsquo;âge et le cadre juridique européen existant, notamment dans le contexte du Digital Services Act.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Une bonne politique publique ne consiste pas seulement à poursuivre un objectif légitime. Elle consiste également à choisir les moyens les plus proportionnés pour l&rsquo;atteindre.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Faire appliquer les règles qui existent déjà</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;un des paradoxes du débat actuel est que l&rsquo;Europe dispose déjà d&rsquo;outils réglementaires importants.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;article 28 du Digital Services Act impose aux plateformes accessibles aux mineurs de mettre en place un niveau élevé de protection de leur vie privée, de leur sécurité et de leur sûreté. Il prévoit notamment que les services ne peuvent pas utiliser certaines données personnelles des mineurs à des fins de profilage publicitaire.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Autrement dit, une partie de la réponse existe déjà dans le droit européen.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La priorité devrait peut-être être moins de multiplier les nouveaux mécanismes de contrôle que de faire respecter pleinement les obligations existantes.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les plateformes qui ciblent les jeunes utilisateurs devraient démontrer que leurs interfaces, leurs algorithmes de recommandation et leurs mécanismes d&rsquo;engagement sont compatibles avec le développement sain des mineurs.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">La question centrale n&rsquo;est pas seulement : « Quel âge a l&rsquo;utilisateur ? » La question est aussi : « Quel comportement la plateforme cherche-t-elle à provoquer ? »</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Tant que cette seconde interrogation restera marginale, le débat passera à côté de son véritable objet.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Investir dans le jugement plutôt que dans la surveillance</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Aucune technologie ne remplacera jamais l&rsquo;éducation. Cette affirmation peut sembler décevante tant elle paraît simple. Pourtant, elle demeure probablement la plus importante.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">C&rsquo;est cette conviction qui m&rsquo;a conduit à cofonder l&rsquo;ASBL Citoyens Numériques. Notre position est constante, et elle va à rebours de l&rsquo;air du temps : la réponse à un réseau social problématique n&rsquo;est pas d&rsquo;en interdire l&rsquo;accès, c&rsquo;est exactement l&rsquo;inverse. La régulation est nécessaire, mais elle est insuffisante. Ce qui forme des esprits autonomes, responsables et résilients, c&rsquo;est l&rsquo;éducation à la citoyenneté numérique. C&rsquo;est tout le sens du travail engagé lors du premier Forum de l&rsquo;éducation à la citoyenneté numérique, à Louvain-la-Neuve, qui prolonge sur le terrain l&rsquo;esprit de la Déclaration du même nom.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les jeunes grandissent dans un environnement numérique qui façonnera leur vie professionnelle, sociale et citoyenne. Imaginer que la protection puisse reposer exclusivement sur des barrières techniques revient à ignorer cette réalité.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">L&rsquo;objectif ne devrait pas être de tenir les adolescents éloignés du numérique le plus longtemps possible. Il devrait être de leur permettre d&rsquo;y évoluer avec discernement.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Cela suppose un investissement massif dans la littératie numérique. Comprendre comment fonctionnent les algorithmes. Identifier les mécanismes de manipulation émotionnelle. Reconnaître les stratégies de captation de l&rsquo;attention. Développer un rapport critique à l&rsquo;information. Apprendre à protéger sa vie privée.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Ces compétences ne sont plus accessoires. Elles deviennent aussi essentielles que la lecture, l&rsquo;écriture ou l&rsquo;éducation civique. Une société qui forme des citoyens capables de comprendre les environnements numériques dans lesquels ils évoluent construit une protection plus durable que celle offerte par n&rsquo;importe quel dispositif technique.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;"><strong>Protéger l&rsquo;esprit humain</strong></p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les débats sur les réseaux sociaux et les mineurs révèlent souvent une tentation ancienne : lorsqu&rsquo;un problème complexe apparaît, nous cherchons une solution simple. Interdire semble plus facile qu&rsquo;éduquer. Contrôler paraît plus rapide que former. Vérifier rassure davantage qu&rsquo;expliquer.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Mais les sociétés libres ne se construisent pas uniquement autour de mécanismes de contrôle. Elles reposent aussi sur la capacité des individus à exercer leur jugement.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">C&rsquo;est pourquoi le véritable défi posé par les réseaux sociaux dépasse largement la question de l&rsquo;âge minimum. Il touche à la manière dont nous voulons protéger l&rsquo;attention humaine, préserver la capacité de concentration, encourager l&rsquo;esprit critique et renforcer l&rsquo;autonomie des citoyens de demain.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Les mineurs doivent évidemment être protégés. J&rsquo;ai contribué à poser le cadre européen avec la Déclaration de Louvain-la-Neuve, à construire l&rsquo;outil avec MyGov, et à lancer le travail d&rsquo;éducation avec Citoyens Numériques. Ces trois leviers vont dans le même sens : protéger sans surveiller, vérifier sans ficher, accompagner sans interdire. Cette protection ne peut pas devenir le prétexte à une remise en cause générale de l&rsquo;anonymat en ligne ou à une collecte accrue de données personnelles. Une démocratie libérale ne devrait jamais choisir entre la protection de l&rsquo;enfance et la protection des libertés fondamentales. Elle doit être capable de garantir les deux.</p>
<p class="font-claude-response-body break-words whitespace-normal leading-&#091;1.7&#093;">Protéger l&rsquo;esprit humain n&rsquo;est pas verrouiller les portes du monde numérique. C&rsquo;est donner à chacun les outils nécessaires pour s&rsquo;y orienter librement. Car à long terme, la meilleure défense contre les manipulations n&rsquo;est pas la surveillance. C&rsquo;est le jugement.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-7" data-row="script-row-unique-7" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-7"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/proteger-les-esprits/">Mineurs et réseaux sociaux : protéger l’esprit avant de protéger les écrans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cybersécurité : un service public de base, pas une case à cocher</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/cyber-nis2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 04:08:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133463</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/cyber-nis2/">Cybersécurité : un service public de base, pas une case à cocher</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-8"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h2><span class="s1"><b>Quand une cyberattaque devient un problème de société</b></span></h2>
<p class="p2">Pendant longtemps, la cybersécurité a été perçue comme une affaire technique. Elle relevait des services informatiques, des spécialistes des réseaux ou des experts en sécurité. Pour la plupart des citoyens, elle appartenait à cet univers invisible qui permet aux ordinateurs de fonctionner sans que l’on ait à s’en préoccuper.</p>
<p class="p2">Cette époque est révolue.</p>
<p class="p2">Lorsqu’un hôpital est paralysé par une attaque informatique, ce ne sont pas seulement des serveurs qui cessent de fonctionner. Ce sont des opérations qui sont reportées, des dossiers médicaux qui deviennent inaccessibles et des soignants qui perdent des outils essentiels à leur travail. Lorsqu’une administration est frappée par un rançongiciel, ce ne sont pas uniquement des données qui disparaissent temporairement. Ce sont des services publics qui deviennent indisponibles pour les citoyens. Lorsqu’une infrastructure critique est compromise, les conséquences peuvent toucher l’énergie, les transports ou les communications.</p>
<p class="p2">La cybersécurité n’est donc plus un sujet réservé aux techniciens. Elle est devenue une condition du fonctionnement normal de la société.</p>
<p class="p2">C’est dans ce contexte que l’échéance du 18 avril 2026 liée à la directive européenne NIS2 mérite d’être comprise. À partir de cette date, les entités essentielles belges concernées doivent être capables de démontrer la mise en œuvre effective de mesures de gestion des risques. Quelques jours plus tard, le Centre pour la Cybersécurité Belgique adoptait un nouveau plan national de réponse aux crises cyber, rappelant qu’en 2025, 556 incidents avaient été signalés, contre 352 en 2024 et 285 en 2023. Huit d’entre eux ont été considérés comme ayant un impact national.</p>
<p class="p2">Derrière ces chiffres se dessine une réalité simple : les attaques augmentent, se professionnalisent et ciblent désormais les infrastructures dont dépend directement la vie quotidienne des citoyens.</p>
<h2><span class="s1"><b>La souveraineté commence par la capacité à se défendre</b></span></h2>
<p class="p2">Les débats sur la souveraineté numérique se concentrent souvent sur les données, les plateformes ou les infrastructures cloud. Ces questions sont importantes. Mais elles risquent parfois de faire oublier un principe plus élémentaire : une société n’est réellement souveraine que lorsqu’elle est capable de protéger les systèmes dont elle dépend.</p>
<p class="p2">Une centrale électrique qui ne peut être sécurisée n’est pas souveraine.</p>
<p class="p2">Un hôpital incapable de résister à une attaque informatique n’est pas souverain.</p>
<p class="p2">Une administration qui ne peut garantir la continuité de ses services numériques n’est pas souveraine.</p>
<p class="p2">La cybersécurité constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus concrètes de la souveraineté. Elle ne se mesure pas dans les discours ou les déclarations d’intention. Elle se mesure dans la capacité réelle à prévenir, détecter et gérer les incidents.</p>
<p class="p2">C’est précisément ce que cherche à renforcer la directive NIS2. Son ambition n’est pas de produire un nouveau corpus réglementaire abstrait. Elle vise à créer un niveau minimal de résilience dans les secteurs dont dépend le fonctionnement de la société.</p>
<p class="p2">Dans cette perspective, la cybersécurité ressemble de plus en plus à d’autres infrastructures essentielles. Nous n’acceptons pas qu’un réseau d’eau potable fonctionne sans normes de sécurité. Nous n’imaginons pas qu’un fournisseur d’électricité puisse ignorer les exigences minimales garantissant la continuité du service. Il devient difficile de justifier que les infrastructures numériques échappent à la même logique.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le faux débat entre conformité et liberté d’entreprendre</b></span></h2>
<p class="p2">Comme toute nouvelle réglementation, NIS2 suscite des critiques. Certaines entreprises dénoncent une charge administrative supplémentaire. D’autres s’inquiètent du coût de la mise en conformité ou de la complexité des exigences imposées.</p>
<p class="p2">Ces préoccupations sont légitimes. Une économie dynamique ne doit pas être étouffée par des obligations disproportionnées. Mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles conduisent à présenter la cybersécurité comme une simple contrainte bureaucratique.</p>
<p class="p2">Le débat est alors mal posé.</p>
<p class="p2">La question n’est pas de savoir si les entreprises préfèrent être réglementées ou non. La question est de savoir si une société moderne peut se permettre que certaines infrastructures essentielles demeurent insuffisamment protégées.</p>
<p class="p2">Personne ne considère aujourd’hui les normes de sécurité incendie comme une atteinte à la liberté d’entreprendre. Personne ne propose de supprimer les obligations sanitaires dans les hôpitaux au nom de la simplification administrative. Ces règles existent parce que les conséquences d’une défaillance dépassent largement l’organisation concernée.</p>
<p class="p2">La cybersécurité relève désormais de la même logique. Lorsqu’une organisation essentielle est compromise, les dommages ne se limitent pas à son activité propre. Ils affectent les citoyens, les partenaires économiques et parfois l’ensemble du pays.</p>
<p class="p2">Dans cette perspective, NIS2 n’est pas une bureaucratie supplémentaire. C’est le socle minimal d’une résilience collective.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une obligation sans moyens devient une injustice</b></span></h2>
<p class="p2">Reconnaître la nécessité de ces exigences ne signifie pas ignorer les difficultés de leur mise en œuvre.</p>
<p class="p2">C’est même l’une des principales faiblesses des politiques publiques contemporaines : transformer des objectifs légitimes en obligations sans toujours fournir les moyens nécessaires pour les atteindre.</p>
<p class="p2">Une grande entreprise internationale dispose souvent d’équipes spécialisées, de budgets dédiés et de capacités importantes en matière de cybersécurité. La situation est très différente pour une PME, une maison de repos, une administration locale ou un établissement hospitalier déjà confronté à des contraintes budgétaires et à une pénurie de personnel.</p>
<p class="p2">Or la menace ne fait pas cette distinction.</p>
<p class="p2">Les cybercriminels attaquent là où les défenses sont les plus faibles. Ils ciblent souvent les organisations les moins préparées précisément parce qu’elles sont plus vulnérables.</p>
<p class="p2">L’exemple des hôpitaux est particulièrement révélateur. Selon les chiffres publiés en 2026, près de deux tiers des hôpitaux belges ont déjà subi une cyberattaque. Plus préoccupant encore, trois établissements sur quatre doivent renforcer leur cybersécurité de manière urgente.</p>
<p class="p2">Personne ne souhaite qu’un service de soins intensifs soit interrompu par une attaque informatique. Pourtant, nous continuons parfois à considérer la cybersécurité hospitalière comme une dépense secondaire alors qu’elle participe directement à la continuité des soins.</p>
<p class="p2">Exiger une conformité sans accompagner ceux qui doivent la mettre en œuvre revient à transformer une nécessité collective en charge individuelle. À terme, cette logique fragilise l’adhésion aux règles elles-mêmes.</p>
<h2><span class="s1"><b>Construire une résilience accessible à tous</b></span></h2>
<p class="p2">Si la cybersécurité est devenue un service public de base, alors son financement et son accompagnement doivent être pensés comme tels.</p>
<p class="p2">La première priorité devrait être la création d’un véritable guichet unique permettant aux entités concernées d’accéder facilement aux informations, aux outils et aux expertises nécessaires. Trop souvent, les organisations se retrouvent seules face à des exigences complexes qu’elles peinent à interpréter.</p>
<p class="p2">La deuxième priorité consiste à mutualiser davantage les ressources. Toutes les structures n’ont pas besoin de développer individuellement les mêmes capacités. Des audits partagés, des plateformes communes ou des services de soutien coordonnés permettraient de réduire les coûts tout en améliorant le niveau général de protection.</p>
<p class="p2">Enfin, certains secteurs devraient bénéficier d’un accompagnement spécifique. Les hôpitaux, les institutions de soins et les services publics locaux remplissent des missions essentielles dont la sécurité concerne l’ensemble de la collectivité. Leur mise à niveau ne peut reposer uniquement sur leurs budgets propres.</p>
<p class="p2">Une approche libérale ne consiste pas à abandonner les acteurs à leurs difficultés. Elle consiste à créer les conditions qui permettent à chacun d’assumer ses responsabilités dans un cadre juste et réaliste.</p>
<h2><span class="s1"><b>La confiance numérique est un bien commun</b></span></h2>
<p class="p2">Nous parlons souvent de transformation numérique comme d’un processus d’innovation, de modernisation ou de compétitivité. Toutes ces dimensions sont importantes. Mais elles reposent sur une condition préalable : la confiance.</p>
<p class="p2">Les citoyens utilisent les services numériques parce qu’ils supposent que leurs données seront protégées. Ils acceptent la dématérialisation des démarches administratives parce qu’ils croient à la continuité du service. Ils confient des informations sensibles aux hôpitaux parce qu’ils estiment que ces informations seront sécurisées.</p>
<p class="p2">Cette confiance est devenue un bien commun.</p>
<p class="p2">Comme tous les biens communs, elle peut être renforcée ou affaiblie par les choix collectifs. Chaque cyberattaque majeure qui paralyse un service essentiel contribue à l’éroder. Chaque investissement dans la résilience contribue à la consolider.</p>
<p class="p2">C’est pourquoi la cybersécurité ne doit plus être considérée comme un coût optionnel ou une formalité réglementaire. Elle constitue l’une des infrastructures invisibles sur lesquelles repose désormais la vie démocratique, économique et sociale.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une responsabilité collective</b></span></h2>
<p class="p2">L’entrée en vigueur des obligations liées à NIS2 marque une étape importante dans la maturation numérique de l’Europe. Elle traduit une prise de conscience : les infrastructures numériques sont devenues aussi essentielles que les infrastructures physiques.</p>
<p class="p2">Mais cette prise de conscience doit aller jusqu’au bout de sa logique. Si nous considérons réellement la cybersécurité comme un service public de base, nous ne pouvons pas nous contenter de vérifier la conformité des organisations ou de sanctionner leurs manquements. Nous devons également leur donner les moyens de construire leur résilience.</p>
<p class="p2">La sécurité numérique des citoyens ne devrait jamais dépendre uniquement de la taille du budget de leur hôpital, de leur administration locale ou de leur fournisseur de services essentiels. Elle relève désormais d’une responsabilité collective.</p>
<p class="p2">Dans une société connectée, la chaîne de sécurité n’est jamais plus solide que son maillon le plus faible. Renforcer ce maillon n’est pas seulement une question technique. C’est un choix politique qui engage notre capacité à protéger la continuité des services dont dépend la vie quotidienne de chacun.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-8" data-row="script-row-unique-8" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-8"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/cyber-nis2/">Cybersécurité : un service public de base, pas une case à cocher</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Cloud, intelligence artificielle et souveraineté : l’Europe face à une dépendance silencieuse</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/cloud-intelligence-artificielle-et-souverainete-leurope-face-a-une-dependance-silencieuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 01:04:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexion personnelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133449</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/cloud-intelligence-artificielle-et-souverainete-leurope-face-a-une-dependance-silencieuse/">Cloud, intelligence artificielle et souveraineté : l’Europe face à une dépendance silencieuse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-9"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h1><span class="s1"><b>Cloud, intelligence artificielle et souveraineté : l’Europe face à une dépendance silencieuse</b></span></h1>
<h2><span class="s1"><b>Le cloud : cet espace invisible où vivent nos données</b></span></h2>
<p class="p2">Le cloud, dans son acception la plus concrète, est devenu l’endroit où sont stockées, traitées et exploitées la plupart des données qui nous concernent. Nos échanges, nos documents professionnels, nos informations de santé, nos démarches administratives, mais aussi une part croissante de nos interactions quotidiennes y transitent en permanence.</p>
<p class="p2">Contrairement à l’image d’un espace abstrait et immatériel, le cloud repose sur des infrastructures bien réelles : des centres de données, des serveurs, des réseaux. Mais pour l’utilisateur, tout semble lointain, presque intangible. Cette distance crée une illusion : celle que ces données restent sous notre contrôle, alors même qu’elles sont, en pratique, confiées à des acteurs extérieurs.</p>
<p class="p3">À partir de ce constat simple se dessine une question plus profonde : qui contrôle réellement cet espace où se concentre désormais une grande partie de nos vies numériques ?</p>
<h2><span class="s1"><b>Une promesse de maîtrise dans un monde incertain</b></span></h2>
<p class="p2">Face à cette réalité, une notion s’est imposée dans le débat européen : celle de « cloud souverain ». Elle porte en elle une promesse forte, presque politique. Celle de reprendre la maîtrise de nos données, de sécuriser nos infrastructures et, au fond, de restaurer une forme d’autonomie dans un monde numérique dominé par quelques grandes puissances technologiques.</p>
<p class="p2">Dans un contexte marqué par l’essor rapide de l’intelligence artificielle, cette promesse prend une dimension encore plus stratégique. Elle semble offrir une réponse à une inquiétude diffuse : celle de dépendre d’acteurs extérieurs pour des fonctions devenues essentielles.</p>
<p class="p3">Mais derrière cette promesse, une ambiguïté demeure. Elle tient à une confusion entre ce qui relève de la protection apparente et ce qui constitue une véritable souveraineté.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le cloud, colonne vertébrale du pouvoir numérique</b></span></h2>
<p class="p2">Le cloud n’est plus un simple outil technique. Il est devenu la colonne vertébrale du fonctionnement numérique des sociétés contemporaines. Les administrations publiques, les entreprises, les services essentiels et les plateformes numériques reposent désormais sur ces infrastructures.</p>
<p class="p2">Cette centralité transforme profondément les rapports de pouvoir. Car contrôler le cloud, ce n’est pas seulement gérer des données. C’est maîtriser les conditions dans lesquelles elles sont accessibles, traitées et utilisées. C’est, en creux, influencer les décisions qui en découlent.</p>
<p class="p3">Déléguer son cloud, c’est donc accepter une forme de dépendance. Une dépendance souvent invisible, mais structurante.</p>
<h2><span class="s1"><b>L’intelligence artificielle, révélateur d’une fragilité structurelle</b></span></h2>
<p class="p2">L’essor de l’intelligence artificielle vient accentuer cette dépendance de manière spectaculaire. L’IA ne fonctionne pas de manière autonome : elle repose intégralement sur des infrastructures cloud capables de traiter d’immenses volumes de données et de mobiliser des capacités de calcul considérables.</p>
<p class="p2">Ainsi, le développement de l’intelligence artificielle est indissociable de la maîtrise du cloud. Sans cette maîtrise, l’autonomie technologique reste limitée.</p>
<p class="p2">Cette réalité introduit une interrogation essentielle : une société peut-elle prétendre maîtriser ses outils d’intelligence artificielle si elle ne contrôle pas l’infrastructure sur laquelle ils reposent ?</p>
<p class="p3">La question dépasse la technique. Elle touche à la capacité même de décider.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une souveraineté qui ne se limite pas au territoire</b></span></h2>
<p class="p2">Pour répondre à ces enjeux, l’Europe a souvent privilégié une approche fondée sur la localisation des données. L’idée est intuitive : héberger les données sur le sol européen permettrait d’en garantir la protection.</p>
<p class="p2">Mais cette vision se heurte à une réalité plus complexe.</p>
<p class="p2">La souveraineté numérique ne se réduit pas à une question géographique. Une donnée peut être physiquement stockée en Europe tout en étant juridiquement accessible depuis l’étranger. Elle peut être hébergée localement tout en dépendant de technologies conçues ailleurs. Elle peut être protégée par des règles européennes tout en restant vulnérable à des décisions prises hors du continent.</p>
<p class="p3">La souveraineté véritable suppose donc une maîtrise plus large : juridique, technologique et politique.</p>
<h2><span class="s1"><b>L’extraterritorialité, ou le déplacement du pouvoir</b></span></h2>
<p class="p2">C’est ici qu’intervient une dimension souvent méconnue mais décisive : celle de l’extraterritorialité du droit. Certaines législations permettent à des États d’exiger l’accès à des données détenues par leurs entreprises, même lorsque ces données sont stockées à l’étranger.</p>
<p class="p2">Ce mécanisme introduit un décalage profond entre le lieu où se trouvent les données et le pouvoir qui s’exerce sur elles.</p>
<p class="p3">Ainsi, une donnée européenne peut, dans certaines conditions, relever d’une autorité non européenne. Ce phénomène redéfinit les contours de la souveraineté : celle-ci ne dépend plus seulement du territoire, mais du cadre juridique et des acteurs qui contrôlent l’infrastructure.</p>
<h2><span class="s1"><b>Le « cloud souverain » : une notion sous tension</b></span></h2>
<p class="p2">Dans ce contexte, les offres dites de « cloud souverain » apparaissent comme des tentatives de réponse. Elles reposent sur des mécanismes de localisation, des partenariats avec des acteurs européens ou encore des dispositifs renforcés de sécurité.</p>
<p class="p2">Ces solutions apportent des garanties réelles, notamment en matière de conformité réglementaire. Elles répondent à des besoins concrets et participent à une meilleure protection des données.</p>
<p class="p2">Mais elles entretiennent aussi une ambiguïté.</p>
<p class="p2">Car elles donnent parfois l’impression d’une souveraineté acquise, alors que les dépendances fondamentales demeurent. Les technologies utilisées restent souvent étrangères, les contraintes juridiques persistent et les centres de décision échappent partiellement à l’Europe.</p>
<p class="p3">Il ne s’agit pas d’un mensonge, mais d’un glissement de sens. Et ce glissement a des conséquences.</p>
<h2><span class="s1"><b>Des dépendances aux implications concrètes</b></span></h2>
<p class="p2">Cette dépendance n’est pas abstraite. Elle se manifeste dans des domaines où les enjeux sont particulièrement sensibles. Dans la santé, la justice, la défense ou encore la gestion des infrastructures essentielles, les données jouent un rôle déterminant.</p>
<p class="p2">Elles orientent les décisions, structurent les politiques publiques et participent à la sécurité des États.</p>
<p class="p2">Dans ces contextes, la question du contrôle devient centrale. Qui décide de l’accès aux données ? Qui garantit leur intégrité ? Qui peut, en dernier ressort, en autoriser ou en limiter l’usage ?</p>
<p class="p3">Lorsque ces capacités ne sont pas pleinement maîtrisées, la souveraineté devient incertaine.</p>
<h2><span class="s1"><b>Une Europe face à ses contradictions</b></span></h2>
<p class="p2">L’Union européenne affiche une ambition claire : renforcer son autonomie stratégique dans un monde marqué par les rivalités technologiques. Elle souhaite exister comme un acteur capable de défendre ses intérêts et ses valeurs.</p>
<p class="p2">Mais cette ambition se heurte à une réalité plus fragile : la dépendance à des infrastructures numériques largement contrôlées par des acteurs non européens.</p>
<p class="p2">Cette situation crée une tension. Peut-on revendiquer une autonomie politique sans maîtriser les fondations technologiques qui la rendent possible ?</p>
<p class="p3">La question invite à une réflexion de fond sur la cohérence des choix européens.</p>
<h2><span class="s1"><b>Nommer pour comprendre, comprendre pour agir</b></span></h2>
<p class="p2">Dans ce débat, le rôle du langage est déterminant. Les mots ne sont pas neutres. Ils orientent la perception des enjeux et influencent les décisions.</p>
<p class="p2">Parler de « souveraineté » là où il n’existe qu’une forme de conformité ou de protection partielle peut créer une illusion de sécurité. Cette illusion, en retour, peut retarder les investissements nécessaires et freiner l’émergence d’alternatives véritablement européennes.</p>
<p class="p3">Clarifier les termes, c’est déjà commencer à clarifier les choix.</p>
<h2><span class="s1"><b>Un choix structurant à l’ère de l’intelligence artificielle</b></span></h2>
<p class="p2">À mesure que l’intelligence artificielle s’impose comme un levier central de transformation, le cloud devient une infrastructure de puissance. Il conditionne non seulement l’économie, mais aussi la capacité des sociétés à décider pour elles-mêmes.</p>
<p class="p2">L’Europe se trouve aujourd’hui face à un choix structurant. Elle peut accepter une forme de souveraineté partielle, inscrite dans des dépendances assumées. Elle peut aussi choisir d’investir dans une souveraineté plus exigeante, qui suppose de reconstruire une maîtrise technologique.</p>
<p class="p2">Ce choix n’est ni simple ni immédiat. Mais une chose apparaît avec clarté : dans un monde où la technologie redéfinit les rapports de force, l’ambiguïté n’est plus une option durable.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-9" data-row="script-row-unique-9" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-9"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/cloud-intelligence-artificielle-et-souverainete-leurope-face-a-une-dependance-silencieuse/">Cloud, intelligence artificielle et souveraineté : l’Europe face à une dépendance silencieuse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
