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	<title>Archives des Finances - Mathieu Michel</title>
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	<description>Liberté. Innovation. Responsabilité.</description>
	<lastBuildDate>Mon, 20 Jul 2026 12:21:09 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des Finances - Mathieu Michel</title>
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	<item>
		<title>La dette, c&#8217;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Aug 2026 10:39:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>7 à 10 milliards à trouver pour le budget 2026. La dette est une facture envoyée à nos enfants. Sortons du faux débat austérité contre dépense.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/">La dette, c&rsquo;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Un budget qui ne se boucle pas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat est brutal et il faut le regarder en face. Pour équilibrer le budget 2026, le gouvernement fédéral doit trouver entre 7 et 10 milliards d&rsquo;euros. Ce n&rsquo;est pas une somme théorique : c&rsquo;est l&rsquo;écart entre ce que l&rsquo;État dépense et ce qu&rsquo;il encaisse, un écart qu&rsquo;il faut combler par des recettes nouvelles, des économies, ou de la dette supplémentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faute d&rsquo;accord, la décision a été repoussée à l&rsquo;automne. Je comprends la difficulté de l&rsquo;exercice ; je n&rsquo;en fais pas le procès. Mais reporter n&rsquo;est pas décider. Chaque mois qui passe sans trajectoire claire, ce sont des intérêts qui courent et une confiance qui s&rsquo;érode, chez les citoyens comme chez ceux qui prêtent à la Belgique. On peut toujours gagner du temps ; on ne peut pas gagner indéfiniment sur la réalité des chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce débat, une piste est revenue sur la table : une hausse de la TVA, évoquée jusqu&rsquo;à 22 %. La TVA a un avantage, elle rapporte vite et beaucoup. Elle a un défaut majeur : elle frappe la consommation de tous, indépendamment du revenu. Une augmentation générale toucherait, en proportion, davantage les ménages modestes que les plus aisés. Ce n&rsquo;est pas un détail technique, c&rsquo;est une question de justice. Il existe des manières plus justes de mobiliser la TVA, en la ciblant ou en protégeant les produits de première nécessité, mais une hausse générale et uniforme serait le choix le moins équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Bureau fédéral du Plan a, de son côté, dressé une liste de 260 mesures budgétaires envisageables. C&rsquo;est un travail précieux, parce qu&rsquo;il met sur la table l&rsquo;éventail des choix possibles, sans tabou. Mais une liste n&rsquo;est pas une politique. Aligner 260 options, c&rsquo;est utile pour éclairer ; gouverner, c&rsquo;est trancher, hiérarchiser, assumer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne prétends pas ici qu&rsquo;il existe une solution indolore. Elle n&rsquo;existe pas. Boucler un budget de cette ampleur suppose des efforts réels, et quiconque promet le contraire ment ou se ment. Mais il y a une manière honnête et une manière malhonnête de faire ces efforts. La différence tient à un mot : la vérité qu&rsquo;on ose dire aux citoyens. Le courage, en politique budgétaire, ne consiste pas à annoncer des efforts spectaculaires, mais à répartir ces efforts avec justice et à en expliquer honnêtement la nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car derrière la technique budgétaire, il y a une question morale que l&rsquo;on préfère souvent taire. À qui envoie-t-on la facture ? Aux contribuables d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, par l&rsquo;impôt ou la TVA ? Aux bénéficiaires de services publics, par les économies ? Ou aux générations futures, par la dette ? C&rsquo;est de ce choix, jamais neutre, dont je veux parler. Ce choix devrait être posé ouvertement, débattu au grand jour, et non dissimulé dans la technicité des tableaux budgétaires que presque personne ne lit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dette, un héritage qu&rsquo;on transmet</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prendre la mesure du moment, il faut se souvenir d&rsquo;où nous venons. La Belgique connaît bien la dette. Dans les années 1980 et au début des années 1990, notre pays a vu son endettement atteindre des sommets qui menaçaient sa souveraineté budgétaire. Rembourser la dette, c&rsquo;était alors payer les erreurs accumulées d&rsquo;une décennie. Ceux qui ont vécu ces années se souviennent d&rsquo;un pays contraint dans ses choix, où l&rsquo;essentiel du budget partait rembourser le passé plutôt que préparer l&rsquo;avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un effort collectif considérable a suivi. Pendant des années, la Belgique s&rsquo;est désendettée, au prix de sacrifices partagés, pour revenir dans les clous et rejoindre l&rsquo;euro. Cette histoire devrait nous vacciner contre une illusion : celle qui consiste à croire que la dette est indolore tant que les taux sont bas. Les taux montent, les crises reviennent, et la facture, elle, ne disparaît jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis sont venues les grandes secousses. La crise financière de 2008, la pandémie, la crise énergétique. À chaque fois, l&rsquo;État a joué son rôle d&rsquo;amortisseur, et il a eu raison de le faire. Protéger les gens quand tout vacille, c&rsquo;est la fonction même de la puissance publique. Mais chaque bouclier a un coût, et ce coût s&rsquo;est ajouté à la dette. On ne peut pas à la fois saluer l&rsquo;État protecteur dans la tempête et refuser d&rsquo;en assumer la note une fois le calme revenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Hans Jonas, dans Le Principe responsabilité publié en 1979, a formulé une idée simple et exigeante : notre responsabilité s&rsquo;étend à ceux qui ne sont pas encore là pour se défendre. La dette publique est exactement cela. C&rsquo;est une décision prise par une génération et payée par la suivante, qui n&rsquo;a pas voté, pas débattu, pas consenti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense souvent à ces jeunes qui entrent aujourd&rsquo;hui dans la vie active. Ils hériteront de nos infrastructures et de nos savoirs, tant mieux. Mais ils hériteront aussi de nos intérêts à payer, qui grignoteront leurs marges de manœuvre, réduiront ce qu&rsquo;ils pourront financer à leur tour. Chaque euro d&rsquo;intérêt est un euro qui ne va ni à l&rsquo;école, ni à la santé, ni à la transition. Cette dette silencieuse ne fait pas la une, mais elle pèse chaque jour un peu plus sur les choix de ceux qui viennent après nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dire cela n&rsquo;est pas céder au catastrophisme. C&rsquo;est refuser le confort du court terme. Un pays sérieux ne demande pas à ses enfants de financer le train de vie de leurs parents. Il leur transmet des choix, pas seulement des factures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : austérité contre dépense</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque discussion budgétaire, le même théâtre se rejoue. D&rsquo;un côté, ceux qui brandissent l&rsquo;austérité comme une fatalité vertueuse, comme si couper était en soi une politique. De l&rsquo;autre, ceux qui traitent toute économie de brutalité et défendent la dépense comme un dogme, sans jamais dire comment la payer. Ce duel est usé. Il est surtout trompeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est trompeur parce qu&rsquo;il fait croire que la seule variable est le montant : dépenser plus ou dépenser moins. Or la vraie question n&rsquo;est pas combien, mais pour quoi. Un euro dépensé dans l&rsquo;éducation d&rsquo;un enfant ou dans un investissement productif ne vaut pas un euro gaspillé dans une dépense inefficace. Additionner des euros sans les qualifier, c&rsquo;est refuser de penser. Un pays qui investit dans sa jeunesse et un pays qui accumule des dépenses de fonctionnement inefficaces peuvent afficher le même total ; ils ne préparent pas du tout le même avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;austérité aveugle a un nom que je récuse : le rabot. Couper partout, de manière uniforme, au même pourcentage, c&rsquo;est traiter de la même façon ce qui prépare l&rsquo;avenir et ce qui l&rsquo;obère. C&rsquo;est facile, ça se décide vite, et ça abîme durablement. Le rabot est le contraire du courage : c&rsquo;est la paresse déguisée en rigueur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fuite en avant n&rsquo;est pas plus responsable. Dépenser sans trajectoire, en comptant sur la croissance de demain pour éponger les promesses d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est parier avec l&rsquo;argent des autres. Un État qui perd le contrôle de sa dette perd aussi, à terme, sa capacité à protéger. La solidarité sans soutenabilité est une promesse qui finit par se retourner contre les plus fragiles. Refuser de choisir, c&rsquo;est finalement laisser les circonstances choisir à notre place, et elles le font toujours au détriment des plus faibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre ces deux impasses, il existe un chemin : la revue au mérite. Passer chaque politique publique à la question de son efficacité réelle. Non pas couper au hasard, mais choisir. Renforcer ce qui marche et prépare l&rsquo;avenir, réduire ce qui ne produit plus rien, quel que soit le camp qui l&rsquo;a créé. C&rsquo;est plus difficile qu&rsquo;un slogan, parce que cela oblige à connaître les dossiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nommer ce faux débat, c&rsquo;est se donner une chance d&rsquo;en sortir. Tant que nous restons prisonniers de l&rsquo;opposition entre austérité et dépense, nous nous condamnons à osciller entre le rabot et la dérive. La vérité, plus exigeante, est ailleurs : dans la qualité des choix, pas dans leur quantité. C&rsquo;est un travail moins gratifiant que la polémique, mais c&rsquo;est le seul qui produit des résultats durables pour le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que je propose : une trajectoire, pas un rabot</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ma conviction est qu&rsquo;un pays se redresse par la crédibilité, pas par la brutalité. Cela suppose une méthode claire, que je résume en quatre principes concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, protéger les dépenses d&rsquo;avenir. L&rsquo;éducation, l&rsquo;investissement public, la défense de notre sécurité : ce ne sont pas des dépenses comme les autres. Elles préparent la prospérité et la protection de demain. Les sacrifier pour un gain budgétaire immédiat, ce serait vendre l&rsquo;avenir pour solder le présent. Ces postes doivent être défendus dans l&rsquo;effort, pas rabotés avec le reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, généraliser la revue des dépenses au mérite. Chaque euro public devrait pouvoir répondre à une question simple : à quoi sers-tu, et le fais-tu bien ? Cette évaluation, systématique et transparente, doit guider les arbitrages. Elle est le seul moyen de réduire la dépense sans casser ce qui fonctionne, en visant l&rsquo;inefficacité plutôt que la facilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, tracer une trajectoire pluriannuelle crédible. Un budget ne se pense pas à un an, mais sur la durée d&rsquo;une législature et au-delà. Annoncer un cap, s&rsquo;y tenir, rendre des comptes : c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on rétablit la confiance des citoyens et qu&rsquo;on desserre l&rsquo;étau des intérêts. La prévisibilité vaut mieux que les à-coups. Une trajectoire tenue vaut mieux que dix promesses spectaculaires abandonnées au premier obstacle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la transparence budgétaire. Les citoyens ont le droit de comprendre où va leur argent, dans un langage clair et non dans le jargon des initiés. Un budget lisible, expliqué, débattu, est le meilleur rempart contre la démagogie, celle qui promet tout sans jamais chiffrer. Parler vrai aux citoyens sur l&rsquo;état de nos comptes est, à mes yeux, un acte profondément libéral et profondément démocratique. Un citoyen qui comprend où va son argent est un citoyen qu&rsquo;on ne peut pas berner avec de fausses promesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette n&rsquo;est pas une fatalité. C&rsquo;est le résultat de nos choix, et donc quelque chose que d&rsquo;autres choix peuvent corriger. Je ne veux pas d&rsquo;un pays qui inflige à sa jeunesse une austérité punitive, ni d&rsquo;un pays qui lui lègue une dette qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas contractée. Je veux un pays qui parle vrai, qui choisit ses priorités, et qui a le courage de tenir sa trajectoire. C&rsquo;est cela, prendre nos enfants au sérieux. C&rsquo;est un chemin exigeant, sans effet d&rsquo;annonce, mais c&rsquo;est le seul qui soit à la hauteur du respect que nous devons à ceux qui viennent après nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.21news.be/budget-2026-arizona-tva-22-pourcent-octobre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">21news — budget 2026 : l&rsquo;Arizona repousse l&rsquo;accord à l&rsquo;automne, la TVA en débat</a></li>
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/quelles-mesures-budgetaires-le-gouvernement-de-wever-prendra-t-il-le-bureau-du-plan-a-dresse-une-liste-de-260-mesures-envisageables-11733746" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — le Bureau du Plan a dressé une liste de 260 mesures envisageables</a></li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/la-dette-cest-notre-generation-qui-la-paiera-parlons-vrai/">La dette, c&rsquo;est notre génération qui la paiera : parlons vrai</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Baisser l&#8217;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 10:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133568</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Chambre a voté la première partie de la réforme fiscale. Rendre le travail plus payant est juste, à condition de cibler, financer et protéger la solidarité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/">Baisser l&rsquo;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-0"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><h2 class="wp-block-heading">Ce que la Chambre vient de voter</h2>
<!-- /wp:post-content -->
<p>En ce début de vacances, la Chambre des représentants a adopté la première partie de la réforme fiscale portée par la coalition Arizona. La mesure phare est la plus lisible : le relèvement de la quotité du revenu exemptée d&rsquo;impôt. Aujourd&rsquo;hui, chacun d&rsquo;entre nous bénéficie d&rsquo;une première tranche de revenu, d&rsquo;un peu plus de 10.910 euros, sur laquelle l&rsquo;État ne prélève rien. Cette tranche sera portée à 14.450 euros pour l&rsquo;exercice d&rsquo;imposition 2030, puis à 15.600 euros pour l&rsquo;exercice 2031.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Le principe est ancien mais puissant. Plus la part de revenu exonérée est haute, plus le travail des bas et moyens revenus est allégé, en proportion. Une infirmière, un ouvrier, un jeune qui décroche son premier contrat : ce sont eux qui ressentent le plus vite, sur leur fiche de paie, ce type de mesure. C&rsquo;est là qu&rsquo;elle est la plus juste, parce qu&rsquo;elle profite d&rsquo;abord à ceux pour qui cent euros de plus par mois ne sont pas une abstraction comptable, mais un plein de courses, une facture d&rsquo;énergie, un peu d&rsquo;air.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->L&rsquo;effort budgétaire est réel. Le gouvernement chiffre l&rsquo;allègement à 772 millions d&rsquo;euros en 2028, avant de le porter à 3 milliards d&rsquo;euros l&rsquo;année suivante. Ce sont des montants qui engagent le pays pour longtemps. On ne peut pas se contenter de saluer la baisse d&rsquo;impôt sans regarder, dans le même mouvement, comment elle est financée et ce qu&rsquo;elle déplace ailleurs. Une réforme fiscale n&rsquo;est pas un cadeau tombé du ciel : c&rsquo;est un choix de société, avec des gagnants, des perdants et des contreparties.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Car la réforme ne se limite pas à la quotité exemptée. Elle pose aussi le principe de l&rsquo;imposition du revenu d&rsquo;intégration sociale, le RIS, comme revenu de remplacement. Et elle touche au quotient conjugal, ce mécanisme qui répartit le revenu au sein d&rsquo;un couple pour en alléger la fiscalité. Ces deux points méritent qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête, parce qu&rsquo;ils concernent les situations les plus fragiles et les équilibres familiaux, là où une mesure mal calibrée peut faire beaucoup de mal, sans bruit.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je le dis avec franchise : je soutiens l&rsquo;orientation générale de cette réforme. Rendre le travail plus payant est une bonne politique, et il n&rsquo;y a aucune honte à l&rsquo;assumer. Mais le rôle d&rsquo;un député n&rsquo;est pas d&rsquo;applaudir un cap, il est de vérifier la trajectoire. Et sur la trajectoire, tout se joue dans le ciblage et le financement. Le diable, comme souvent, se cache dans les détails d&rsquo;application.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il faut aussi être honnête sur le calendrier. Les effets pleins de la mesure ne se feront sentir qu&rsquo;aux exercices d&rsquo;imposition 2030 et 2031. Entre l&rsquo;annonce et la fiche de paie, il y a donc plusieurs années, et beaucoup de choses peuvent bouger d&rsquo;ici là. Raison de plus pour verrouiller dès maintenant la logique de la réforme et ne pas la laisser se déformer au fil des arbitrages budgétaires.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">D&rsquo;où vient le poids qui pèse sur le travail</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Pour comprendre le débat d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, il faut faire un pas en arrière. La Belgique figure, de longue date, parmi les pays où le travail est le plus lourdement taxé. Ce n&rsquo;est pas un accident. C&rsquo;est le produit d&rsquo;une histoire, celle d&rsquo;un État social bâti après la guerre, financé pour l&rsquo;essentiel sur les épaules de ceux qui travaillent.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ce choix avait sa logique. Dans une société de plein emploi, taxer le travail permettait de financer des solidarités larges : la santé, les pensions, le chômage, la famille. Le système a protégé des générations entières, amorti des crises, tenu debout des familles frappées par la maladie ou la perte d&rsquo;un emploi. Il serait injuste, et un peu ingrat, de le caricaturer. Mais un instrument conçu pour un monde ne convient pas toujours au suivant.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Or le monde a changé. Le capital est devenu plus mobile que le travail : il traverse les frontières d&rsquo;un clic, tandis que le salarié, lui, reste ancré là où il vit. La population vieillit, ce qui alourdit mécaniquement les dépenses de pension et de soins. Et la concurrence entre pays s&rsquo;est durcie. Continuer à faire peser l&rsquo;essentiel de l&rsquo;effort sur le travail, c&rsquo;est décourager précisément ce que l&rsquo;on veut encourager : l&rsquo;activité, l&rsquo;initiative, l&rsquo;envie de prendre un emploi plutôt que de rester à sa marge.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Les gouvernements successifs l&rsquo;ont senti. Les tentatives de rééquilibrage, de tax shift, de réforme fiscale ne datent pas d&rsquo;hier. Elles se heurtent toujours au même mur : baisser l&rsquo;impôt sur le travail suppose de trouver l&rsquo;argent ailleurs, ou de réduire la dépense. C&rsquo;est un exercice de vérité, jamais un tour de magie. Chaque fois qu&rsquo;un responsable politique promet la baisse sans jamais nommer la contrepartie, il abîme un peu plus la confiance.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La réforme Arizona s&rsquo;inscrit dans cette longue histoire. Elle n&rsquo;invente pas le problème, elle propose une réponse. Le juger, c&rsquo;est donc moins débattre du principe que de la méthode : qui allège-t-on d&rsquo;abord, et au prix de quoi ? C&rsquo;est à cette question, et non aux slogans, que je veux répondre.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->On oublie trop souvent une chose simple : la manière dont un pays taxe raconte ce qu&rsquo;il valorise. Taxer lourdement le travail, c&rsquo;est envoyer un signal décourageant à celui qui produit. Rééquilibrer, c&rsquo;est réaffirmer que l&rsquo;effort mérite récompense. Ce n&rsquo;est pas seulement de la technique fiscale, c&rsquo;est un message adressé à toute une société sur la place qu&rsquo;elle réserve à ceux qui se lèvent le matin.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Le faux débat : moins d&rsquo;impôt contre plus de solidarité</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Dès qu&rsquo;une baisse d&rsquo;impôt est annoncée, le débat se fige en deux camps. D&rsquo;un côté, ceux qui n&rsquo;y voient qu&rsquo;un cadeau et redoutent le démantèlement de la protection sociale. De l&rsquo;autre, ceux qui réclament toujours moins d&rsquo;État sans jamais dire ce qu&rsquo;ils cesseraient de financer. Ce face-à-face est confortable, parce qu&rsquo;il permet à chacun de rester dans son rôle. Il est surtout faux.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Il est faux parce qu&rsquo;il oppose deux choses qui, bien pensées, se renforcent. Un pays qui rend le travail payant crée de l&rsquo;activité, donc des recettes, donc les moyens de sa solidarité. Une solidarité soutenable, à l&rsquo;inverse, suppose une économie qui tourne et des travailleurs qui ne se sentent pas punis d&rsquo;aller travailler. Ce ne sont pas deux adversaires. Ce sont les deux jambes d&rsquo;un même corps : coupez-en une, et l&rsquo;ensemble tombe.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->La vraie question n&rsquo;est pas le montant de l&rsquo;impôt, c&rsquo;est sa structure. Un système peut prélever beaucoup et mal, en frappant surtout le travail des classes moyennes tout en laissant filer des niches et des régimes d&rsquo;exception. Il peut aussi prélever de manière plus lisible, plus large, plus juste. Le philosophe John Rawls, dans sa Théorie de la justice publiée en 1971, rappelait qu&rsquo;une société équitable se juge à la situation qu&rsquo;elle réserve à ses membres les plus vulnérables. Une baisse d&rsquo;impôt bien conçue ne contredit pas ce principe. Elle peut le servir, à condition de ne pas se financer sur le dos du filet social.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->C&rsquo;est pourquoi je regarde de près l&rsquo;imposition de principe du revenu d&rsquo;intégration. Sur le papier, aligner ce revenu de remplacement sur les autres a une cohérence. Dans la vraie vie, il s&rsquo;agit du dernier filet, celui qui empêche des personnes de basculer dans la rue. Toute évolution doit ici être limpide et protéger le pouvoir d&rsquo;achat réel des bénéficiaires, sinon on soulage le travail d&rsquo;une main en fragilisant la dignité de l&rsquo;autre. La cohérence fiscale ne doit jamais servir d&rsquo;alibi à un recul social.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Nommer ce faux débat, ce n&rsquo;est pas botter en touche. C&rsquo;est refuser une paresse intellectuelle qui arrange tout le monde et n&rsquo;aide personne. Parler vrai aux citoyens, y compris sur les arbitrages difficiles, est à mes yeux un acte profondément libéral. Traiter les gens en adultes, c&rsquo;est leur dire d&rsquo;où vient l&rsquo;argent et où il va.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Je veux être clair sur un point qui me tient à cœur : défendre les plus fragiles n&rsquo;est pas l&rsquo;apanage d&rsquo;un camp. On peut croire à la liberté, à l&rsquo;initiative, à la récompense de l&rsquo;effort, et refuser en même temps qu&rsquo;un pays laisse tomber ceux qui trébuchent. C&rsquo;est même, pour moi, le sens profond du libéralisme : l&rsquo;autonomie pour tous, y compris pour ceux qui partent de plus loin.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Ce que je propose</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p><!-- wp:paragraph -->Ma conviction tient en une phrase : il faut baisser l&rsquo;impôt sur le travail, mais le faire de manière ciblée, financée et lisible. Trois exigences, pas une seule. Retirer l&rsquo;une des trois, et la réforme se retourne contre ceux qu&rsquo;elle prétend aider.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Cibler, d&rsquo;abord. L&rsquo;allègement doit bénéficier en priorité aux bas et moyens revenus du travail, là où chaque euro rendu change concrètement une vie et où l&rsquo;effet sur l&#8217;emploi est le plus fort. Le relèvement de la quotité exemptée va dans ce sens. Il faut en faire le cœur de la réforme, pas un accessoire, et résister à toute tentation d&rsquo;en diluer le bénéfice vers le haut de l&rsquo;échelle, où il pèsera lourd pour le budget et changera peu de choses au quotidien.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Financer, ensuite. Une baisse d&rsquo;impôt crédible ne se paie ni en creusant la dette, que nos enfants rembourseront, ni en rabotant les protections. Elle se finance en élargissant la base et en s&rsquo;attaquant aux niches et aux régimes d&rsquo;exception qui minent le consentement à l&rsquo;impôt. Chaque dérogation devrait être justifiée par son utilité réelle, évaluée, et supprimée si elle ne sert plus. C&rsquo;est un travail ingrat, sans photo à la clé, mais c&rsquo;est le seul honnête.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Rendre lisible, enfin. Notre fiscalité est devenue un maquis que peu de citoyens comprennent, ce qui nourrit le sentiment d&rsquo;injustice et le soupçon que d&rsquo;autres, mieux conseillés, échappent à l&rsquo;effort commun. Un filet social doit rester simple à saisir : on doit toujours savoir ce à quoi l&rsquo;on a droit et pourquoi. La complexité n&rsquo;est pas une vertu, c&rsquo;est souvent le refuge des privilèges.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Alors soutenons cette réforme, oui. Mais exigeons qu&rsquo;elle reste fidèle à sa promesse : soulager le travail sans casser la solidarité. Ce n&rsquo;est pas un compromis mou entre deux camps. C&rsquo;est une ligne de crête, celle d&rsquo;un libéralisme social qui croit à la fois à la récompense de l&rsquo;effort et à la protection des plus faibles. C&rsquo;est sur cette ligne, exigeante et parfois inconfortable, que je continuerai de me tenir.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p><!-- wp:paragraph -->Enfin, je propose que chaque grande mesure fiscale soit assortie d&rsquo;une évaluation publique, quelques années après son entrée en vigueur : combien a-t-elle coûté, qui a-t-elle réellement aidé, a-t-elle tenu ses promesses. Trop de réformes sont votées puis oubliées, sans jamais qu&rsquo;on vérifie si elles ont marché. Rendre des comptes sur les résultats, ce n&rsquo;est pas de la défiance envers l&rsquo;action publique, c&rsquo;est du respect envers le contribuable.</p>
<!-- /wp:paragraph -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading">Sources</h2>
<!-- /wp:heading -->
<p>&nbsp;</p>
<!-- wp:list -->
<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.rtbf.be/article/la-chambre-approuve-la-premiere-partie-de-la-reforme-fiscale-de-l-arizona-11755772" target="_blank" rel="noreferrer noopener">RTBF — la Chambre approuve la première partie de la réforme fiscale de l&rsquo;Arizona</a></li>
<li><a href="https://www.vbo-feb.be/fr/nouvelles/nouveautes-fiscales-en-2026-%E2%88%92-quest-ce-qui-change-pour-vous-clone/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">VBO-FEB — nouveautés fiscales en 2026</a></li>
<li><a href="https://etax.be/fr/reforme-fiscale-belgique-gouvernement-arizona/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Etax — la réforme fiscale du gouvernement Arizona</a></li>
</ul>
<!-- /wp:list -->
<p>&nbsp;</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-0" data-row="script-row-unique-0" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-0"));</script></div></div></div></div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/baisser-limpot-sur-le-travail-sans-casser-la-solidarite/">Baisser l&rsquo;impôt sur le travail, sans casser la solidarité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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		<title>Finances publiques : la Belgique face à une dérive silencieuse mais profonde</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/finances-publiques-la-belgique-face-a-une-derive-silencieuse-mais-profonde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 12:38:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133379</guid>

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<h2><b>Une trajectoire budgétaire sous tension</b></h2>
<p class="p4">Le dernier rapport du <span class="s3">Comité de monitoring</span>, publié en mars 2026, n’a rien d’un simple exercice comptable. Derrière ses tableaux et ses projections se dessine une trajectoire préoccupante : celle d’un affaiblissement progressif et structurel des finances publiques belges. Loin des effets de conjoncture ou des crises ponctuelles, c’est ici la mécanique même du budget qui semble déséquilibrée.</p>
<h2><b>Un déficit qui cesse d’être conjoncturel</b></h2>
<p class="p4">À politique inchangée, le déficit public atteindrait 5 % du PIB en 2026 pour se creuser jusqu’à 6 % en 2031. Ce glissement continu ne traduit pas un accident, mais une tendance de fond. Autrement dit, même en l’absence de choc économique, les dépenses excèdent durablement les recettes. Le déficit n’est plus une anomalie : il devient une composante du système.</p>
<h2><b>L’engrenage d’une dette en expansion</b></h2>
<p class="p4">Cette dérive alimente logiquement l’endettement. Déjà supérieure à 100 % du PIB, la dette publique poursuivrait sa progression pour atteindre plus de 120 % à l’horizon 2031. Ce niveau éloigne la Belgique des repères fixés au niveau européen et, surtout, réduit progressivement sa capacité d’action. Car une dette croissante limite les marges de manœuvre futures, en particulier en cas de crise.</p>
<h2><b>L’effet ciseaux au cœur du déséquilibre</b></h2>
<p class="p4">Au cœur de cette évolution se trouve un phénomène bien connu des économistes : l’effet ciseaux. D’un côté, les recettes publiques s’érodent légèrement en proportion de la richesse nationale. Cette baisse tient à plusieurs facteurs, parmi lesquels une fiscalité moins dynamique et des transformations économiques difficiles à capter, notamment dans le numérique. De l’autre, les dépenses restent élevées et largement incompressibles. Les pensions, les soins de santé ou encore les dépenses de défense constituent des engagements structurels, difficiles à ajuster rapidement sans réforme en profondeur.</p>
<h2><b>Le retour discret mais lourd des charges d’intérêts</b></h2>
<p class="p4">À cette tension s’ajoute un élément souvent moins visible mais déterminant : la hausse des charges d’intérêts. À mesure que la dette augmente et que les taux se normalisent, le coût de son financement s’alourdit. D’ici 2031, il pourrait représenter près de 3 % du PIB. Une dépense silencieuse, mais lourde de conséquences, car elle ne produit ni service public ni investissement : elle rémunère simplement le poids du passé.</p>
<h2><b>Le vieillissement, facteur déterminant des dépenses futures</b></h2>
<p class="p4">Le vieillissement de la population vient accentuer cette pression. À partir de la fin de la décennie, l’augmentation des pensions et des dépenses de santé deviendra le principal moteur de la dépense publique. Ce phénomène est connu, documenté, anticipé depuis longtemps. Pourtant, les projections actuelles n’intègrent pas de réforme structurelle majeure pour y répondre. C’est là l’un des paradoxes les plus frappants du rapport : ce qui est prévisible n’est pas nécessairement pris en charge.</p>
<h2><b>Des prévisions fragilisées par des hypothèses incertaines</b></h2>
<p class="p4">Par ailleurs, certaines hypothèses budgétaires reposent sur des éléments encore incertains, comme des économies administratives peu détaillées ou des gains attendus de la lutte contre la fraude. Ces zones d’ombre introduisent un biais possible : la situation réelle pourrait s’avérer plus dégradée que ne le suggèrent les chiffres officiels.</p>
<h2><b>Une trajectoire en décalage avec les règles européennes</b></h2>
<p class="p4">Dans ce contexte, la Belgique s’expose à des tensions avec la <span class="s3">Commission européenne</span>, dont les règles encadrent les déficits et la dette des États membres. Avec un déficit largement supérieur à 3 % et une dette dépassant les 60 %, le pays s’écarte nettement des normes communes, au risque d’une procédure pour déficit excessif.</p>
<h2><b>L’absence de cap budgétaire clair</b></h2>
<p class="p4">Mais au-delà des indicateurs, c’est une question de gouvernance qui se pose. Le rapport met en évidence l’absence d’une stratégie budgétaire claire et cohérente. Là où certains pays ont défini des trajectoires de redressement ou engagé des réformes structurelles, la Belgique semble évoluer sans cap précis, au fil des contraintes immédiates.</p>
<h2><b>Le risque d’un cercle vicieux</b></h2>
<p class="p4">Ce constat invite moins à l’inquiétude qu’à la lucidité. Comme le rappelait <span class="s3">Marc Aurèle</span>, la difficulté n’est pas dans les événements eux-mêmes, mais dans la manière dont nous choisissons d’y répondre. Le vieillissement, la dette ou les contraintes européennes ne sont pas des surprises. Ce qui reste ouvert, en revanche, c’est la capacité à les anticiper et à les maîtriser.</p>
<p class="p4">Car sans inflexion, la dynamique actuelle risque de s’auto-alimenter : plus de dette entraîne plus d’intérêts, ce qui réduit les marges budgétaires et alimente à nouveau la dette. Un cercle discret, progressif, mais difficile à inverser une fois installé.</p>
<h2><b>Un moment charnière pour les finances publiques belges</b></h2>
<p class="p4">La Belgique se trouve ainsi à un moment charnière. Non pas face à une crise immédiate, mais face à une trajectoire. Et, comme souvent en matière budgétaire, tout l’enjeu réside dans la capacité à transformer un constat en décision.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-1" data-row="script-row-unique-1" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-1"));</script></div></div></div>
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		<title>Pourquoi je soutiens Ministry of Privacy !</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/stopmoneycontrol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 06:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Vie privée]]></category>
		<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Digitalisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133223</guid>

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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-2"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><span class="btn-container" ><a role="button"  href="https://stopmoneycontrol.be/fr/" class="custom-link btn btn-xl border-width-0 btn-button_color-619737 btn-icon-left" style="min-width:400px">Soutenir Ministry of Privacy</a></span><div class="uncode_text_column" ></p>
<h2>Participez au combat pour nos libertés</h2>
<p class="p1">Le collectif <strong><i>Ministry of Privacy</i> </strong>vient de lancer une campagne de financement participatif pour introduire une <strong>requête en annulation contre le projet de datamining bancaire</strong> porté par le gouvernement. Ce dispositif, qualifié de <strong><i>Money Control</i></strong>, permettrait à l’État d’<strong>analyser de manière automatisée et massive les données financières de l’ensemble des citoyens</strong>.</p>
<p class="p1">Or, une telle mesure constitue une <strong>atteinte grave et disproportionnée aux droits fondamentaux</strong> : le droit à la vie privée, la protection des données personnelles et la présomption d’innocence. En mobilisant la société civile et en portant l’affaire devant les juridictions compétentes, <a href="https://stopmoneycontrol.be/fr/"><strong>l’initiative <i>Stop Money Control</i> </strong></a>vise à empêcher la mise en œuvre d’un outil de surveillance généralisée incompatible avec les principes constitutionnels et les garanties européennes. Le message est clair : <strong>la lutte contre la fraude ne peut pas justifier de traiter chaque citoyen comme un suspect</strong>.</p>
<h2 class="p1"><b>Au-delà de la discipline de parti : la conviction que la vie privée n’est pas négociable</b></h2>
<p class="p3">Il arrive, dans la vie politique, des moments où la loyauté mise à l’épreuve révèle quelque chose de plus profond : une ligne intérieure qu’on ne peut franchir sans se perdre soi-même. Le projet de datamining sur les comptes bancaires des Belges, que certains ont baptisé <strong><i>Money Control,</i></strong> fait partie de ces moments.</p>
<p class="p3">S’il prétend servir un objectif légitime, la lutte contre la fraude fiscale, il soulève pourtant une question fondamentale : <span class="s2"><b>au nom de quelle efficacité serions-nous prêts à sacrifier l’un des piliers de nos démocraties, la vie privée ?</b><b></b></span></p>
<p>Cette conviction, je la partage avec <a href="https://www.vincentvq.be"><strong>Vincent Van Quickenborne</strong></a> qui a fait un travail remarquable et remarqué en argumentant contre ce projet pendant plus de 48 heures en commission.</p>
<h3>Ce combat ne devrait pas être un combat de la majorité contre la minorité. Mais bien le combat de tous les démocrates.</h3>
<p>C&rsquo;est la raison pour laquelle nous avons décidé, ensemble de soutenir <strong><a href="https://stopmoneycontrol.be/fr/">l&rsquo;initiative de Ministry of Privacy.</a></strong></p>
<h2><b>Quand la technologie bascule dans la suspicion généralisée</b></h2>
<p class="p3">Le cinéma, parfois, devine nos dérives avant qu’elles ne se manifestent. Le film <i>Minority Report</i>, de Steven Spielberg, imaginait un monde où l’on prévient les crimes avant qu’ils n’aient lieu. Une prouesse… au prix de l’érosion totale de l’intimité humaine.</p>
<p class="p3">Ce qui relevait hier de la fiction ressemble aujourd’hui à une tentation bien réelle : <span class="s2"><b>faire de chacun un suspect potentiel</b></span>, non pas pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il pourrait un jour faire.</p>
<p class="p3">Le <strong>datamining généralisé sur les comptes bancaires ouvre la porte à ce glissement.</strong> En permettant à l’État de balayer massivement les données financières de millions de personnes sans motif individuel, on renverse un principe essentiel :</p>
<p class="p4"><b>dans un État de droit, ce n’est pas au citoyen de prouver qu’il est innocent, c’est à l’autorité de justifier l’enquête.</b><b></b></p>
<h2><b>La proportionnalité : le grand oublié du débat</b></h2>
<p class="p3">Nul ne conteste la nécessité de lutter contre la fraude fiscale. Mais la force d’un État démocratique ne réside pas seulement dans sa capacité à poursuivre les déviants ; elle repose aussi sur la <span class="s2"><b>proportionnalité des moyens employés</b></span>.</p>
<p class="p3">Or, ce principe fondamental semble avoir été relégué au second plan. En voulant traquer les fraudeurs par des méthodes globales, on soumet l’ensemble de la population, sans exception, à une surveillance qui piétine la vie privée.</p>
<p class="p4"><b>Une société libre ne peut se construire sur la présomption de faute.</b><b></b></p>
<h2><b>Un conflit de loyauté… tranché par la conscience</b></h2>
<p class="p3">Face à ce texte, je suis placé devant une tension intime. D’un côté, la discipline politique, les compromis de gouvernement. De l’autre, une conviction profonde, viscérale : <span class="s2"><b>une démocratie ne doit jamais normaliser l’intrusion dans la sphère privée de ses citoyens.</b><b></b></span></p>
<p class="p3">Ce conflit de loyauté, je l&rsquo;ai tranché avec un geste sobre mais porteur d&rsquo;une grande conviction :</p>
<p class="p3"><b>ni contre</b> par respect pour les accords posés</p>
<p><strong>ni pour</strong> car ce texte est inacceptable pour moi</p>
<p>Je n&rsquo;ai pas souhaité participer au vote malgré des pressions inadmissibles dans une démocratie parlementaire afin de me forcer à voter pour.</p>
<h2><b>Un texte potentiellement illégal et contraire à la Constitution belge et aux droits fondamentaux consacrés par le droit européen</b></h2>
<p class="p3">Au-delà du débat politique, des questions juridiques majeures se posent.</p>
<p class="p3">Selon moi, le dispositif de datamining prévu :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1"><span class="s1">heurte </span><b>la Constitution belge</b><span class="s1">,</span></p>
</li>
<li>
<p class="p1">contrevient <span class="s1"><b>au RGPD</b></span>, qui protège strictement les données personnelles,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">est contraire à l’<span class="s1"><b>AI Act</b></span>, récemment adopté pour encadrer les usages automatisés à haut risque.</p>
</li>
</ul>
<p class="p3">Face à ces préoccupations légitimes, je soutiens l’action du <span class="s2"><b>Ministry of Privacy. </b>Cette action</span> prend tout son sens. Lorsque la loi franchit un seuil dangereux, les citoyens deviennent un ultime rempart.</p>
<h2><b>Redire haut et fort que la vie privée est une valeur démocratique</b></h2>
<p class="p3">On entend souvent cet argument, devenu presque banal : <i>« Si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi vous inquiéter ? »</i><i></i></p>
<p class="p3">Mais cette phrase, derrière son apparente logique, détruit l’idée même de liberté.</p>
<p class="p4"><span class="s3">La vie privée n’est pas un refuge pour coupables : </span><b>c’est l’espace mental et social dans lequel chaque individu peut exister sans être réduit à une donnée exploitable.</b><b></b></p>
<p class="p3">L’oublier, c’est renoncer à une part de notre humanité.</p>
<h2><b>Restaurer ce qui fonde la relation entre l’État et le citoyen : la confiance</b></h2>
<p class="p3">Un État qui scrute par défaut, qui cherche avant même de soupçonner, qui fouille avant même de questionner, renverse l’ordre démocratique.</p>
<p class="p3">La relation entre le citoyen et l’autorité publique ne peut reposer sur la peur, la méfiance ou la surveillance préventive.</p>
<p class="p4"><span class="s3">Elle doit reposer sur </span><b>la confiance et le respect mutuel</b><span class="s3">.</span></p>
<h3 class="p3">Aujourd’hui, ce n’est plus seulement une conviction, <b>c’est un combat.</b><b></b></h3>
<p class="p3">Un combat pour rappeler que la technologie n’est qu’un outil au service des valeurs fondamentales, la technologie ne se manipule à la légère pour affaiblir les droits fondamentaux.</p>
<p class="p3">Un combat pour redire que la vie privée n’est pas un vestige du passé mais une condition de la liberté.</p>
<p class="p3">Un combat, enfin, pour prévenir une dérive avant qu’elle ne devienne irréversible.</p>
<h2><b>Dire “stop” tant qu’il est encore temps</b></h2>
<p class="p3">Nous sommes à un carrefour :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1">soit nous acceptons, par lassitude ou indifférence, que nos données les plus sensibles deviennent la matière première d’un contrôle permanent ;</p>
</li>
<li>
<p class="p1">soit nous affirmons, ensemble, qu’une démocratie véritable ne traite pas ses citoyens comme des suspects.</p>
</li>
</ul>
<p class="p4"><b>Aujourd’hui, il est temps de dire stop.</b><b></b></p>
<p class="p3">De refuser cette normalisation insidieuse de la surveillance.</p>
<p class="p3">De défendre la vie privée comme un bien commun, non négociable.</p>
<p class="p3">Car une société qui renonce à sa vie privée renonce, tôt ou tard, à sa liberté.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-2" data-row="script-row-unique-2" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-2"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/stopmoneycontrol/">Pourquoi je soutiens Ministry of Privacy !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pilier 2 : l’ambition d’un impôt mondial minimum face au retour brutal du protectionnisme</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/pilar2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 10:34:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=133209</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Pilier 2 est devenu obsolète. Non pas parce que son intention fondatrice était mauvaise, mais parce que le monde dans lequel il devait fonctionner n’existe déjà plus.</p>
<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/pilar2/">Pilier 2 : l’ambition d’un impôt mondial minimum face au retour brutal du protectionnisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-3"><div class="row limit-width row-parent"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<h1><b>Pilier 2 : l’ambition d’un impôt mondial minimum face au retour brutal du protectionnisme</b></h1>
<p class="p1">Le Pilier 2 est une réforme élaborée au sein de l’OCDE qui vise à instaurer un impôt minimum mondial sur les multinationales. Concrètement, il s’agit de garantir qu’une entreprise opérant dans plusieurs pays paie au moins 15 % d’impôt sur ses bénéfices, quel que soit l’endroit où ces bénéfices sont réalisés. L’objectif est d’empêcher les groupes internationaux de transférer artificiellement leurs profits vers des juridictions à faible fiscalité et d’éviter la « course vers le bas » entre États cherchant à attirer les investissements par des taux toujours plus faibles. En harmonisant ainsi un plancher fiscal global, Pilier 2 entend stabiliser les recettes publiques, rétablir une concurrence plus équitable entre entreprises et renforcer la justice fiscale dans un système économique profondément mondialisé.</p>
<p class="p3">Il devait symboliser l’entrée dans une nouvelle ère de coopération fiscale internationale. Aujourd’hui, le Pilier 2 de l’OCDE se retrouve pourtant au centre d’un débat stratégique majeur : celui de la capacité de l’Europe à défendre ses intérêts dans un monde où le multilatéralisme s’effrite et où le protectionnisme retrouve une vigueur qu’on croyait appartenir au passé. Cette réforme, pensée pour harmoniser la fiscalité mondiale, se heurte désormais à une réalité géopolitique qui la dépasse.</p>
<h2><b>Une ambition fondatrice : mettre fin au moins-disant fiscal</b></h2>
<p class="p3">À l’origine, Pilier 2 reposait sur une idée simple et, pour beaucoup, salutaire : imposer un taux minimum de 15 % aux multinationales, peu importe l’endroit où elles opèrent. L’objectif était d’enrayer la « course vers le bas » entre États, de protéger les recettes publiques et de rétablir un cadre de concurrence plus équitable. Autrement dit, mettre un terme à des décennies d’érosion fiscale où les bénéfices glissaient vers les juridictions les plus accommodantes.</p>
<p class="p3">Mais le chemin qui sépare l’intention de son application s’est révélé plus compliqué que prévu. Cette ambition mondiale nécessitait un engagement collectif solide. Elle s’est finalement heurtée à la diversité des intérêts nationaux, à la complexité des systèmes fiscaux et à un contexte international où la coopération cède le pas à la rivalité économique.</p>
<h2><b>Une mise en œuvre chaotique et profondément inégale</b></h2>
<p class="p3">L’Union européenne, fidèle à sa tradition de respect des accords internationaux, a été la première à transposer Pilier 2. La Belgique, encore plus zélée, s’est distinguée par un cadre national rigoureux, précis et administrativement exigeant. Cette rapidité tranche avec le comportement d’autres signataires.</p>
<p class="p3">Plusieurs grands pays n’ont pas transposé la règle, certains l’ont fait à moitié, d’autres semblent déterminés à ne jamais l’appliquer. Le résultat est un paysage fragmenté : une norme mondiale appliquée seulement par une minorité, alors qu’elle devait reposer sur un mouvement collectif.</p>
<h2><b>L’impact sur les secteurs de pointe belges : l’exemple de la pharma</b></h2>
<p class="p3">Cette asymétrie touche particulièrement la Belgique, dont l’économie dépend de secteurs hautement internationalisés comme la pharmacie, la biotechnologie, la chimie ou les technologies de pointe. Ces industries évoluent dans un environnement globalisé, déploient des chaînes de valeur réparties sur plusieurs continents et disposent d’une réelle capacité de relocalisation, qu’elle soit fiscale ou opérationnelle. L’introduction d’un cadre fiscal plus lourd et plus complexe dans un pays qui accueille de nombreux sièges européens ou mondiaux d’entreprises innovantes exerce une pression directe sur leur compétitivité. Dans un contexte où d’autres États choisissent la flexibilité ou l’inaction, la Belgique s’expose au risque de perdre en attractivité.</p>
<h2><b>Le tournant protectionniste américain fragilise le cadre multilatéral</b></h2>
<p class="p3">Le Pilier 2 avait été imaginé dans un monde où les institutions multilatérales formaient un socle solide. Or ce socle s’effrite. Aux États-Unis, le retour d’une politique commerciale assumée, ponctuée de droits de douane stratégiques et d’une diplomatie économique résolument bilatérale, a relégué les engagements internationaux au second plan. Dans un tel contexte, le Pilier 2 apparaît presque comme le vestige d’une époque révolue, celle où la coopération semblait encore possible. Pendant que certains États renforcent leur attractivité et soutiennent massivement leurs industries, l’Europe demeure l’un des rares espaces où la norme continue d’être respectée avec constance.</p>
<h2><b>Une règle devenue asymétrique, et donc risquée</b></h2>
<p class="p3">Cette fidélité aux engagements internationaux crée une asymétrie qui devient préoccupante. Le Pilier 2, appliqué de manière quasi unilatérale, pèse essentiellement sur les pays qui jouent le jeu. Les autres, qui disposent de toute latitude pour adapter leur fiscalité à leurs ambitions économiques, ne subissent aucune contrainte compar comparable. Dans un monde marqué par une intensification de la rivalité économique, par la mobilité des chaînes de production et par la montée des discours de souveraineté industrielle, cette asymétrie handicape les économies européennes. Il est difficile d’imaginer construire une puissance économique en imposant à ses propres champions des règles plus strictes que celles de leurs concurrents mondiaux.</p>
<h2><b>Sortir du Pilier 2 ? Une question de survie stratégique</b></h2>
<p class="p3">Il faut en tirer une conclusion : le Pilier 2 est devenu obsolète. Non pas parce que son intention fondatrice était mauvaise, mais parce que le monde dans lequel il devait fonctionner n’existe déjà plus.</p>
<p class="p3">Les multinationales concernées disposent d’une capacité de mobilité géographique qui leur permet d’arbitrer rapidement entre différents cadres fiscaux. L’Europe, en s’imposant une règle que d’autres ignorent, prend le risque concret de voir partir centres décisionnels, emplois à haute valeur ajoutée et investissements stratégiques. Rester enfermés dans un système que seuls quelques acteurs respectent revient à jouer une partie dont l’issue est déjà écrite.</p>
<h2><b>L’Europe doit compter sur elle-même</b></h2>
<p class="p3">Au fond, la question dépasse largement le Pilier 2. Elle touche à la capacité de l’Europe à se considérer comme une puissance économique, technologique et industrielle. Pour y parvenir, elle devra réévaluer ses instruments fiscaux et industriels, adapter ses règles aux réalités contemporaines et affirmer ses intérêts avec autant de détermination que ses partenaires internationaux défendent les leurs. Dans un monde qui ne cesse d’accélérer, où la compétition devient plus âpre et où chaque bloc renforce ses positions, l’Europe n’a plus besoin d’autolimitation. Elle a besoin de souveraineté assumée.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-3" data-row="script-row-unique-3" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-3"));</script></div></div></div>
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		<title>Dire la vérité, entendre les inquiétudes, refuser la violence. Retour sur mon passage sur BX1 ce vendredi 17 octobre 2025</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/bx1_octobre_25/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 06:20:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Libéralisme]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-4"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent" style="max-width:804px; margin-left:auto; margin-right:auto;"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="p3">Ce matin, j’étais l’invité de <span class="s2"><b>BX1</b></span> pour revenir sur l’actualité politique, les manifestations du 14 octobre et le conclave budgétaire en cours.</p>
<p><iframe title="Mathieu Michel, invité de Bonjour Bruxelles sur BX1" width="840" height="630" src="https://www.youtube.com/embed/asj3mZuxZ3M?feature=oembed&#038;width=840&#038;height=1000&#038;discover=1" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p class="p3">Ces derniers jours, la Belgique a connu une mobilisation importante. <span class="s2"><b>Des dizaines de milliers de citoyens ont exprimé leurs inquiétudes</b></span> face aux réformes nécessaires que le gouvernement prépare. Ces inquiétudes sont légitimes, elles traduisent une vraie crainte pour le pouvoir d’achat, les pensions, ou encore les services publics. Et je crois qu’il faut les entendre, sans les minimiser.</p>
<p class="p3">Mais dans le même temps, j’ai tenu à rappeler une chose essentielle : <span class="s2"><b>la violence n’est jamais une réponse acceptable.</b><b></b></span></p>
<p class="p3">Qu’il s’agisse d’agressions contre la police, de dégradations de bâtiments publics ou d’attaques symboliques contre des responsables politiques, <span class="s2"><b>ces comportements n’ont pas leur place dans une démocratie.</b><b></b></span></p>
<p class="p3">Le débat et l’échange respectueux doivent rester la norme, même quand les tensions sont fortes.</p>
<p class="p3">Dans ce contexte, j’ai aussi voulu rendre hommage à nos <span class="s2"><b>forces de l’ordre</b></span>. Leur métier est difficile, souvent ingrat, mais indispensable. Elles doivent être <span class="s2"><b>soutenues, respectées et surtout équipées des moyens nécessaires</b></span> pour garantir la sécurité de tous et faire respecter l’ordre public dans des conditions justes et maîtrisées.</p>
<p class="p3">Le cœur de l’actualité reste aujourd’hui le <span class="s2"><b>conclave budgétaire</b></span>. Les négociations avancent, mais elles ne sont pas simples. Il existe des points de désaccords au sein du gouvernement, et c’est normal lorsqu’on veut concilier rigueur, justice et relance.</p>
<p class="p3">Pour ma part, et pour le <span class="s2"><b>Mouvement Réformateur</b></span>, notre position est claire :</p>
<p class="p3">➡️ <span class="s2"><b>Pas de nouvelles taxes.</b></span> La Belgique est déjà l’un des pays les plus taxés au monde. Alourdir encore la charge fiscale serait une erreur économique et une injustice sociale.</p>
<p class="p3">➡️ Ce qu’il faut, c’est <span class="s2"><b>un vrai plan de dynamisation de notre économie</b></span> : créer les conditions pour que plus de personnes puissent travailler, entreprendre et contribuer.</p>
<p class="p3">Parce qu’au fond, <span class="s2"><b>plus il y a de gens qui travaillent, moins chacun paie d’impôts.</b></span> C’est une évidence mathématique, mais c’est aussi un projet de société : récompenser l’effort et libérer les énergies.</p>
<p class="p3">Enfin, j’ai conclu l’interview sur un sujet qui me tient à cœur : <span class="s2"><b>la menace des drones</b></span>.</p>
<p class="p3">J’ai insisté sur la nécessité d’investir rapidement dans cette problématique.</p>
<p class="p4"><span class="s3">Car soyons lucides : </span><b>ce n’est pas avec des F-35 à 120 millions d’euros qu’on arrêtera des drones à 5 000 euros.</b><b></b></p>
<p class="p3">Il faut développer des capacités de détection, de neutralisation et de coordination.</p>
<p class="p3">C’est une question de sécurité, mais aussi de bon sens et de souveraineté technologique.</p>
<p class="p3">💬 <span class="s2"><b>En résumé</b></span>, j’ai voulu faire passer un message simple :</p>
<p class="p3">👉 entendre les inquiétudes sans céder à la démagogie,</p>
<p class="p3">👉 refuser la violence tout en soutenant nos policiers,</p>
<p class="p3">👉 assainir les finances publiques sans surtaxer les citoyens,</p>
<p class="p3">👉 et préparer notre défense face aux nouvelles menaces.</p>
<p class="p4"><span class="s3">C’est ça, pour moi, la responsabilité politique : </span><b>dire la vérité, même quand elle dérange, et agir pour l’avenir plutôt que pour l’immédiat.</b></p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-4" data-row="script-row-unique-4" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-4"));</script></div></div></div>
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		<title>Blockchain: l’Europe hésite, l’Amérique avance. Il est temps d&#8217;oser le leadership technologique</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/blockchain-leurope-hesite-lamerique-avance-il-est-temps-doser-le-leadership-technologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Jul 2025 05:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Cybersécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Digitalisation]]></category>
		<category><![CDATA[Intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Simplification administrative]]></category>
		<category><![CDATA[Vie privée]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-5"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent" style="max-width:804px; margin-left:auto; margin-right:auto;"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="p3">Alors que les États-Unis viennent d’adopter, ce 17 juillet, le <span class="s1"><b>GENIUS Act</b></span>, premier cadre juridique ambitieux sur les stablecoins, l’Union européenne reste figée dans une prudence paralysante. Une prudence qui, bien qu’animée de bonnes intentions, finit systématiquement par nous faire manquer les grandes révolutions technologiques.</p>
<p class="p3">Cette différence d’approche est frappante : quand les Américains officialisent l’usage des stablecoins et envoient un signal fort aux innovateurs du monde entier, <span class="s1"><b>l’Europe temporise, débat, régule… et regarde les trains partir.</b><b></b></span></p>
<h3><b>Un retard systémique devenu culturel</b></h3>
<p class="p3">L’histoire se répète. Nous avons manqué :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1">le virage d’<span class="s1"><b>Internet</b></span>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1">la création des </span><b>plateformes sociales</b><span class="s1">,</span></p>
</li>
<li>
<p class="p1">le développement du <span class="s1"><b>cloud computing</b></span>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1">et nous </span><b>prenons du retard sur l’IA</b><span class="s1">.</span></p>
</li>
</ul>
<p class="p3">À chaque fois, le même réflexe : <span class="s1"><b>attendre que la technologie soit parfaitement mûre, totalement conforme, absolument encadrée.</b></span> Ce réflexe, en soi louable, devient un frein lorsqu’il prive nos innovateurs de l’oxygène dont ils ont besoin : <span class="s1"><b>un cadre permissif, confiant, progressif</b></span>.</p>
<h3><b>Le Web3 est peut-être notre dernière opportunité</b></h3>
<p class="p3">Je suis convaincu que l’Europe a encore <span class="s1"><b>une carte à jouer</b></span>. Le Web3, les infrastructures décentralisées, les technologies blockchain peuvent encore être <span class="s1"><b>notre terrain de reconquête numérique</b></span>.</p>
<p class="p3">C’est précisément l’ambition du projet <span class="s1"><b>EUROPEUM</b></span>, que j’ai initié avec 11 pays européens : construire une <span class="s1"><b>blockchain souveraine européenne</b></span>, capable d’héberger des applications régaliennes — titres de propriété, permis de conduire, diplômes, voire un <span class="s1"><b>crypto-euro régulé</b></span>. EUROPEUM, c’est l’infrastructure qui manque à l’Europe pour <span class="s1"><b>retrouver prise sur sa destinée digitale</b></span>.</p>
<p>Mais Europeum n&rsquo;est qu&rsquo;un exemple parmi des centaines d&rsquo;autres dans un écosystème Blockchain qui ne demande qu&rsquo;à s&rsquo;exprimer.<br />
Rien qu&rsquo;en Belgique, ce sont près de 500 initiatives Blockchain qui ont été recensées par B4B (<a href="https://bosa.belgium.be/en/themes/digital-administration/artificial-intelligence-and-emerging-technologies/blockchain4belgium" target="_blank" rel="noopener">Blockchain4Belgium</a>). L&rsquo;écosystème est là. Il faut juste lui faire confiance. Europeum avait également cet objectif: <strong>mettre à l&rsquo;agenda politique une réelle ambition pour la blockchain,</strong> la rendre crédible bien au-delà des idées reçues des dinosaures du système.</p>
<h3><b>L’indifférence politique et médiatique, un symptôme grave</b></h3>
<p class="p3">Ce projet a suscité bien peu d’enthousiasme. Ni au niveau politique. Ni au niveau médiatique. Et pourtant, <span class="s1"><b>il incarne exactement ce que devrait être une Europe ambitieuse et souveraine</b></span> : une Europe qui investit, qui structure, qui ose. À l’inverse, les États-Unis viennent de prouver, avec le GENIUS Act, qu’ils <span class="s1"><b>choisissent d’encadrer pour accélérer</b></span>, pas pour freiner.</p>
<h3><b>L’excès de prudence devient une faute stratégique</b></h3>
<p class="p3">Oui, la prudence est importante. Mais <span class="s1"><b>elle ne peut pas devenir une excuse à l’inaction</b></span>. Car pendant que l’Europe hésite, les autres construisent le monde de demain. Nous devons collectivement sortir de cette posture de <span class="s1"><b>suiveur</b></span>. Si nous voulons restaurer <span class="s1"><b>notre souveraineté digitale</b></span>, il faut accepter de prendre des risques mesurés, de tester, d’encourager, d’accompagner. <span class="s1"><b>Même si la technologie n’est pas encore “parfaite”.</b><b></b></span></p>
<h3><b> Osons le leadership</b></h3>
<p class="p3">C’est le prix à payer pour <span class="s1"><b>reconquérir notre autonomie stratégique</b></span>. Ce n’est pas en interdisant, en interrogeant sans fin, en bloquant par précaution, que nous redeviendrons compétitifs. C’est <span class="s1"><b>en osant</b></span>, avec exigence, mais sans paralysie. En investissant dans les technologies émergentes avant qu’il ne soit trop tard. En soutenant ceux qui, en Europe, portent des visions structurantes, comme EUROPEUM.</p>
<p class="p3">Le GENIUS Act américain n’est pas seulement une loi sur les stablecoins. <span class="s1"><b>C’est un signal politique : l’audace reste une valeur d’avenir.</b></span> À nous d’en tirer les conséquences.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-5" data-row="script-row-unique-5" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-5"));</script></div></div></div>
</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/blockchain-leurope-hesite-lamerique-avance-il-est-temps-doser-le-leadership-technologique/">Blockchain: l’Europe hésite, l’Amérique avance. Il est temps d&rsquo;oser le leadership technologique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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		<title>Défense européenne : l’accord franco-britannique valide deux piliers de notre vision stratégique</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/defense-europeenne-laccord-franco-britannique-valide-deux-piliers-de-notre-vision-strategique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Jul 2025 08:24:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<category><![CDATA[Cybersécurité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=132577</guid>

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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-6"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent" style="max-width:804px; margin-left:auto; margin-right:auto;"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="p1"><a href="https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2025/07/10/declaration-de-la-republique-francaise-et-du-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord-sur-la-politique-et-la-cooperation-nucleaire" target="_blank" rel="noopener">La déclaration du 10 juillet 2025 entre la <span class="s1"><b>France et le Royaume-Uni</b></span></a> en matière de défense constitue <span class="s1"><b>un signal fort et une avancée concrète</b></span> pour la sécurité du continent européen. Il confirme deux propositions majeures portées dans la résolution parlementaire que j’ai déposée avec ma collègue Charlotte Deborsu en mars dernier :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1"><span class="s1">La </span><a href="https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2025/07/10/declaration-de-la-republique-francaise-et-du-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord-sur-la-politique-et-la-cooperation-nucleaire"><b>participation du Royaume-Uni au dialogue stratégique sur la dissuasion nucléaire française</b></a><span class="s1"> ;</span></p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1">La </span><a href="https://www.franceinfo.fr/societe/armee-securite-defense/les-effectifs-de-la-force-franco-britannique-renforces-pour-atteindre-jusqu-a-50-000-hommes-mobilisables_7369549.html"><b>création d’un corps militaire commun de 50 000 hommes</b></a><span class="s1">, appelé à s’ouvrir à d’autres pays européens.</span></p>
</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p class="p1">Ces deux engagements confirment une réalité : <span class="s1"><b>l’Europe commence enfin à se doter des outils de sa souveraineté stratégique</b></span>. Et ce n’est pas un hasard. C’est le fruit d’une prise de conscience politique, d’une urgence géopolitique… et du travail législatif que nous avons mené pour porter une vision ambitieuse de l’autonomie stratégique.</p>
<h3><b>Un doux paradoxe, révélateur d’un réalignement stratégique</b></h3>
<p class="p3">Il y a dans cette initiative un <span class="s2"><b>doux paradoxe</b></span> : c’est <span class="s2"><b>un pays sorti de l’Union européenne</b></span> – le Royaume-Uni – qui ravive aujourd’hui l’idée d’une défense européenne plus forte et plus intégrée. Certains y verront une contradiction, nous y voyons au contraire <span class="s2"><b>la confirmation d’un besoin fondamental partagé</b></span> : celui de garantir la sécurité du continent au-delà des appartenances institutionnelles.</p>
<p class="p3">Cet engagement bilatéral entre Paris et Londres reflète une <span class="s2"><b>prise de conscience stratégique</b></span> : l’OTAN reste le socle de notre sécurité collective, mais <span class="s2"><b>les États-Unis ne seront pas éternellement le parapluie du monde</b></span>. L’Europe doit donc se préparer à tenir son rang, à assumer davantage de responsabilités, et à construire les outils de sa propre dissuasion et de sa propre protection. Ce n’est pas une rupture avec l’OTAN, c’est <span class="s2"><b>une répartition plus équilibrée des charges et des responsabilités</b></span>.</p>
<h3><b>La Belgique doit être au rendez-vous de l’histoire</b></h3>
<p class="p3">La dynamique franco-britannique ouvre une <span class="s2"><b>fenêtre d’opportunité stratégique</b></span> pour les pays qui souhaitent bâtir une Europe de la défense plus forte, plus intégrée, plus responsable. La Belgique ne peut pas rester spectatrice. Elle doit répondre à la <span class="s2"><b>volonté exprimée par Paris et Londres de réunir rapidement les États prêts à avancer ensemble</b></span>.</p>
<p class="p3">Notre pays a les moyens, les compétences et la légitimité diplomatique pour être <span class="s2"><b>parmi les premiers à s’engager</b></span>. Rejoindre cette initiative dès sa fondation, c’est peser dans sa structuration, influer sur sa doctrine, et assumer un rôle moteur dans la construction du pilier européen de l’OTAN.</p>
<p class="p4"><span class="s3">C’est aussi rester fidèle à notre ambition : </span><b>défendre nos valeurs, tout en renforçant la solidarité et la sécurité collective</b><span class="s3">.</span></p>
<h2><b>Une Europe capable de se défendre, pour une paix durable</b></h2>
<p class="p1">Dans un monde où les menaces sont hybrides, technologiques, parfois directes, nous ne pouvons plus déléguer notre sécurité à d’autres. Ce n’est pas un repli nationaliste. C’est, au contraire, la condition de notre <span class="s1"><b>capacité à agir ensemble pour protéger nos valeurs démocratiques</b></span>, notre modèle de société, nos infrastructures, notre paix.</p>
<p class="p1">L’accord franco-britannique montre que cette vision est réaliste. Il jette les bases d’une force d’intervention robuste, au sein de laquelle la France et le Royaume-Uni s’engagent sans attendre des consensus laborieux. Cette <span class="s1"><b>approche volontaire, concrète et ouverte</b></span> est exactement celle que nous appelons de nos vœux dans notre résolution parlementaire au niveau européen.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>La résolution Michel / Deborsu: une feuille de route européenne</b></h2>
<p class="p1">Avec, ma collègue <a href="https://www.linkedin.com/in/charlotte-deborsu-b1b000195/?originalSubdomain=be">Charlotte Deborsu</a>, nous avons déposé une proposition de résolution en mars 2025 qui propose un cap clair pour <span class="s1"><b>une défense européenne crédible et intégrée</b></span>. Elle repose sur trois piliers :</p>
<h3><b>1. Une vision stratégique commune</b></h3>
<ul>
<li>
<p class="p1">Mise à jour de la <i>Boussole stratégique</i>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Création d’un <i>Conseil européen de la défense</i>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Participation active à l’initiative française sur la dissuasion nucléaire menant à terme à un parapluie nucléaire européen</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Déploiement rapide d’une force initiale de 5 000 hommes.</p>
</li>
</ul>
<h3><b>2. Un outil militaire et industriel solide</b></h3>
<ul>
<li>
<p class="p1">Accroissement des capacités européennes de production de munitions,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Soutien au plan <i>ReArm Europe</i>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Création d’un <i>European Defence Production Act</i>,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Objectif de 40 % d’achats d’équipements de défense en commun d’ici 2030.</p>
</li>
</ul>
<h3><b>3. Une souveraineté technologique et opérationnelle</b></h3>
<ul>
<li>
<p class="p1">Développement de capacités spatiales autonomes,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Coopération étroite avec les partenaires européens et démocratiques,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Protection de nos chaînes industrielles stratégiques,</p>
</li>
<li>
<p class="p1">Renforcement des moyens de cyberdéfense européens.</p>
</li>
</ul>
<h2><b>Cet accord, c’est la preuve que notre vision est possible</b></h2>
<p class="p1">Ce que nous proposions hier dans un texte parlementaire devient aujourd’hui une réalité diplomatique. Il reste du chemin, mais nous avons désormais un <span class="s1"><b>socle de crédibilité, une alliance forte</b></span>, et l’opportunité d’élargir ce projet à l’échelle européenne.</p>
<p class="p1">Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et solidarité. Il s’agit de garantir les deux.</p>
<h2><b>Annexe – La résolution Michel – Deborsu</b></h2>
<p class="p1">➡️ <a href="https://www.mathieumichel.be/wp-content/uploads/2025/07/56K0843001.pdf">Télécharger la résolution complète (PDF)</a></p>
<p>
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			</item>
		<item>
		<title>OTAN – La Haye : pourquoi la Belgique ne peut pas signer un chèque en blanc pour sa défense</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/otan_la_haye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2025 07:58:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/otan_la_haye/">OTAN – La Haye : pourquoi la Belgique ne peut pas signer un chèque en blanc pour sa défense</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-7"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent" style="max-width:804px; margin-left:auto; margin-right:auto;"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ><p>Alors que le sommet de l’OTAN s’ouvre aujourd’hui à La Haye, une pression croissante s’exerce sur les États membres, dont la Belgique, pour porter les dépenses de défense à <span class="s2"><b>5 % du PIB</b></span>. Mais de quoi parle-t-on concrètement ?</p>
<p><iframe title="LN24Otan" width="840" height="473" src="https://www.youtube.com/embed/n9SSEDYWpHc?feature=oembed&#038;width=840&#038;height=1000&#038;discover=1" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Pour notre pays, cela représenterait <span class="s2"><b>près de 30 milliards d’euros par an</b></span>. Ce chiffre, à lui seul, résume toute la difficulté du débat : nous ne sommes tout simplement <span class="s2"><b>pas prêts à assumer</b></span> un tel effort sans une réforme profonde de notre modèle budgétaire.</p>
<p><b>Une équation budgétaire impossible</b></p>
<p class="p3">Nous devons le dire avec clarté : <span class="s2"><b>la sécurité a un prix</b></span>, et ce prix, aujourd’hui, <span class="s2"><b>nous ne pouvons pas nous le permettre</b></span>.</p>
<p class="p3">Pourquoi ? Parce que <span class="s2"><b>la Belgique vit au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps</b></span>. Nos déficits se creusent, notre dette se stabilise à un niveau trop élevé, et chaque euro dépensé en plus dans un domaine ne peut l’être ailleurs sans choix courageux. Vouloir consacrer 30 milliards par an à la défense, <span class="s2"><b>sans repenser notre modèle global de dépenses</b></span>, c’est soit mentir aux citoyens, soit sacrifier d’autres piliers essentiels de notre société — comme la santé, l’enseignement ou les pensions.</p>
<p class="p3">Nous ne pouvons plus continuer à <span class="s2"><b>empiler les obligations</b></span> sans nous donner les moyens de les financer. Cela exige de <span class="s2"><b>grandes réformes structurelles</b></span> pour garantir à la fois <span class="s2"><b>notre modèle social</b></span> et <span class="s2"><b>notre capacité à nous défendre</b></span>.</p>
<h3><b>Trop de naïveté, trop longtemps</b></h3>
<p class="p3">Nous avons cru pendant des décennies que la paix était acquise. Que d’autres, ailleurs, assureraient notre sécurité. Nous avons délégué notre défense, nous avons oublié que la liberté se protège.</p>
<p class="p3">Aujourd’hui, le réveil est brutal. Face aux menaces russes, aux tensions géopolitiques globales, aux attaques hybrides ou cyber, nous réalisons que <span class="s2"><b>la sécurité est la première des libertés</b></span>. Et qu’elle suppose des moyens, une stratégie, et une cohérence budgétaire.</p>
<p class="p4"><span class="s3">Mais nous ne pourrons pas corriger 30 ans de naïveté </span><b>par une fuite en avant budgétaire</b><span class="s3">. </span><b>Ce n’est pas en signant un chèque en blanc que nous rattraperons notre retard.</b><b></b></p>
<h3><b>La Belgique ne peut pas suivre aveuglément</b></h3>
<p class="p3">Dans ce contexte, <span class="s2"><b>la Belgique ne peut pas signer les yeux fermés un engagement à 5 % du PIB</b></span>, simplement pour “faire comme les autres” ou satisfaire à une exigence arithmétique.</p>
<p class="p3">Nous avons besoin :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1"><b>De solidifier notre santé budgétaire e réformant notre système.</b><b></b></p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1"><b>D’une stratégie européenne concertée</b></span>, car il est absurde de multiplier les dépenses parallèles entre 27 pays sans coordination.</p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1"><b>D’un lien clair entre investissement et efficacité</b></span> : chaque euro doit renforcer notre sécurité réelle, pas nourrir des doublons ou des achats non adaptés.</p>
</li>
</ul>
<p class="p3">Augmenter nos dépenses de défense, oui — <span class="s2"><b>mais dans le cadre d’un effort budgétaire global, responsable et réformateur</b></span>. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons garantir notre autonomie stratégique sans sacrifier notre cohésion sociale.</p>
<h3><b>Pour une défense intelligente et soutenable</b></h3>
<p class="p3">Plutôt que de céder à une logique de chiffres, nous devons engager une réflexion profonde sur ce que signifie “défendre notre pays” au XXIe siècle. Cela passe par :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1"><b>Un pilier européen de défense plus intégré au sein de l’OTAN.</b><b></b></p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Des investissements ciblés</b></span> : cybersécurité, protection des infrastructures critiques, espace, R&amp;D sécuritaire.</p>
</li>
<li>
<p class="p1"><span class="s1"><b>Un effort budgétaire soutenable</b></span>, conditionné à des réformes structurelles.</p>
</li>
</ul>
<h3><b>Conclusion</b></h3>
<p class="p3">Le sommet de La Haye ne doit pas être un concours de dépenses. Il doit être <span class="s2"><b>un tournant de lucidité</b></span>. La Belgique ne peut plus continuer à promettre sans agir, à dépenser sans réforme.</p>
<p class="p3">Nous devons faire face à la réalité : nous avons été naïfs, nous avons sous-investi, et nous avons trop longtemps vécu au-dessus de nos moyens.</p>
<p class="p3">Aujourd’hui, il ne s’agit pas de refuser l’effort — il s’agit de le faire <span class="s2"><b>avec responsabilité, vision et courage</b></span>. Car seule une défense <span class="s2"><b>intelligente, résiliente et financièrement soutenable</b></span> nous permettra de garantir à la fois notre sécurité et notre liberté.</p>
<p>
</div></div></div></div></div></div><script id="script-row-unique-7" data-row="script-row-unique-7" type="text/javascript" class="vc_controls">UNCODE.initRow(document.getElementById("row-unique-7"));</script></div></div></div>
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		<title>Le Pairage parlementaire : quand la coutume cède sous la tension politique</title>
		<link>https://www.mathieumichel.be/le-pairage-parlementaire-quand-la-coutume-cede-sous-la-tension-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Michel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 21:18:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Deputé fédéral]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Finances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.mathieumichel.be/?p=132489</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/le-pairage-parlementaire-quand-la-coutume-cede-sous-la-tension-politique/">Le Pairage parlementaire : quand la coutume cède sous la tension politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="wpb-content-wrapper"><div data-parent="true" class="vc_row row-container" id="row-unique-8"><div class="row double-top-padding double-bottom-padding single-h-padding limit-width row-parent" style="max-width:804px; margin-left:auto; margin-right:auto;"><div class="wpb_row row-inner"><div class="wpb_column pos-top pos-center align_left column_parent col-lg-12 single-internal-gutter"><div class="uncol style-light"  ><div class="uncoltable"><div class="uncell no-block-padding" ><div class="uncont" ><div class="uncode_text_column" ></p>
<p class="p3">Le Parti Socialiste a récemment décidé de <span class="s2"><b>rompre unilatéralement la pratique du pairage</b></span> au Parlement, invoquant un <span class="s2"><b>climat de tension politique et interpersonnelle inhabituellement élevé</b></span>. Ce choix marque un tournant dans la vie parlementaire belge : <span class="s2"><b>le budget a, pour la première fois, été voté sans pairage</b></span>, mettant à l’épreuve la capacité de la majorité à réunir un quorum suffisant en toutes circonstances.</p>
<p class="p3">Jusqu’alors, le pairage permettait de <span class="s2"><b>compenser les absences ponctuelles</b></span>, notamment pour raisons de santé ou de déplacement, sans que cela ne modifie l’équilibre des forces politiques dans l’hémicycle. Mais en l’absence de cette pratique, <span class="s2"><b>chaque voix devient cruciale</b></span>, y compris celles des parlementaires malades ou absents de longue durée. La majorité se voit ainsi contrainte d’être <span class="s2"><b>présente en bloc pour chaque vote</b></span>, sous peine de voir ses projets bloqués, même si elle dispose théoriquement d’une majorité légitime.</p>
<p class="p3">Ce changement transforme le quorum de présence — qui devrait être une formalité technique — en <span class="s2"><b>véritable instrument de pression politique</b></span>. La minorité peut désormais <span class="s2"><b>faire échouer une séance</b></span> ou <span class="s2"><b>retarder un vote stratégique </b></span>simplement en mettant en évidence l’incapacité temporaire de la majorité à réunir ses membres au complet. D&rsquo;où la fébrilité de certains partis observée lors des séances du budget 2025.</p>
<p class="p3">Ce glissement pose une question fondamentale : la pratique du pairage est-elle un luxe de temps apaisés ou un pilier discret de la stabilité démocratique ?</p>
<h2><b>Qu’est-ce que le pairage ?</b></h2>
<p class="p3">Le <span class="s2"><b>pairage</b></span> (ou <i>pairing</i>, en anglais) est une <span class="s2"><b>pratique coutumière non écrite</b></span> qui vise à <span class="s2"><b>maintenir l’équilibre démocratique</b></span> au sein d’un parlement lors de votes, même lorsque certains députés sont temporairement absents. Il repose sur un accord de bonne foi entre partis politiques, généralement entre un membre de la majorité et un membre de l’opposition, par lequel l’un des deux s’abstient de voter pour compenser l’absence de l’autre.</p>
<h2><b>Une pratique issue du parlementarisme britannique</b></h2>
<p class="p3">Né au Royaume-Uni au XIXe siècle, le pairage répondait à un besoin de <span class="s2"><b>souplesse dans les pratiques parlementaires</b></span>, à une époque où les absences étaient fréquentes et les communications plus lentes. Le but était d’éviter que <span class="s2"><b>des événements extérieurs (maladie, obsèques, mission officielle)</b></span> ne modifient l’expression démocratique réelle issue des urnes.</p>
<p class="p3">Le terme <i>pairing</i> reflète bien l’idée de « faire la paire » : deux députés de camps opposés qui neutralisent volontairement leurs voix respectives pour <span class="s2"><b>préserver l’équilibre du vote</b></span>.</p>
<h2><b>Une règle tacite, un enjeu démocratique</b></h2>
<p class="p3">Bien qu’il ne figure dans aucun règlement officiel, le pairage est une <span class="s2"><b>pratique reconnue et respectée</b></span>, encadrée dans les faits par les chefs de groupe. Elle repose sur des principes fondamentaux :</p>
<ul>
<li>
<p class="p1"><b>Le respect de la majorité démocratique</b><span class="s1"> issue des élections.</span></p>
</li>
<li>
<p class="p1"><b>La reconnaissance des imprévus humains</b><span class="s1"> dans la vie parlementaire.</span></p>
</li>
<li>
<p class="p1"><b>La préservation de la stabilité des institutions</b><span class="s1">, surtout en cas de majorité étroite.</span></p>
</li>
</ul>
<p class="p3">Lorsqu’il est respecté, le pairage évite que des situations personnelles soient instrumentalisées à des fins politiques. <span class="s2"><b>Son interruption, comme c’est le cas actuellement, inverse cette logique : l’absence devient une arme.</b><b></b></span></p>
<h2><b>Une pression stratégique sur le quorum</b></h2>
<p class="p3">En renonçant au pairage, l’opposition — ici en l’occurrence, le Parti Socialiste — choisit de <span class="s2"><b>soumettre la majorité à une discipline de présence totale</b></span>. Chaque vote devient un défi logistique. Chaque absence, une faiblesse potentielle. Dans les faits, cela signifie que <span class="s2"><b>le fonctionnement normal du Parlement peut être perturbé non pas par un débat d’idées, mais par une bataille de présences</b></span>.</p>
<p class="p3">Cette dynamique, si elle se prolonge, risque de <span class="s2"><b>déstabiliser les rapports de force parlementaires</b></span> et de favoriser une lecture stratégique du quorum, qui devient un <span class="s2"><b>levier politique</b></span> plus qu’un simple seuil technique.</p>
<h2><b>Une coutume précieuse mais fragile</b></h2>
<p class="p3">Dans de nombreux parlements, le pairage reste une pratique vivace, même dans des environnements politiques tendus. Au Royaume-Uni, en Australie ou au Canada, le <i>pairing agreement</i> est considéré comme un <span class="s2"><b>symbole de maturité démocratique</b></span>, reposant sur la parole donnée, la loyauté, et la compréhension que le fonctionnement des institutions prime sur les calculs à court terme.</p>
<p class="p3">Mais cette coutume n’est pas à l’abri des tensions. À plusieurs reprises, des ruptures unilatérales ont conduit à des crises de confiance entre partis, voire à des crises institutionnelles, lorsque l’un des camps estimait que la pratique était instrumentalisée.</p>
<h2><b>Et maintenant ?</b></h2>
<p class="p3">L’abandon du pairage par une partie de l’opposition belge soulève une question de fond : <span class="s2"><b>la démocratie peut-elle fonctionner sans confiance mutuelle entre ses acteurs ?</b></span> Le droit écrit est certes fondamental, mais il ne saurait suffire à garantir l’esprit démocratique qui anime les institutions. Les coutumes parlementaires comme le pairage sont souvent ce qui permet <span class="s2"><b>la fluidité et la stabilité du processus démocratique</b></span>, au-delà des affrontements politiques légitimes.</p>
<p class="p3">En ces temps de polarisation croissante, cette rupture pourrait bien marquer <span class="s2"><b>la fin d’une ère de courtoisie institutionnelle</b></span>, au profit d’un affrontement permanent — où même les absents deviennent des enjeux politiques.</p>
<p>Pour ma part, j&rsquo;aspire à ce que l<strong>a courtoisie politique reprenne sa place dans nos démocraties</strong>. Elle est une des garanties fondamentales de l&rsquo;échange respectueux des idées. Mais aussi l&rsquo;acceptation fondamentale que <strong>la vérité ne se recherche que dans le respect mutuel avec l&rsquo;autre</strong>.</p>
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</div><p>L’article <a href="https://www.mathieumichel.be/le-pairage-parlementaire-quand-la-coutume-cede-sous-la-tension-politique/">Le Pairage parlementaire : quand la coutume cède sous la tension politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.mathieumichel.be">Mathieu Michel</a>.</p>
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